Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 07:34

Mardi 15 novembre 2011

156 - ENTRETENIR UN LIEN AVEC LE PASSE (8 - de la lutte habillée au judo)

 

Fin septembre 1959 -  Deux mois se sont écoulés avant que je puisse me présenter à l’examen pour  la ceinture jaune. Durant cette période, la préparation méthodique  et répétitive des premiers mouvements a été intense. Les entraînements libres du dimanche matin étaient bien utiles. Chacun des participants, à son niveau, recevait les conseils des plus gradés. L’esprit d’entraide et de travail était beaucoup plus développé qu’il ne l’est aujourd’hui.

 

Et puis le jour de l’examen arriva. Le Jury était composé de Jacques RIVALLAND, le Professeur principal,  Louis LUCOT, le Professeur, et de GIRARD, l’assistant ceinture marron. Une file d’attente de ceintures de couleur était bien alignée sur le côté de la salle. Chacun attendait son tour avec une certaine anxiété : on y trouvait des ceintures blanches, des ceintures jaunes, des ceintures orange, et même une ceinture verte (VENZI… je crois).

Les plus gradés ont d’abord été appelés un par un pour les chutes, puis pour la présentation technique. Le cérémonial qui précédait chaque séquence était calme et emprunt de gravité. Il fallait saluer le JURY puis son partenaire, puis à la fin de la prestation, le contraire.

 

La ceinture verte (VENZI) était très forte ! Pour toutes les  prises qui lui avaient été demandées, la projection était immédiate, rapide et nette. Le choix du partenaire (le UKE) avait été judicieux. Ce dernier était projeté sans avoir marqué l’ombre d’une inquiétude, ni d’une hésitation, ni d’une anticipation ! Il était neutre et ne parasitait en aucune façon le TORI (celui qui projetait).

Projections, immobilisations, clefs de bras, étranglements, tout avait été parfaitement présenté. Pour terminer, ce ceinture verte a combattu avec 5 adversaires en ligne : trois ceintures vertes et deux ceintures orange.  Cela n’a pas traîné. Au geste technique et esthétique s’associait une terrible efficacité, il a « remonté » la ligne en quelques instants avec une grande souplesse aussi bien dans ses attaques que dans ses déplacements... 

 

Déjà nous étions donc initié à percevoir la manière d’obtenir la victoire, déconsidérant le vainqueur qui gagnait avec sa force, et valorisant le perdant qui avait attaqué avec courage et sincérité malgré la supériorité de l'adversaire.

 

A cours de ces passages nous nous imprégnions de ce qui nous semblait bon pour l’assimiler et le restituer à notre tour.

 

Je n’ai jamais eu de problème pour mes passages de grades, mais j’ai toujours eu, dans la période qui précédait, une fébrilité très éprouvante que j’avais bien du mal à contrôler. Heureusement tout s’estompait dans l’action où je me livrais à fond.

 

Le désir de progresser dans l’habileté plus que dans la force, a donc été installé dans mon esprit dès mes débuts en Judo. Très vite Marc et moi avions également compris que la saisie du Judogi donnait davantage de mobilité pour le judoka que le pour le lutteur qui devait saisir son adversaire à bras le corps.

 

A suivre

JMO

Par Jm Oudine - Publié dans : JMO et le Judo
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