jeudi 27 septembre 2007
144 - Réveiller le passé.
Hervé, un ami que je n'ai jamais rencontré, autrement que par le net, m'écrivait : " il faut tenir bon et continuer à alimenter le blog, c'est ainsi que se réveillera le passé."
Et au même moment, M. BOISDRON Bruno (dont nous parlions dans l'article précédent), nous adressait un programme identique à
celui que nous avions publié pour le Grand Gala de Nantes, aux salons Mauduit, le jeudi 26 juillet 1951, mais signé par Maîtres KAWAISHI ET AWAZU.
L'envoi de M. BOISDRON s'assortissait de la photo de son grand père, ceinture noire et Président de la Ligue de Bretagne F.N.J.T.
et de son père, Jean Pierre, lui aussi ceinture noire.
Il nous manque bien sûr la photo de Bruno et celle de son fils, afin d'illustrer leur "généalogie judo" sur 4 générations.
Le judo est assez souvent une histoire de famille, mais il faut reconnaître que sur 4 générations, c'est peu commun. Chez la famille DEBARD
ils n'en sont qu'à trois et les derniers non plus ne sont pas encore ceinture noire.
A suivre...
jmo...
Lundi 2 juillet 2007
138 - La proposition de Claude THIBAULT
La lecture des ouvrages de Claude THIBAULT, apporte beaucoup à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire du Judo français. Ce "judoka-écrivain" a cotoyé beaucoup de nos pionniers, et, à la première page du livre "Un million de Judokas", il dédie l'ouvrage " A tous les judokas, professeurs et amateurs, qui ont porté le Judo français à la première place en Europe et dans le monde".
Dans un autre de ses livres - "Entretiens avec les pionniers du judo français" - il donne l'éternité aux premiers pionniers dans un dialogue où chacun d'entre eux rapporte souvenirs, révélations, théories, et anecdotes.
C'est grace à Jean Beaujean, avec qui nous entretenons des relations d'estime et de courtoisie, que nous avons été mis en relation avec Claude THIBAULT. Et nous avons échangé avec ce dernier, quelques correspondances autour de nos recherches du Judo en Charente Maritime et en Poitou Charentes... et son ascendance parisienne.
Dans sa dernière lettre, Claude THIBAULT, nous fait part d'une idée qui lui est venue, à la suite des visites sur notre blog http://www.debard.org, axé sur l'Histoire régionale du Judo en Charente Maritime et en Poitou Charente.
Voici son message :
Comment ne pas répondre à une telle invitation ? Cet article est donc destiné à faire passer l'information sur Poitou Charentes et il invite tous les "anciens" à contribuer à cette vaste enquête.
Sur chacun des départements, Charente, Charente Maritime, Deux Sèvres et Vienne, qu'en était-il ?
Vos réponses nominatives seront reportées sur le blog , vous resterez donc auteurs de vos contributions, et vous aurez participé à un devoir de mémoire pour le Judo Régional Français.
A suivre...
JMO
Samedi 2 juin 2007
137 - Du 1 de la rue St Sauveur à La Rochelle.
La rue St Sauveur à La Rochelle est une petite rue où l'on aime flâner.
La rue St Sauveur part de la place de la Caille et va jusqu'à l'église, près du Canal Maubec. Cafés, restaurants, boutiques la jalonnent. Ce quartier est très "vivant", encore plus l'été, car une multitude de touristes l'anime davantage. Il y flotte toujours le relent intense et perceptible d'une vie ancienne. Les vieilles pierres sont là, la rue est étroite, l' ambiance un peu moyennageuse. Pensez donc, la première église St Sauveur a brûlé en 1418 !
Depuis l'ouverture de ce blog, (2006), je me suis demandé à quel niveau de la rue St Sauveur, André DEBARD avait installé son Dojo.
C'est un concours de circonstances qui m'en ont fait trouver l'emplacement.
Lors de son arrivée à La Rochelle en Juillet 1948, André avait ouvert une salle au 11 rue de la rue des Gentilshommes (derrière la Mairie), en association avec le culturiste DUMONT. Mais il avait très vite envisagé de créer son propre Dojo, de trouver son indépendance.
Et dès novembre 1949, il s'installait rue St Sauveur. Plusieurs articles ont parlé de son aménagement.
(article du 5 juillet 2006 - 90 - Aménagement d'un Dojo en 1949 (1)
(article du 13 juillet 2006 - 91 - Aménagement d'un Dojo en 1949 (2)
(article du 14 juillet 2006 - 92 - L'inauguration du Dojo rue St Sauveur)
Frank m'avait bien dit que l'entrée dans ce Dojo se faisait par un café, et que le Dojo était une arrière salle du café. Mais il citait les propos de son père, et le nombre de cafés dans cette rue est important.
Et puis il y a eu cette lettre du 25 mai 1951,
Elle était adressée à André DEBARD par M. KAWAISHI, à l'adresse :
M. DEBARD
Judo Club de La Rochelle
1, rue Saint Sauveur
LA ROCHELLE (CM)
Il s'agissait donc bien du N° 1 ! Mais où était ce numéro 1 ? Côté impair, c'était certain! et plutôt côté place de la Caille, car généralement les premiers numéros sont côté Mairie. Mais à quel endroit exactement ?
