Partager l'article ! 22- André Debard artiste: Jeudi 26 janvier 2006 22- André Debard artiste Tous les anciens qui ont vu ...
Tous les anciens qui ont vu travailler André Debard se souviennent de l’engagement presque mystique de ce Maître, et de son style « Kodokan ». Il traitait le Judo comme un art du corps et de l’esprit. Son génie dans l’exécution des techniques traduisait en acte la vérité, le beau et l’harmonie.
Mais cet homme, qui a été le plus jeune ceinture noire de France, avait également un talent artistique qui l’a accompagné toute sa vie.
Des extraits de l’article découpé dans le journal Journal Sud Ouest en 1997, article trouvé hier dans les archives, vous en diront davantage. Je ne sais quel journaliste a écrit ces lignes, mais il a dépeint avec talent l’univers dans lequel vivait André Debard. Il a perçu aussi l’immense talent artistique de cet homme.
" Devant la façade de cette belle maison du XVIII° où les volets battent, pourrissent, quelques voitures dans un jardin envahi d’une végétation généreuse. A l’intérieur c’est un capharnaüm, une caverne d’Ali Baba, un grenier miraculeux où s’entassent des antiquités de toutes sortes. On y slalome entre les vieux meubles et bibelots, hâches de toutes les époques, crémaillères, dessins, toiles, chevaux de bois, collection de livres reliés cuir. "
" Je ne suis plus antiquaire, je suis en retraite – prévient André Debard, 73 ans. Mais il continue de vivre, avec son épouse au milieu de ce qui fit autrefois son fond de commerce. Et dans un coin de ce savant désordre, quelque part entassés sur un meuble ou contre un mur, dorment des merveilles : ses œuvres. »
" Car avant d’avoir été antiquaire, avant même d’avoir été professeur de judo, métier qui l’amena à La Rochelle, André Debard est artiste depuis toujours ou presque. Mais a-t-il vraiment eu un jour conscience de son talent ?
On n’est jamais content de ce qu’on fait. La plupart de mes dessins ou peintures, je les ai déchirés dans la foulée ou j’ai repeint par-dessus. Ma femme en a cachés quelques uns, Frank également.
Frank, c’est son fils. Photographe connu à La Rochelle. C’est également lui qui a décidé son père à enfin sortir de l’anonymat pour exposer. "
" Après avoir débuté à 15 ans comme sculpteur pour la rénovation de Notre Dame de Paris, puis à la cathédrale de Lille, après avoir suivi des cours de l’Ecole des Arts Appliqués de Paris, il s’est donné à la peinture et au dessin au sortir de la guerre.
Admirateur de Klein, Braque, Van Gogh et Rembrandt, il a fait des arts plastiques son jardin secret, rien de plus.
En juillet 1947, il a rencontré celle qui allait devenir sa femme."
"C’était sur le pont des Arts, je lui ai proposé de faire son portrait, on ne s’est plus quitté."
" C’est son fils Frank , qui comprenant que l’art ne vaut que s’il est montré, a poussé son père à sortir de sa réclusion artistique. La première exposition a eu lieu Chez Evelyne Mekhitarian. André Debard avait 73 ans !"