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Jeudi 12 octobre 2006 4 12 /10 /Oct /2006 07:54
Vendredi 12 octobre 2006

116- OUATTARA Pascal

OUATTARA Pascal (1999)

        OUATTARA Pascal a, au fond de mon coeur, une place privilégiée. Il est mon ami. J'éprouve un immense plaisir à suivre "son  combat". Il est un de ces  judokas qui, en Afrique, ont un engagement égal à celui de nos pionniers  du Judo français.

    A cet engagement pour le judo, s'ajoute l'amour pour son pays, la Côte d'Ivoire. Sa sagesse légendaire est unanimement reconnue par tous les judokas d'Afrique de l'Ouest. Il est apprécié également par des Judokas comme Jean Luc ROUGE. Pascal est né en 1946 à Latokaha, tout près de Niakaramandougou, en Côte d'Ivoire.

   Il  est 6° dan depuis 1991. En 1974, il a passé son Brevet d'Etat  français de professeur de Judo, Aïkido, Karate. En effet, il a vécu  quelques années en France, à Paris. Il a pratiqué  le Judo au Racing Club de France et combattu dans la région parisienne. Il y a été Champion départemental en 1974. Tous ceux qui l'ont connu en France, ont pour lui un souvenir amical et celui d'un rude combattant.

    De 1973 à 1979, combattant pour son pays, la Côte d'Ivoire, il a participé à des compétitions internationales. Entre autres, les championnats du monde en 1973 et 1979. Il a été aussi Champion d'Afrique en 1973 à Lagos, puis en 1978 à Alger.

    Ayant  beaucoup apprécié l'organisation du Judo Français, il a toujours aspiré à amener la Fédération de Judo Ivoirienne à un niveau d' évolution identique.
    Ses responsabilités au sein de la Fédération Ivoirienne ont été multiples : Directeur Technique de 1981 à 2002, il est, depuis 2002, Président de la commission des grades et de la formation. Il a été également Professeur à l'INJS d'Abidjan (Institut National Jeunesse et Sports).
   
    Il a su également, créer seul et avec peu de moyens financiers, un des plus beau dojo d'Afrique, le Judo Club de Cocody. Il en a toujours fait profiter la Fédération Ivoirienne de Judo (la FIJDA)  et il y a accueilli des stages internationaux, ou des manifestations, rendant ainsi des services à la CONFEJES, à SOLIDARITE OLYMPIQUE, ainsi qu'aux services de Coopération des différentes Ambassades en Côte d'Ivoire.

    La Coopération Française m'avait d'abord  envoyé en 1986 au Sénégal à DAKAR, avec la Mission de promouvoir le Judo en Afrique. Puis dix ans plus tard, en Côte d'Ivoire où je suis resté de 1994 à 1999. Basé à  Abidjan, j'étais alors Conseiller auprès du Président de l'Union Africaine de Judo, le Général Lassana PALENFO.

    L'influence du  Général et l'efficacité de Pascal OUATTARA  ont permis entre autres, la réussite  de projets tels que le Tournoi International d'Abidjan, et la création d'un  Centre International de Judo de Haut Niveau à Abidjan.

    Malheureusement en raison de l'instabilité politique et économique qui s'est installée dans le pays depuis plus de six ans, et qui a été crescendo,  il n'a pas été possible de maintenir des activités internationales à Abidjan. Le Centre Judo a été déplacé au Maroc, le Tournoi a perdu sa notoriété, la Fédération Ivoirienne de Judo elle même s'en est trouvée désorganisée.

Et pourtant mon ami Pascal, en bon combattant, nourrit encore l'espoir de jours meilleurs.  Dans son courriel d'hier,  il me confie :

"J’ai un projet qui me tient à cœur. J’en ai parlé avec mes neveux. Le judo est un outil d’éducation et je voudrais pouvoir rassembler un jour les enfants de la rue pour leur apprendre le judo et leur donner l’occasion d’apprendre de petits métiers ( couture, mécanique, menuiserie...). Mais tout cela ne sera possible que lorsque le pays ira mieux. Je sais que tu n’as pas mal d’idées et je pense que le moment venu, tu sauras nous épauler."

    Je suis admiratif. Pascal a l'envergure de nos plus grands pionniers. Je tenais à l'honorer et à faire connaître  son action, son courage, son amitié, son optimisme, et sa fidélité à son pays.

 A suivre....
JMO
Par Jm Oudine - Publié dans : Afrique
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Mardi 10 octobre 2006 2 10 /10 /Oct /2006 07:12
Mardi 10 octobre

115- Le Collège des Ceintures noires.




       Beaucoup de détails de l'histoire du Judo français nous échappent.  Et trop rares sont les ouvrages qui nous livrent  les épisodes vécus par nos anciens. Et pourtant la plupart des épisodes sont des révélateurs, indispensables à notre compréhension.

    Ainsi, l'avènement du Collège a été un  élèment marquant suite au départ de Maître Kawaishi en 1944.

