Judo féminin

Jeudi 2 mars 2006 4 02 /03 /2006 06:53
Jeudi 2 mars 2006

53 - Comment Marie Louise Linard est devenue Mme Debard.

Marie Louis Linard est née en 1915…

                Lorsque en 1947 elle passe sur le pont des Arts, à Paris, elle aperçoit un jeune artiste qui cherche à arrondir ses fins de mois en proposant de faire le portrait des passants. C’est André Debard.

    Lorsque André voit cette belle et jeune femme distinguée, si élégante, il ne peut que l’accoster et lui demander si elle accepterait qu'il fasse son portrait.

  
                 Marie Louise Dinard, est une fine intellectuelle dont les diplômes des grandes facultés de Bruxelles, en sciences, en grec, en latin, en français, en histoire géographie et en philosophie montrent qu’elle s’attache à aller au fond de ce qu’elle entreprend. Amusée par le jeune homme, elle est cependant très sensible à son charme, il est avenant, il est artiste… Elle accepte. Et ils ne se quitteront plus.

 

Elle abandonne tout pour suivre André : sa vie bourgeoise aisée, son confort, ses habitudes...
                Le charme d’André, sa gentillesse, sa spontanéité, sa vitalité joyeuse l’ont séduite à vie. Elle l’épouse, et partage  tout sans compter : sa  passion du judo, son enthousiasme, sa vie de bohême, les difficultés, les joies, les peines...

 Ils arrivent en juillet 1948, sans un sou, à La Rochelle. André n’a qu’une idée : promouvoir le Judo dans la province. Là, ils bénéficient de l'aide de M. Maurice Dumont et de son épouse Gisèle.
 

M. Maurice Dumont avait une salle de culturisme rue des Gentilshommes. Elle était certes connue, mais elle avait besoin d’une action promotionnelle de publicité, et l’ouverture d’une salle de Judo, était une bonne opportunité. Il fait crédit au jeune couple et facilite leur installation. Les DEBARD et les DUMONT sont associés,  Maurice est le Directeur administratif et André le Directeur technique. Le Judo débutant en bénéficie, tout le monde y trouve son compte. Mais André et Marie Louise ont très vite le désir d’ouvrir leur propre salle et ils s’installent, un peu plus d’un an après, rue St Sauveur en novembre 1949.

 

 André et Marie Louise sont très attachés l’un à l’autre et partagent tout. Marie Louise passe ses grades en judo, et elle aide André au maximum. Sur le carnet personnel d’André, à la date du 9 juillet 1952, on peut lire : « avons mis au monde Pupuce,  à 21 heures ».

Pupuce c’est Frank. Il vivra sur les tatamis au rythme des entraînements et des compétitions. Sans pour autant partager la passion de son père pour le Judo, il n’en sera pas moins un bon judoka et il sait ce qu’est « le  judo ».

 Maintenant Pupuce a une belle famille et partage avec moi le souvenir de la vie  de ses parents…
 
A suivre…
JMO.

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Par Jm Oudine - Publié dans : Judo féminin
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Vendredi 3 mars 2006 5 03 /03 /2006 09:48
Vendredi 3 mars 2006


54-Marie Louise LINARD contaminée par le virus du Judo
 

        Lorsque Marie Louise a rencontré André DEBARD sur le pont des Arts;  se doutait-elle un instant que l’artiste qui lui avait proposé de faire son portait, était ceinture noire deuxième dan, ou sur le point de l’être ? L'histoire ne le dit pas.

Démonstration : Kata Guruma d'André DEBARD

        Ce qui est sûr, et les photos le prouvent, elle le dominait en taille et en poids.  André, pesait 54 kg pour  1,63 m et il avait une musculature plutôt longiligne malgré sa petite  taille. De plus il était très souple et très habile.
        Pourtant, Marie Louise a apprécié certainement d’abord l’homme dans son amabilité, sa vivacité d’esprit, puis l’artiste dans son aspect protéiforme. Mais ensuite, c’est le Judo qui aura certainement était pour elle « la surprise ».

" Il projetait avec aisance des adversaires beaucoup plus lourd que lui"

        En un rien de temps, elle a compris la voie du Judo, elle a quitté un monde purement intellectuel pour un monde mystique, celui du Judo, car comme le disait, Monsieur Géron , élève de M. Lechevrel, lui-même élève de M. Debard, « on entrait dans le judo comme en entre en religion ».

 
        Et c’est une ribambelle de photos qui vient nous montrer la métamorphose de Marie Louise Linard qui devient  Mme Debard, ceinture noire. La qualité de ses chutes, la compréhension des techniques, l’efficacité de son travail sont encore citées dans les propos des anciens, lorsqu’ils évoquent "Madame DEBARD"; et l'on sent l'admiration et le respect dans leur voix.

       Lorsque l’on sait comment elle a su utiliser ses connaissances en pédagogie pour mener des cours qui ont connu un vif succès, aussi bien auprès des femmes que des enfants, on ne peut qu’être étonné de sa véritable transformation.
 