J'avais le souvenir d'un hôtel à proximité de l'angle de la rue St Sauveur et de la place de la Caille. Mais où pouvait bien se trouver l'arrière salle ? Quant à se repérer avec les numéros sur les portes, impossible ! ils ont presque tous disparus.
J'en étais là, toujours perplexe, lorsque la photo de Frank m'est arrivée. C'était celle du Dojo, au 1 de la rue St Sauveur !
Cette photo est étonnante. Le Dojo avait une vitrine qui donnait sur la rue, Et sur la porte (condamnée) était mentionné : "entrée par le café". Le café se trouvait à droite du Dojo.
Quand à la pub trouvée sur internet : Café Restaurant "LE RESCATOR" au 3 de la rue St Sauveur, il nous situait le 1 comme immédiatement à sa gauche ! L'emplacement était trouvé, mais aujourd'hui, sur place, bien des modifications ont été apportées. On ne reconnaît plus les éléments de la photo ancienne! le temps s'est écoulé...
Etrange coïncidence avec cette carte du 25 mai 1951. C'était deux mois avant sa visite à La Rochelle de M. Kawaishi. Il avait écrit à M. Debard :
"Je vous ai fait envoyer 50 livres au lieu des 10 demandés. Frais 350 F. Gardez le reste, pour ma future démonstration ."
Sur l'un des affichages de la vitrine du Club, on distingue le nom de M. KAWAISHI, et lorsque l'on sait qu'il est venu à La Rochelle fin juillet 1951, à n'en pas douter, la photo ci-dessous prend une nouvelle dimension. Elle a été prise dans le café qui jouxtait la salle.
De face, au centre, on voit Maître Awazu aux côtés de Maître Kawaishi (très reconnaissable à ses petites lunettes rondes) et un peu à gauche (près de la table), André Debard.
Quelques judokas sont encore en judogi. Dans la glace au fond se reflète la salle du restaurant. Et à droite on aperçoit le visage bien rond et chauve, de Louis Lucot.
André Debard avait transformé cette visite en évènement départemental. Cf référence des articles :
article du 5 janvier 2006 - 7- André Debard et Maître Awazu
article du 7 janvier 2006- 9 - La visite à La Rochelle de Maître Kawaishi et Awazu
article du 7 février 2006 - 33 - De l'organisation pour la visite des Maîtres Kawaishi et Awazu à La Rochelle, en Juillet 1951.
article du 18 février 2006 - 44 - Un article de Marcel TACHERON dans les années 1949-1951
article du 29 avril 2006 - 74 - Joachim, l'énigme...
A suivre...
JMO
Lundi 30 avril 2007
136 - Le judo en Charente Maritime aura bientôt 60 ans.
En juillet 1948, l'arrivée d'André DEBARD, à La Rochelle, ouvrait l'ère du Judo sur le Département. Il y aura 60 ans en juillet 2008.
Débuts à La Rochelle
L'arrivée de cet homme dont nous parlons si souvent, aurait pu passer inaperçue. Il aurait pu rester sur le petit Dojo qu'il avait ouvert rue des Gentilshommes, derrière la Mairie. Il aurait pu continuer à dispenser ses cours, tranquillement dans la petite salle où M. DUMONT l'avait accueilli...
Non, car André DEBARD avait l'âme d'un pionnier. Il était venu "porter la bonne parole" et promouvoir le Judo sur toute la région, à l'image de M. KAWAISHI dont il était un des élèves.
Le lendemain même de son arrivée à LA ROCHELLE, il s'active et se fait connaître par des démonstrations. Très vite, il étend son action sur une grande partie du département.
Il agit rationnellement et cible d'abord des Chefs lieux d'arrondissement. Il y créait des annexes de la salle rochelaise, ou bien de nouvelles associations... c'est le cas de ROCHEFORT... SAINTES... ROYAN... ST JEAN D'Y. Il forme des élèves qui prennent peu à peu en charge les nouveaux Dojos. Il cible aussi les lieux proches de LA ROCHELLE, qui est alors la capitale du JUDO. Il installe des tapis à CHATELAILLON, à SURGERES, à MARANS...
Parmi ses premiers élèves, on trouve à ROCHEFORT, Jean LECHEVREL puis Guy THOMAS. Et à SAINTES, Jean VEDEAU, Roger THEIL, GIBAUD Alcide . Il forme aussi de nombreux dirigeants. Tous deviennent des ceintures noires qui forment à leur tour d'autres ceintures noires. Ce qui est tout aussi important, c'est qu'il les fédère, tous lui sont dévoués. Quelques uns s'expatrient sur les départements voisins ( LECHEVREL dans les Deux Sèvres - GIBAUD en Charente). Tous ont gardé respect et admiration.
En 1948, André DEBARD , seul ceinture noire sur le département ( de surcroît, à l'époque, 2° dan) a généré un mouvement, qui, grace à lui et à ses élèves, et aux élèves de ses élèves, compte en 2007, 420 ceintures noires, titulaires de la licence FFJDA. Il faut lui reconnaître la paternité de ce mouvement.
