Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 08:33

Vendredi 11 novembre 2011

154 - ENTRETENIR UN LIEN AVEC LE PASSE

(6 – des passages de grades, et de la méthode)

 

 

     Vous verrez, nous avait dit le père LUCOT, « la ceinture jaune est celle qui vous fera le plus plaisir ». Une fois de plus il avait presque raison.

 

      Vous dire l’acharnement avec laquelle Marc et moi avons préparé l’examen de passage pour obtenir cette ceinture jaune a été je crois exemplaire. Marc avait acheté le livre de Kawaishi, dans lequel tous les mouvements étaient répertoriés. De mon côté j’avais acheté le livre de Luis Robert qui parlait du Judo dans son contexte général. Et nous passions et repassions  tous les mouvements de projection de notre programme, nous appliquant pour chacun d’eux à bien vérifier le type de déséquilibre, le placement et l’acte de projeter. Nous lisions et relisions aussi, l’histoire du Judo et les anecdotes qui s’y rapportaient.

 

     La présentation des mouvements de projection était statique, il y avait cinq techniques à connaître pour cette ceinture jaune : 1° de jambe (O Soto Gari) – 2° de jambe (De Ashi Baraï) – 3° de jambe (Hiza Guruma) – 1° de hanche (O Goshi) et 1° d’épaule (Ippon Seoi Nage).

 

     Si dans les deux premiers mois d’apprentissage, nous avions acquis assez facilement la maîtrise des chutes. En particulier celles exécutées seules, c'est-à-dire sans partenaire (chute arrière – chute latérale et chute avant), il n’en était pas de même avec celles effectuées lors des projections techniques. En effet, la facilité pour tomber  sur les mouvements de jambes, n’excluait pas l’appréhension pour la chute sur  O Goshi et pire, le désagrément sur Ippon Seoi Nage.  Nous admirions l’aisance des ceintures vertes qui faisaient fi des chutes encore plus scabreuses en particulier celle de la planchette Japonaise Tomoe Nage ou d’Uchi Mata !  

 

Le programme au sol était très limité. 1° et 2° immobilisation, 1° étranglement,  et 1° armlock, sans plus.

 

Les "randoris" ne nous posaient aucun problème (combats souples d'entraînement). Ils complétaient le côté statique technique qui nous était enseigné. Si bien que sans explications précises préalables, nous abordions ce randori avec un côté mystique. L’efficacité parfois miraculeuse mais accidentelle de certains de nos mouvements, nous plongeait dans l’espoir d’être un jour des maîtres, dotés d’un sens supérieur. D’ailleurs les progrès de la maîtrise technique et de l’efficacité semblaient s’acquérir progressivement, associées aux degrés croissants de la couleur des ceintures.

 

Nous étions tous deux très sensibles à l'explication méthodique des techniques, et nous découvrions avec plaisir les principes mécaniques du Judo statique. Quant à la rigueur d'un cérémonial simple mais respecté, il convenait aussi bien au fils de l’instituteur qu’à celui du fils de l’ancien militaire fonctionnaire des impôts.

 

L'enseignement méthodique suivait donc  l'enseignement de Me KAWAISHI, mais sur le mur du fond de la salle, un grand tableau vernis présentait le GOKIO japonais. Il nous  laissait supposer une autre méthode....

 

Mais à cette époque, pour Marc et moi, l'essentiel était de connaître le mieux possible  la suite des mouvements de nos programmes pour passer les ceintures,  de la blanche à la marron. Et à cette époque, pas de ceintures bicolores ni de « dans » entre les ceintures de couleur. Les "dans" étaient réservés aux grades de la ceinture noire.

 

A suivre…

JMO

 

Par Jm Oudine - Publié dans : JMO et le Judo
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