Partager l'article ! 4- Debard André et Maître Kawaishi: Lundi 2 janvier 2006 4- M. DEBARD et Maître KAWAISHI Parmi les documents retrouvés chez ...
Parmi les documents retrouvés chez M. DEBARD, ceux qu’il a écrits pour préparer la venue à La Rochelle de Maître KAWAISHI et de AWAZU en 1951, sont révélateurs de l’état d’esprit des élèves de l’époque à l’égard de leur Maître. Voici un extrait d’un texte écrit par André DEBARD.
« Mikonosuke KAWAISHI Shi Han, CN 7°, professeur à l’Université de Tokyo, arriva en France en 1935. Le Judo y était encore totalement inconnu. Il monta un petit Dojo dans le quartier Latin à Paris et eut au départ quelques adeptes.
Aujourd’hui, en 1951, 100 000 pratiquants, 200 ceintures noires formées par lui, dont quelques unes en province. Cours pour ceintures noires dirigées par lui, à Paris.
La « méthode Kawaishi » : c’est le Judo du Japon adapté à la mentalité européenne. C'est-à-dire simplification et classification plus précise pour les débutants, mais une fois ceinture noire le nombre de prises est le même qu’au Kodokan, centre du Judo. Résultat magnifique de cette méthode partout adaptée sur le Continent.
Seuls, les Anglais, sous la direction technique de Me KOIZUMI, pratiquent le Judo du Kodokan. Bien que connaissant le Judo bien avant les Français, les Anglais se font battre régulièrement par les élèves de Me Kawaishi.
Lors de ses débuts en Amérique et en France, le Maître Kawaishi a rencontré les champions de catch et de lutte, et les a battus.
Actuellement, les Fédérations de part et d’autre, interdisent ces rencontres.
Lors d’un Gala en démonstration, à Dax, le Maître fit trembler l’assistance en montrant l’efficacité de son « Kiaï » (cri) pour réanimer un élève préalablement étranglé par lui ; cette expérience réussit au mieux.(A noter que d’habitude, on réanime au « Kuatsu », technique enseignée aux ceintures noires lors de leur passage de grade et qui consiste en actions précises sur les points vitaux).
Toute ceinture noire française se trouve être, directement ou indirectement (par son professeur) élève de Maître Kawaishi. (C'est ce modèle que M. Debard reconduit sur le Sud-Ouest).
Les ceintures noires professeurs délivrent tous les grades de couleurs, jusqu’à la ceinture marron incluse ; quand un élève ceinture marron a au moins un an de pratique assidue, il a le droit d’être présenté par son professeur à Maître Kawaishi qui l’examine en vue de la ceinture noire : examen de kata, examen de technique, et compétition. A la dernière session d’examen, le 22 avril dernier, Fête du cerisier, emblème du Judo, sur les 2000 ceintures marron que compte la France en 1951, 130 étaient inscrits, mais seuls 26 (dont Madame LEVANNIER) furent reçus « ceinture Noire 1° dan ».
Présenter le Kata d’examen devant Maître Kawaishi n’est pas une petite affaire, d’autant plus que son calme, son mutisme, son assurance en imposent à quiconque.
Pendant les cours, d’ailleurs, ses atémis sont devenus proverbiaux : quand il n’est pas content d’un élève, il n’explique rien, mais lui dirige un de ces petits atémis dans les côtes, dont il se souvient (atémi = coup frappé, utilisé en jiu-jitsu), puis il rit bruyamment et souvent paternellement. Car les bons maîtres en Judo doivent se considérer comme les pères vis-à-vis de leurs élèves. Au Japon, le Maître connaît la vie privée de ses élèves et réciproquement. Au moment de grands évènements de la vie familiale comme le mariage, c’est au Maître de Judo, nous dit Maître Kawaishi, que le jeune homme se confie et lui demande les renseignements nécessaires. »
(à suivre...)
JMO
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