Chaque jours sur les tapis, elle travaillait au côté de son époux

        Lors de la visite d'experts elle participait aux entraînements. Maître KAWASHI, Maître AWAZU, Maître SATO, Maître Ishiro ABE l'on fait travailler...

Travail avec Me KAWAISHI  à DAX

Et lorsque "Pupuce" est né, il a très vite évolué à quatre pattes au milieu des judokas, avant de se mettre à travailler.

Pupuce attaque Georges PERRACHON

        Et aujourdhui, lorsque j'observe, Alizée, Maxime, ou Alexis, c'est à dire la descendance d'André DEBARD,je ne peux m'empêcher de guetter celui qui aura récupéré le talent du Grand-père... ou de la Grand-mère...

A suivre...
JMO.

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Par Jm Oudine - Publié dans : Judo féminin
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Samedi 15 avril 2006 6 15 /04 /2006 08:08
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69- Deux pionnières du Judo

        "Après bien des émotions de toutes sortes, j'ai été promue "ceinture noire 1° dan".  Inutile de vous dire que je ne suis pas encore remise et m'habitue difficilement à cette couleur ;  le temps m'y aidera sans doute, puisque la nuance ne varie plus !"

Janine LEVANNIER première femme ceinture noire de France

        Ces propos, écrits en avril 1951 par Janine LEVANNIER, étaient adressés à M. et Mme DEBARD.

Mme DEBARD pratiquant une clef de bras sur son mari

        Les deux femmes partageaient une même passion pour le Judo, de même toutes leurs familles. Mais Janine LEVANNIER, le 22 avril 1951, venait d'obtenir la ceinture noire et devenait ainsi la première femme qui accédait à la ceinture noire.

       Janine était très proche de "Milou".
        "Milou" c'est un des surnoms donnés à Mme DEBARD. Elle était appelée aussi "Boule" ou encore "Chapeau", mais je n'ai pas encore trouvé pourquoi.

        Trois jours après la promotion prestigieuse de ce grade tant convoité, Janine écrivait à ses amis de La Rochelle pour leur annoncer la nouvelle, et leur faire part de son état d'âme.

" Bien entendu, je suis ravie et il faut bien l'avouer un petit peu fier, mais les collègues ceintures noires se chargeront sans nul doute de me remettre la tête grosseur normale !"

      
Les familles des DEBARD et LEVANNIER, ne vivaient à l'époque que pour le Judo, et généraient un grand nombre de démonstrations. Ces démonstrations, les Galas, venaient en plus de l'organisation de stages et de la direction de nombreux cours. D'ailleurs, dans cette même lettre dont nous parlons plus haut, Janine écrivait :

"Mercredi prochain nous organisons une démonstration dans une salle du Palais de la Mutualité, et nous avions pensé remettre à vos parents une invitation mais nous ne connaissons pas leur adresse..."

Et la presse, de publier cette photo avec son commentaire dans les jours suivant la démonstration :

"Hier soir à la Mutualité, Mme Levannier (25 ans), la seule Européeenne ayant conquis ce grade de "ceinture noire de judo" a affronté sept judokas de sexe fort. M. Levannier est également ceinture noire ; c'est un ménage à qui il vaut mieux ne pas chercher querelle."


        Les enfants, Claude LEVANNIER, comme Frank DEBARD ont été élevés dans cette même passion du Judo. Nous en reparlerons...

A suivre...
JMO







Par Jm Oudine - Publié dans : Judo féminin
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Lundi 17 juillet 2006 1 17 /07 /2006 06:57
Lundi 17 juillet 2006

93- Premier Championnat de France Féminin.


Affiche du premier Championnat de France Féminin (archives Debard)

        De précieuses informations sur le premier Championnat de France Féminin nous parviennent de Paris.  Hervé Lemaréchal, est un  «chercheur judoka». Il s’est penché sur l’histoire du Judo féminin et nous confie spontanément de précieux renseignements, après avoir visité notre blog.

        Il s’est établi avec avec lui,  un échange très riche en renseignements, en particulier sur le développement du Judo féminin de ses origines aux années 1960-1970.

        Sur ce sujet, il précise avoir apporté également sa contribution au site d’une amie britannique, médecin et judoka, dans un article en cours de publication. Cet article porte sur la discrimination entre hommes et femmes dans la pratique initiale du judo européen. Le site en question est http://www.kanosociety.org/bulletinframe.htm

 

        Et de nous étonner de voir, une fois de plus, combien internet reste un outil irremplaçable pour l’application des principes (de Jigoro Kano), d’entraide et de prospérité mutuelle.

 

        Dans un courriel du 14 juillet, la contribution d'Hervé Lemaréchal porte sur « le premier Championnat de France féminin ».

