Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 07:52

Jeudi 17 novembre 2011

157 - ENTRETENIR UN LIEN AVEC LE PASSE (9 – les raisons d’une première scission rochelaise en 1958)

 

Je me demande encore aujourd’hui, les raisons précises qui avaient bien pu pousser tout un groupe à quitter le Judo Club Rochelais, et fonder fin 1958 l’Ecole Rochelaise de Judo.

En effet Jacques RIVALLAND, L’HERMENAULT, Louis LUCOT… avaient quitté DEBARD pour fonctionner dans le cadre d’une nouvelles association sportive.  Je ne peux qu’émettre  quelques hypothèses que je n’ai pu vérifier exactement, mais qui coïncident avec une évolution de la société civile, des mentalités, et de la législation.

 

C’est en décembre 1959, qu’une lettre émanant du Service Départemental de la Jeunesse et des Sports, signée par le Directeur de l’époque, M. GAUTIER, demandait aux clubs d’adresser la liste nominative des Professeurs qui étaient rétribués et ceux qui étaient bénévoles. Devaient aussi être ajoutés les noms du Président, du Secrétaire avec adresses et N° de téléphone. Peu à  peu, le contrôle du milieu associatif s'établissait.

 

Dix ans plus tôt, André DEBARD était arrivé à La Rochelle (dans le plus complet dénuement), avec la ferme intention d’apporter la bonne parole  du Judo, et d’en vivre.

 

Tout était à construire, à organiser, et pendant plus de dix ans il n’a pas ménagé sa peine. Non seulement il a formé d’excellentes ceintures noires qui ont continué son œuvre sur l’Aunis et Saintonge, mais aussi sur les départements voisins. Il s’est investi dans le développement du Judo et payé de ses deniers pour faire connaître sa discipline. Il a aménagé les dojos et aussi payé ses déplacements (qui à l’époque étaient onéreux et difficiles) pour se rendre dans les  succursales ouvertes par ses soins dans tout le département. Il lui fallait aussi faire vivre sa famille. Et il a été pendant ces dix ans, à la fois le patron et l’ouvrier. Néanmoins il a organisé la vie des clubs en association, et c’est peut-être une des raisons qui ont conduit certains membres du Comité Directeur, devenus ceintures noires, à vouloir prendre les rênes et assumer pleinement leur rôle de dirigeant. Néanmoins, c’était Maître DEBARD qui avait créé et développé, non seulement le Judo Club Rochelais mais son rayonnement au niveau régional.

 

L’évolution du contexte législatif sur les associations sportives et les décrets d’application de la loi 1901 avaient déjà, à cette époque, changé la donne. Le 22 décembre 1959, le Président du Judo Club Rochelais, Claude BOUCHET, fidèle à DEBARD, donnait  au Directeur départemental de La Jeunesse et des Sports, la liste suivante :

 

Professeurs de Judo rétribués :

M. André DEBARD, ceinture noire 4° dan, Directeur Technique de l’Association.

M. BERTON Jean, ceinture noire 1° dan, Directeur Technique adjoint.

Professeurs exerçant à titre bénévole :

M. PERRACHON Georges, ceinture noire 3° dan,

M. LEVALOIS Gustave, ceinture noire 2° dan,

M. AUBRIT Jacques, ceinture noire 1° dan,

M. BLANCHARD René, ceinture noire 1° dan,

M. BOUCHET Claude, ceinture noire 1° dan,

M. TOURE Jacques, ceinture noire 1°dan,

Mme DEBARD Marie Louise, ceinture noire 1° dan,

M. BESSELIEVRE Marius, ceinture marron,

M. BOULERNE JEAN, ceinture marron,

M. TEXIER Michel, ceinture marron,

 

L’effectif de Judo Club Rochelais était alors de 136 adhérents pour 82 licenciés.

 

La scission au sein du JCR (Judo Club de La Rochelle) qui avait conduit à la création de l’ERJ (Ecole Rochelaise de Judo) n’avait  amputé le club de M. DEBARD que de quelques ceintures noires et de quelques élèves.

L’ambition de Jacques RIVALLAND, a certainement été un mobile puissant.  Motivé pour tenir un rôle de Professeur à l’égal du Maître  avec quelques uns qui mesuraient également les rôles de premier plan qu’ils pouvaient remplir dans le cadre d’une nouvelle association. En effet, ces ceintures noires devenaient professeurs à leur tour… Deux d’entre eux pour le Judo Jacques RIVALLAND et Louis LUCOT, et L’HERMENAULT pour l’Aïkido (première section d’Aïkido à La Rochelle).  C’est certainement pour ces raisons que l’Ecole Rochelaise du Judo est née fin 1958.

 

Sans avoir rencontré ce « presque Dieu » dont le nom était omniprésent chez les dissidents, je continuais à travailler avec enthousiasme. Et sur le tapis, les "trucs" devenaient très vite  des "techniques logiques", et les  "bagarres", "des randoris". Mon vocabulaire se précisait ! Mon habileté également. Je maîtrisais mieux mon instinct combatif  et émotif.

 

J'étais aussi très sensible au respect d'un "code moral" dont M. LUCOT nous rappelait souvent les principes. Cela ne nuisait pas à l’intensité des attaques, et cela me  plaisait bien. Les histoires de chevalerie du moyen âge que j’avais pu lire, trouvaient là une résurgence.  Le combat n’était plus pour moi un objectif uniquement physique, mais également le moyen d’une évolution  morale et intellectuelle.

 

A suivre…

JMO

Par Jm Oudine - Publié dans : JMO et le Judo
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Images aléatoires

  • judodebard058.jpg
  • Park Ave080red
  • judodebard036.jpg
  • Trucks118red
  • N York053red
  • judodebard031.jpg

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés