Mercredi 8 février 2006 3 08 /02 /Fév /2006 10:23
Mercredi 8 février 2006

34- Des soucis administratifs du Judo Club de La Rochelle en 1950

L’administration des associations « loi 1901 » n’a jamais été de tout repos. Et j’ose le dire, rien n’a changé depuis 1951, même si l’environnement et les obligations ont évoluées. Les « hommes » restent les mêmes. Et le Professeur de Judo est obligé de mettre « la main à la pâte », se devant de participer activement aux obligations de gestion administrative. Il ne doit jamais perdre de vue que des membres du Comité Directeur pourraient faillir à leur tâche. D’ailleurs, dans la formation, les Ecoles des Cadres laissent une grande part à tous les secteurs de la vie associative, aussi bien sportifs qu’administratifs. Cette formation permet au Professeur d’être « le garant » du bon fonctionnement de l’Association.

 

Hélas, le bénévolat des dirigeants n’est pas toujours associé à la compétence ni surtout à la bonne volonté. Pire, des responsables, conçoivent encore trop souvent l’association comme étant une activité de divertissement. Et, lorsqu’ils se sont portés « volontaires » pour entrer dans les conseils d’administration, ils sont parfois  « débordés ». Et le plus grave, c’est lorsque, dans ce cas là, ils ne voient pas l’importance d’appeler à l’aide, ou bien de « déléguer », afin de pouvoir malgré tout faire face à leurs obligations. Pourtant, rigueur et continuité sont indispensables.

Heureusement la plus grande partie des parents présents - sans être judoka - ont des compétences personnelles ou professionnelles qui peuvent apporter beaucoup au club. Et dans ce cas là, leur action s’inscrit uniquement dans le but d’aider, et non pas dans celui d’assouvir un besoin quelconque d’ambition ou d’autorité…

                D’un autre côté - et c’est tout aussi grave - le Professeur qui se conduit en simple employé, ne cherchant à faire valoir que « ses droits », sans voir la réalité du club, peut conduire à l’anéantissement des efforts de toute l’équipe dirigeante.

                Le meilleur moyen pour faire face, c’est que le Professeur garde un œil vigilant sur la gestion et suive, avec son Président et son bureau, de manière active, l’administration. Mais aussi que les élus soutiennent l’action du Professeur.

                Cet équilibre est difficile à tenir, et parfois il suffit d’une seule personne n’ayant pas compris ces impératifs,  pour mettre en péril cette association « loi 1901 ».

 

                André DEBARD, notre pionnier du Judo,  a vécu tout cela. Son souci d’appliquer cette règle d’or : « entraide et prospérité mutuelle » a été son point fort. Il respectait profondément les principes du judo. Les notes exposées plus bas montrent l’attention qu’il apportait à tout prévoir, tout en restant dans le moule associatif. Mais, on le verra plus tard, parmi ses propres élèves, quelques uns se sont laissés entraîner par celui qui voulait être « Khalife à la place du Khalife », sans en avoir l’envergure. Mais ça, c’est une autre histoire…

 

Les notes griffonnées par Maître Debard, avant une Assemblée Générale du Jiu-Jitsu Club de La Rochelle, probablement celle de Janvier 1950, sont la preuve de ce que nous avançons.

 Notes :

1-     Les Assemblées générales du Club se font en Janvier (on expose le bilan de l’année achevée). A cette époque le calendrier sportif n’était pas encore établi, et le nombre de manifestations ne tenait pas compte du calendrier scolaire.

2-    Les 2000 Frs de la Ville (payés à partir de quand ?). Une subvention municipale avait été certainement attribuée au Judo Club.

3-    Les démonstrations faites pour Saintes et Rochefort comptent pour quel club ? Le grand nombre de démonstrations faites, aussi bien à La Rochelle qu’à Rochefort ou Saintes, amenaient des frais et une petite recette, il fallait établir des règles équitables pour équilibrer les comptes des différentes sections.

4-    En juillet 50 (Casino + bal) = Combien ? Le récapitulatif des comptes de cette manifestation a été retrouvé et l’on constate que M. L’HERMENAULT les tenait de manière irréprochable, avec grands soins.

5-    Devons nous tenir compte des dons au Club ?

6-    Pour les démonstrations au Théâtre, Brémont à t’il fait la déclaration ? Devons nous mettre ce chiffre ?

7-    Se remémorer toutes les petites démonstrations. Le nombre de petites démonstrations est impressionnant. Le soin apporté alors à leur présentation incluait systématiquement plusieurs phases. Tout d’abord la production d’affiches prévenant des lieux, heures et dates, en amont de la manifestation. Ensuite, l’impression de programmes présentant le spectacle, et financés en partie par des sponsors. Bien sûr les jours et heures de cours étaient indiqués.

8-    Retrouver notre déclaration d’impôts : qu’avons-nous déclaré pour l’auto ? Cette auto a été au départ le point stratégique de l’action. Les moyens de locomotion à cette époque étaient réduits. train (Jean LECHEVREL), scooter (Guy FAVRE), solex (NOEL), mobylette (Jean VEDEAU)  pour ne citer qu’eux permettent de réaliser le problème de transport de l’époque. Et les actions d’André DEBARD sur ROCHEFORT, SAINTES, TONNAY CHARENTE rendaient indispensable cet outil.

9-      Comment justifier le prêt d’argent pour l’achat de l’auto, si c’est le club qui l’achète ? Si André DEBARD avançait souvent les frais alors qu’il avait juste de quoi vivre, il lui fallait dans un souci de survie financière envisager des solutions avec ce qu’il avait su générer comme recettes.

10- Dois-je mettre son assurance dans les frais du club ?

11- Où placer les 250Frs des inscriptions de Saintes (et tout Saintes d’ailleurs)

12- Il faudra mettre aux dépenses du Club de Rochefort, une part pour l’achat de l’auto.

13- Il y en a qui s’inscrivent au club et ne paient jamais même un mois de cotisation.

14- Il y a de nombreux inscrits qui font parti du groupe RPF à 3600Frs et FENELON à …

15- Comptes avec M. DUMONT... Mr DUMONT très gentil ne m’a fait verser son dû qu’en 1949. Soit environ 13000Frs de 1948 et 27000Frs de 1949…

 

Lorsque Frank, son fils, me disait : « Il était tellement passionné de Judo, qu’il n’avait que la nuit pour dormir. Il n’y a bien que là où il ne parlait pas de Judo ! C’était une passion complète, qui remplissait entièrement son temps. » Reconnaissons le, il y avait de quoi !

 à suivre...
JMO

Tous droits réservés : " 34- Des soucis administratifs du Judo Club en 1950"
 
Par Jm Oudine - Publié dans : La Rochelle
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