Aujourd'hui, le nombre de 420 ceintures noires actifs ne cesse d'augmenter : 69 féminines et 351 masculins s'échelonnent de la ceinture noire 1° dan à la ceinture noire 6° dan. La pratique féminine est en augmentation.
Pour une meilleure vision de la situation observons globalement "les tranches d'âge des ceintures noires de Charente Maritime licenciés en mars 2007" :
On compte:
75 moins de 20 ans.
117 de 20 à - de 30 ans.
81 de 30 à - de 40 ans.
66 de 40 à - de 50 ans.
52 de 50 à - de 60 ans.
20 de 60 à - de 70 ans.
8 de 70 à - de 80 ans.
1 de 80 à - de 90 ans. Notre vétéran est Guy FAVRE, pour lequel nous avons publié quelques articles.
Les trois 6° dan sont âgés de 60 à - de 70 ans.
VAS André, VERGNAUD Francis et CADIERE Roger
Les quatre 5° dan ont de 40 à -de 60 ans.
GIRAUD Alain, BON Philippe, ZELY Fabrice, COLIN Thierry
Les dix-sept 4° dan s'étalent sur les tranches allant de 30 à - de 80 ans.
Les trente et un 3° dan s'échelonnent de 20 à - de 90 ans.
Les quatre-vingt-trois 2° dan se répartissent de 18 à - de 80 ans.
Les deux-cent-quatre-vingt-deux 1° dan, ont de 15 à - de 80 ans.
C'est actuellement, chez les 5° dan que l'on trouve le potentiel de deux ceintures noires susceptibles d'atteindre les plus hauts grades, en raison de leur jeune âge pour un tel grade.
Quant à l'évolution dans l'attribution des grades, c'est un sujet qui amène bien des controverses. et qui laisse perplexe...
Le Président du Comité départemental de JUDO (17)
Thierry AUDEBERT.
Hier, notre Président Thierry AUDEBERT, m'interrogeait sur le grade d'André DEBARD.
André était quatrième dan. Mais, dans les années 1970-1980, il avait refusé le 5° dan que lui avait proposé la Fédération. Il déplorait la facilité avec laquelle les grades étaient obtenus. Il était resté dans l'âme, un "Kodokan de l'époque d'Ishiro ABE" ...
A suivre...
JMO
Samedi 23 décembre 2006
127 - Influence de l'arbitrage sur le choix des techniques en compétition
Une dérive est en cours sur certaines compétitions de Judo. Cette dérive correspond aux difficultés rencontrées par quelques arbitres pour désigner le vainqueur, en particulier lors d'actions simultanées et de sutemis. Si les conditions de l'arbitrage expliquent certaines erreurs, la répétition de ces mêmes erreurs doit alarmer les responsables pour qu'ils y remédient. C'est dans cet esprit que nous voulons contribuer à la bonne application des règlements internationaux sur nos départements.
Dans le cas présent, il faut tenir compte des difficultés rencontrées dans l'organisation des compétitions. Car avoir des arbitres lors de chaque manifestation reste souvent un problème. Et lors des manifestations dont nous parlons, le nombre d'arbitres, était suffisant pour couvrir les quatre surfaces de tapis, mais insuffisant pour effectuer leur renouvellement tous les six combats. Et nos arbitres devaient officier sans interruption pendant tout le temps de la compétition - plusieurs heures - accumulant les combats et augmentant le pourcentage d'erreurs...
Par ailleurs, sur chaque tapis, on rencontrait un arbitre ayant plus d'expérience, mais les deux autres - des jeunes en phase d'apprentissage - étaient débutants. Ils opéraient sous la houlette du vétéran mais hélas, aucun autre contrôle extérieur n'existait, sinon celui des Professeurs présents.
La présence active de ces "arbitres apprentis" laisse une note d'espoir, car leur participation dénote une volonté d'arbitrer. Et cette relève est absolument indispensable pour le Judo. Le département en question a su les mobiliser, mais il faut les former. C'est, semble -t'il en cours.
Cependant, de très nombreuses fois, un même type d'erreur s'est produit. Il faut dire que les actions simultanées nécessitent une attention particulière. C'est toujours difficile d'apprécier les projections qui se déroulent au ras du sol, presque à l'horizontal. En effet, s'il est important de s'assurer de l'impact au sol pour attribuer une valeur de projection, il est tout aussi important de surveiller les appuis des combattants pour savoir quel est celui qui projette vraiment. Et dans les sutemis, le "sacrifice sur le dos" doit bien être saisi comme une projection et non comme une chute. Mais la jeunesse des juges, leur manque d'expérience, la fatigue des arbitres plus chevronnés, qui, rappelons le, devaient arbitrer sans interruption pendant plusieurs heures, rendaient compréhensible de telles erreurs.
Si bien que les projections comme Tani otoshi, Yoko Guruma, Uki waza, se retournaient très souvent contre celui qui les portait. Et actuellement la question se pose pour nos combattants, spécialistes dans ces sutémis : " doivent ils abandonner ces projections ?".
A suivre...
JMO