    Michel THIBAULT, dans son livre "Un million de Judokas" nous précise bien qu'une quinzaine de ceintures noires avaient été préalablement regroupées par M. Kawaishi. Et au cours de ces rencontres périodiques, des techniques approfondies étaient étudiées. Ce qui devait permettre à ces ceintures noires de continuer à se perfectionner en l'absence du Maître.

   A son départ M. Kawaishi confie la responsabilité du Judo français à Jean Beaujean et à Jean de Herdt. Cependant un certain désarroi règne chez les ceintures noires qui éprouvent alors la nécessité de se rassembler pour mieux s'organiser.

    Et dans les papiers d'André Debard, une lettre nous précise une ultime étape dans le processus. Rappelons que André DEBARD, à cette époque, était lui-même pionnier parmi les pionniers et ceinture noire deuxième dan.

    Cette lettre de Jean Beaujean, datée du 6 octobre 1947 et adressée à toutes les Ceintures noires, invite cordialement ces derniers, à participer aux séances d'entraînement qui leur sont spécialement réservées. Les entraînements sont prévus, à partir du Mercredi 8 octobre 1947 jusqu'au mois de Mai 1948, le Mercredi de 10 h à 11 h et le samedi de 16 h à 17 h.

    Suit une close financière dans laquelle est stipulé qu' un droit d'inscription mensuel de 400 frs, est destiné à constituer un fond commun. Ce fond serait ensuite  à répartir au profit des participants à la clôture des cours. Cependant un quart de la somme serait versé à la caisse du JJCF pour les frais d'entretien..

    Le document précise également que pour pouvoir prétendre au remboursement de la partie de la cotisation il faut s'être acquitté chaque mois de son paiement, et avoir participé à l'entraînement, au moins une heure par semaine, sans manquer plus d'une semaine dans le mois.

    Certes, la procédure était  destinée à motiver les tièdes. Pour qu'une fois inscrits, ils se sentent davantage engagés. Mais la procédure n'a pas réussie.  Au téléphone, Jean Beaujean que j'ai interrogé, m'a expliqué  que sa démarche n'avait pas été comprise. Son seul souci ainsi que celui de Jean de Herdt, était de rassembler le plus grand nombre de ceintures noires possible.

    Cependant,  un mois plus tard, le 9 novembre 1947, à l'appel de Jean de Herdt, une trentaine de Judokas se réunissaient afin de donner une vie officielle et légale au Collège des Ceintures noires.

A suivre...
JMO

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Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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Dimanche 1 octobre 2006 7 01 /10 /Oct /2006 07:04
Dimanche 1° octobre

114-  C'était avant 1940.
Papier à entête du Jiu-Jitsu Club de France

        A cette époque, toute une élite intellectuelle et sociale s'intéressait au Judo. Mais le judo qu'elle pratiquait dans ces années là,  était tout autre que celui d'aujourd'hui... C'est ce que m'expliquait hier, Jean Beaujean.
    Jean Beaujean a le mérite d'avoir bien connu les différentes étapes de l'évolution du Judo et de les avoir vécues dans des rôles de premier plan. Dernièrement il ajoutait :

    "Actuellement, les gens se battent pour toujours être les plus forts par tous les moyens y compris l'utilisation des règles d'arbitrage et de la puissance physique. Mais ce n'est pas ça le Judo. Le Judo, c'est découvrir ce que l'on a de meilleur en soi, ou dans l'autre". Et après un moment de silence, il a ajouté,
"le judo a été pour les anciens DEBARD , ERICKSEN, LEVANNIER, BELAUD, et beaucoup d'autres, le moyen de cette recherche. Et c'est dans cet esprit d'investigation, d'entraide et de souplesse, que le judo prenait toute sa signification. Certes le résultat comptait, mais ce qui comptait beaucoup plus c' était la manière de l'obtenir, l'habileté à utiliser la force de l'autre. Et c'est pour cette raison, que beaucoup de savants et de chercheurs, ont participé activement aux débuts du Judo."

    Jean Beaujean était un judoka, ami d'André Debard. Tous deux étaient passionnés de Judo, et si André, décédé depuis décembre 1999, a lancé le Judo sur la Charente Maritime de 1948 - jusque dans les années 1960 -  Jean, lui,  s'était attaché à la création et au fonctionnement de la Fédération Française -  jusqu'à son départ pour le Canada en 1954 -.

    Dans son livre "Entretiens avec les pionniers du Judo", Claude Thibault questionne de nombreux pionniers sur leur vie de judoka. Et à la question posée à Jean Beaujean : "Quand avez-vous commencé le Judo ?".  Jean Beaujean répond : "C'est Ernest Weissenthaner qui me donna ma première leçon, il avait deux ou trois mois de pratique. Il  me montra O Soto Gari. Je découvrais un nouveau monde" .
Cette initiation se passait en 1935, rue Thénard à Paris, au 8° étage, avec Moshe Feldenkrais comme Professeur.

    Ce jour-là, Ernest Weissenthaner, ne savait certainement pas quel rôle allait jouer celui à qui il enseignait  "le 1° de jambe ". Car à cette époque, chacun aidait les nouveaux venus dans la poursuite  d'un meilleur judo, même après seulement quelques séances de pratique.