En voici la teneur :

« Compte tenu du très faible nombre de pratiquantes à cette époque, il est préférable de parler de Tournoi plutôt que de Championnat de France. Pourtant la sélectivité de cette compétition ne saurait être mise en doute, car la quasi-totalité des pratiquantes ayant atteint le quart de finale décrocheront la ceinture noire dans les années suivantes. »

Et il ajoute :

« Concernant la participation de Mme Debard, je peux vous apporter quelques précisions, extraites de la revue Judo (N° 5, année 1950, pages 14 et 15) :  - Mme Debard, ceinture verte, du Club de LA ROCHELLE, va gagner contre Melle Rodier, ceinture marron, un match comptant encore comme éliminatoire, en plaçant un mouvement de hanche puis un premier de jambe à gauche - …. Puis Mme Debard rencontre Mme Agisson, ceinture marron : Mme Agisson place la huitième immobilisation sur Mme Debard qui serpente en vain pour s’extirper. »

 

Le fils de Mme Debard, Frank, nous rapporte sur ce sujet le commentaire de son père : « Si Mme Agisson tenait l’immobilisation, elle subissait aussi l’étranglement que lui portait « Milou » ( un des surnoms de Mme Debard). Et à l’issue du temps de l’immobilisation, Mme Agisson ne réussissait à se relever qu’avec de grandes difficultés!... »

 
A suivre
JMO
Par Jm Oudine - Publié dans : Judo féminin
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Vendredi 28 juillet 2006 5 28 /07 /2006 07:58
Vendredi 28 juillet 2006

94- Recherche de témoignages de femmes judokates.

        Aujourd'hui, le Judo féminin nous intéresse particulièrement.

  

        Dans le dernier article ("93- Le premier championnat de France Féminin"), Hervé Lemaréchal était présenté comme un "chercheur-judoka" apportant des informations. Il nous a fait part de ses travaux personnels, dans lesquels il recoupe le processus de l'émancipation des femmes en Europe de l'ouest avec celui de l'évolution du Judo féminin. Sur ce sujet il a écrit un article en Anglais, sur le site internet d'une Judokate anglaise, Diana BIRCH (http://www.kanosociety.org/bulletinframe.htm)

 

        Dans un de ses courriels il résume ainsi le sujet de sa réflexion (qu'il a reconduit au niveau français) : « Si de nos jours il n'y a plus guère de différence entre le Judo féminin et le judo masculin, il n'en a pas toujours été de même. L'angle féministe de la réflexion s'appuie sur les renseignements des premières pratiquantes sérieuses. Comment le Judo était-il enseigné aux femmes ? Quelles étaient les origines sociologiques des pratiquantes ? Quelles étaient leurs motivations ? Comment Koizumi ou Kawaishi concevaient-ils l'enseignement du judo pour les femmes ?...  Telles sont quelques unes des questions pour lesquelles M. Lemaréchal a eu des réponses de judokates anglaises (« Koizumi » étant le « Kawaishi anglais »). Et il a pu  écrire l'article intitulé : " DISCRIMINATION AND SEXUAL HARASSMENT IN JUDO", mais hélas,  il n'a aucun retour sur son investigation côté français.

         Notre blog a attiré son attention en particulier les chapitres où l'on parle des épouses respectives d'André Debard et de Luc Levannier. Elles pratiquaient toutes deux le Judo. Elles ont fait la "une" de quotidiens français, elles étaient amies, et elles échangeaient des lettres dans lesquelles elles se confiaient leurs impressions. Nous avons commenté quelques-uns de leurs courriers.

      
         Dans les deux familles, l'engagement pour le judo était total. Ainsi chez les « Levannier », le fils Claude à l'âge de six ans avait ses parents célèbres et ceintures noires, et la grand-mère maternelle (Mme Pellet), ceinture bleue, combattait !  On parle en 1951 de triomphe de la famille Pellet-Levannier au Palais de la Mutualité, lors de la soirée qui opposa les sociétaires du Judo-Club Pernéty à ceux du JC Pasteur (ce dernier club avait été fondé par Lucien Levannier, dans l'ancien studio de sa femme, 23 rue des Volontaires).

        Luc Levannier entrant dans la famille Pellet avait introduit le virus de "l'engouement pour le Judo". Les articles de Raymond Vanker dans le journal Détective, nous décrivent assez bien l'ambiance et l'engagement de cette famille de judokas en 1951.

        Très amusé par les coïncidences qui existaient entre" les Levannier" et "les Debard" j'avais été touché par leur engagement commun à la cause du Judo ; mais l'angle de ma réflexion n'était pas celui de M. Lemaréchal.

            Cependant, sensibilisé à ses interrogations  sur le Judo féminin français, je crois qu'il serait intéressant de connaître les motivations d'autres judokates françaises, qui ont pratiqué dans les années 1935 à 1970.

       Qui va nous donner des informations ?

A suivre...
JMO
 
 
Par Jm Oudine - Publié dans : Judo féminin
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