Pendant près de quinze années je me suis consacré essentiellement au Judo Africain. J’ai beaucoup voyagé : Sénégal, Côte d’Ivoire, Mali, Maroc, Algérie, Egypte, Bénin, Burkina, Tchad, Cameroun, Kenya, Ile Maurice, Madagascar, Afrique du Sud, Niger… Tous les judokas de ces pays m’ont chaleureusement accueilli dans le cadre de stages financés par la Coopération, la Solidarité Olympique, la CONFEJES, et les Protocoles d’accords bi gouvernementaux…
Stage Solidarité Olympique pour l'Afrique de l'Ouest à DAKAR en 1987
Dans chacun des pays visités, je portais un regard sur les judokas quels qu’ils soient… Tous avaient autant d’importance les uns que les autres et permettaient aux Fédérations d’avancer et de progresser. Et lorsque je revenais quelques temps après, je pouvais mesurer la justesse de mon évaluation.
- les judokas qui, sans prétention, venaient pratiquer le Judo par plaisir,
- ceux qui révélaient un potentiel de dirigeant, d’arbitre ou d’entraîneur,
- ceux qui étaient susceptibles d’être champion.
Mais que l’une des catégories précitées vienne à manquer, et le déséquilibre qui en résultait prouvait bien la nécessité d’avoir des judokas dans toutes les catégories.
En ce qui concernait les enseignants, la distinction s’établissait entre les professeurs qui obtenaient des résultats sportifs avec leurs élèves ; et surtout ceux qui de surcroît, transmettaient et généraient la vocation d’enseignants parmi leurs élèves avec ce qu’elle implique d’enthousiasme et de charisme. La longévité des Fédérations en dépendait.
De retour en Charente Maritime, j’ai appris le décès de M. DEBARD. J’en ai été peiné. Et comme un réflexe acquis en Afrique, j’ai évalué le développement de la la vocation chez les personnes qui avaient approché M. DEBARD ou bien avaient été ses élèves. Et bien, je trouve la qualité de la transmission étonnante. Ses élèves où ses proches, ont su eux aussi passer le relais à leur tour et tout autour : Jean LECHEVREL (Rochefort - Tonnay Charente – St Jean d’Angély - Bressuire – Thouars…), Jean VEDEAU (Saintes - Royan…), Roger THEIL (Saintes…), Guy THOMAS (Rochefort…), Guy FAVRE (Pons, Jonzac, Gémozac…), Alcide GIBAUD (Cognac) pour ne citer qu’eux. Et leur implication dans les collectivités territoriales (département, ligue, zone, national, international…) a été très importante. Tant que cette chaîne sera préservée, André vivra.
André DEBARD en 1950
Mais dans le cas présent un hommage est à lui rendre ainsi qu’à ses élèves devenus Maîtres à leur tour. Hommage aussi pour leur ouverture d’esprit qui a contribué à perpétuer le judo dans son honneur et sa tradition. Quand aux dernières générations, le point d’interrogation demeure.
Mais en attendant que se dessine chez nos jeunes une maturité, une chaîne est à établir qui les relie aux anciens. Voici quelques éléments, sur deux ou trois générations, et limités à ceux qui m’ont apporté dernièrement une aide. Car la question se posait : quel était leur Maître ? Cette liste est bien sûr à corriger et à élargir...
Liste en cours à vérifier et à compléter.
Après ces vingt années passées hors de France, et avec tous ces jeunes, il ne m’est pas facile d’anticiper sur l’ascendance. Il me reste à les observer, à apprécier leur sagesse, leur enthousiasme et leur énergie, et peut être détecter ceux qui seront les Maîtres de demain....
Je souhaite que tous réalisent l’importance de cette immense chaîne qui remonte à Jigoro Kano, et qu’elle soit connue et respectée par tous.
OUATTARA Pascal
(1999)"J’ai un projet qui me tient à cœur. J’en ai parlé avec mes neveux. Le judo est un outil d’éducation et je voudrais pouvoir rassembler un jour les enfants de la rue pour leur apprendre le judo et leur donner l’occasion d’apprendre de petits métiers ( couture, mécanique, menuiserie...). Mais tout cela ne sera possible que lorsque le pays ira mieux. Je sais que tu n’as pas mal d’idées et je pense que le moment venu, tu sauras nous épauler."
Je suis admiratif. Pascal a l'envergure de nos plus grands pionniers. Je tenais à l'honorer et à faire connaître son action, son courage, son amitié, son optimisme, et sa fidélité à son pays.Mercredi 11 juillet 2007
140 - Vous avez dit développement et Judo en Afrique ?
Je reçois de temps en temps des bonjours amicaux de judokas Africains. Cela me fait toujours grand
plaisir. Douze années passées en Afrique ! Comment ne pas y avoir lié des amitiés profondes ?
Parti là-bas du jour au lendemain, sans connaissance particulière sur ce Continent, j'ai été très surpris de voir que le Judo y
était implanté, sur le modèle associatif français. Bien sûr, les conditions économiques de chacun des pays ne permettaient pas d'avoir des dojos "aux normes françaises", mais avec
l'aide de pays comme la France et le Japon, des dotations en matériel, des aides techniques, et un minimum de matériel et de formation, on pouvait ouvrir, dans chaque pays, de un
à quelques clubs. Le club principal étant généralement placé sur la capitale.
Même si dans chaque fédération le nombre de pratiquants était très largement en dessous de celle de la moyenne des départements français, des compétitions annuelles permettaient de "sortir" un ou quelques champions nationaux.
Dans chaque Fédération on trouvait au moins un Président, un Directeur Technique, et un entraîneur national .
Chaque Fédération participait aux Assemblées générales de l'UAJ (Union Africaine de Judo) et faisait le maximum pour se rendre aux championnats d'Afrique et aux Jeux Africains.
La Fédération Sénégalaise (FSJDA) disposait d'une quinzaine de clubs de clubs du Nord au Sud,
depuis St LOUIS jusqu'à ZIGUINCHOR, en passant par le Dojo National à DAKAR. De plus, plusieurs clubs rivalisaient sur la Capitale avec de nombreuses compétitions. Le Conseiller Technique
qui m'avait précédé, Robert PICARD, avait fait un travail de fond très important, non seulement au niveau des compétiteurs mais aussi des juges et arbitres et des dirigeants. La Fédération
Sénégalaise de Judo faisait figure de proue sur l'Afrique de l'ouest.. On y trouvait des 5° et 6° dan, des arbitres mondiaux et internationaux, un responsable de l'arbitrage continental, Seydou
TOURE, et le secrétaire de l'UAJ, Omar Danga LOUM.
A suivre...
JMO