Mercredi 9 novembre 2011 3 09 /11 /Nov /2011 06:04

Mercredi 9 novembre 2011

152 - ENTRETENIR UN LIEN AVEC LE PASSE

 (4- du début et des premières courbatures)

 

Dans cette petite salle de la rue Réaumur, d’une soixantaine de m², le souvenir de mes premières courbatures est un souvenir encore douloureux. Mais c’est là que j’ai découvert ma combativité, la force de l’enthousiasme, et la passion de l’action. En un mot c’est là que j’ai commencé à prendre confiance en moi.

 

C’est un dimanche matin, que j’ai débuté. C’était lors d’un entraînement libre. Il y en avait  pratiquement un tous les dimanches, de 10h à midi.  Une ceinture marron prénommée GIRARD (je ne me souviens plus de son prénom) m’a « pris en main » avec une extrême gentillesse, et m’a donné mes premiers rudiments.

 

Me retrouver pieds nus dans cette salle, dans un vêtement qui ressemblait à un pyjama, était déstabilisant. Si j’étais le seul avec une ceinture blanche il y avait environ une dizaine de judokas avec des ceintures de couleurs. Les explications du ceinture marron m’ont rapidement fait oublier l’insolite de ma situation. Et  c’est avec une application  soutenue que j’ai commencé à apprendre à saluer, et à tomber.

 

De très nombreuses fois, j’ai roulé en contrôlant ma tête, j’ai frappé le sol très fort pour amortir la chute, et la vigueur avec laquelle je frappais a été très vite modérée par les ondes de choc que mes bras trop raides  généraient et transmettaient à mon cerveau ! Et quand l’on me demandait de faire dix répétitions j’en faisais  cinquante !

 

Je n’avais qu’une hâte combattre pour voir ce que ça pouvait donner. Mais on m’a initié d’abord à un mouvement : le premier  de jambe, un grand fauchage extérieur, comme il était indiqué dans le programme des ceintures blanches affiché entre les deux premières fenêtres de la salle.

 

Puis vinrent les randoris souples (combats d'entraînement). Mais là, grosse déception : « Assis toi là et regarde »… Telle était la première consigne reçue avant les combats… Je m'y résignai.

Cependant, une forte envie de participer me tenaillait le corps et l’esprit. Les randoris étaient libres et les partenaires s’arrêtaient quand ils en avaient envie. Si bien qu’à l’interruption d’un randori qui opposait un ceinture orange et un ceinture jaune, je me suis levé pour aller inviter le judokas ceinture jaune. C’est à cet instant que « le père LUCOT » m’a interpellé. « Hé toi, si tu veux travailler, viens avec moi ». La joie ! J’ai salué en même temps que lui et j’ai immédiatement attaqué, deux fois, dix fois, vingt fois… mais il était toujours aussi souriant qu’inébranlable !

 

Certes je lui arrivais au niveau du haut de l’estomac, mais j’aurais bien aimé le projeter ! C’est alors qu’il m’a lancé un mouvement dont j’ai appris le nom plus tard, 3° mouvement de jambe, HIZA GURUMA… instinctivement j’avais bondi et évité l’attaque, mon cœur battait, pensez-donc j’avais évité l’attaque du Professeur !  Mon illusion de dura qu’un instant et les projections qui suivirent eurent vite fait de me ramener à la réalité… et mes velléités  au niveau zéro…

 

Les deux heures d’entraînement de ce dimanche matin se terminèrent ainsi, et je repris le chemin de la maison. C’est le lendemain au réveil que j’ai ressenti tout mon corps douloureux, au point de ne pas pouvoir déglutir, ni tourner la tête, au point aussi, de ne pas pouvoir bouger les épaules sans avoir mal, et avec l’envie floue et incertaine de ne plus continuer le Judo…

 

 

 

A suivre…

JMO

Par Jm Oudine - Publié dans : JMO et le Judo
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