    Très vite, Jean Beaujean est devenu un des élèves favoris de M. KAWAISHI. Finaliste lors du premier championnat de France en 1943 (Article 56), il accéda aussi en 1944, au poste de responsabilité de Directeur Technique national avec Jean de Herdt. En effet, au moment de la guerre, M. Kawaishi leur avait confié cette tâche avant de partir pour le Japon.

    Dernièrement nous avions établi une correspondance avec Stéphanie Weissenthaner (Article 110). Elle était sur la trace de son grand-père qu'elle savait Judoka, sans plus... et aujourd'hui, voilà Ernest qui répond à son appel par personne interposée !


A suivre...
JMO


Par Jm Oudine - Publié dans : Evolution
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Samedi 23 septembre 2006 6 23 /09 /Sep /2006 19:28
Dimanche 24 septembre 2006

113 - L'enquête de Geneviève et de France
 ( 1° étape )


France et Geneviève (en civil) au stage des enseignants de Charente Maritime en septembre 2006

    Lors du week end  du 23-24 septembre 2006, une trentaine d'enseignants de Judo tenaient leur réunion annuelle de début de saison, au Dojo départemental Guy THOMAS, à Rochefort.

    J'avais obtenu du Président  Thierry AUDEBERT, l'autorisation de présenter Geneviève BOUILLON et France COELLIER, toutes deux ceintures noires, afin qu'elles exposent les raisons de leur enquête sur le Judo féminin. Celle ci se présente sous la forme d'un questionnaire, adressé à un maximum de femmes ayant pratiqué ou pratiquant encore le Judo.

    Ce questionnaire devrait mettre en évidence les raisons pour lesquelles les femmes se sont mises au judo. Et aussi, pourquoi certaines d'entre elles ont arrêté de le pratiquer. Il permettra également d'avoir une connaissance du club de départ de ces judokates, de leur Professeur,  de l' ambiance de leur Dojo, du déroulement et de la technicité des cours...

   Il a été remis aux Professeurs, afin qu'ils le diffusent aux féminines de leurs clubs.  Les réponses collectées permettront de préciser l'évolution de la pratique du Judo féminin depuis 1948, date à laquelle le Judo a commencé en Charente Maritime.

    Le Conseiller Technique Arnaud KESSLER, leur avait permis d'intervenir en tout début de l'après-midi du samedi. 

    Le fait de n'être qu'intervenantes, avait poussé nos deux "anciennes" à laisser leur judogi au fond de leur armoire. Et elles m'avaient confié leur émotion ainsi que leur réticence d'avoir ainsi à intervenir devant ce public en grande majorité masculin.

    Presque tous les professeurs présents ont écouté avec intérêt, toutefois, je déplore qu'un ou deux aient continué à parler entre eux, faisant preuve ainsi d'un manque élémentaire de courtoisie et de savoir-vivre. J'ai pu également percevoir deux ou trois sourires furtifs, peut-être derniers vestiges d'une époque machiste, mais en tous cas incorrectes.



A suivre...
JMO.














Par Jm Oudine - Publié dans : Judo féminin
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Lundi 11 septembre 2006 1 11 /09 /Sep /2006 00:04
Lundi 11 septembre 2006

112- Charente Maritime : le réveil des judokates anciennes

        Lors d'une petite réunion,  organisée fin août chez France Coellier à GEAY (17), j'ai enfin rencontré Geneviève Bouillon. Ces deux femmes m'apparaissent motivées pour mener l'enquête : « Le mouvement féminin en judo sur la Charente Maritime, des origines à nos jours..."


De gauche à droite (Geneviève Bouillon, France Coellier)

        France Coellier est une "judokate" née en 1943. Je la connais depuis plus de trente ans. En 1974, nous avions encadrés des stages féminins sur le département de Charente Maritime. J'avais alors apprécié sa compétence et sa bonté. Nous avions eu aussi quelques résultats en préparant des couples pour le Grand Prix technique féminin. C'était l'époque de Laure Mallebrera, d'Agnès Montus, de Christine Lesueur, de Madeleine... (catastrophe, j'ai oublié le nom de famille de Madeleine !).

        France est maintenant à la retraite après une carrière de Maître d'Education Physique à Saintes (17). Son Professeur de Judo était M. Roger Theil, un ancien élève de M. Debard. C'est en 1972 qu'elle est passée ceinture noire.

        A l'époque, de par sa formation en EPS et ses connaissances en Gymnastique rythmique, il lui avait été demandé d'intervenir à l'Ecole Régionale des Cadres de Poitiers (pour la préparation des professeurs de Judo). Ses connaissances sur le plan technique "judo" lui avaient également permis d'accéder au niveau National du Prix Technique Féminin, où elle s'était classée 4°.

        Actuellement, elle partage ses activités entre la Mairie de GEAY ou elle est adjointe au Maire, et un Club de Gymnastique volontaire. Elle organise aussi, des promenades à pied sur sa région.

        Geneviève Bouillon est née en 1937. Elle est aussi retraitée. Elle a été Professeur de CEG en Français, Histoire et Géographie. Elle est une des toutes premières ceintures noires du département. Ce n'est pas en une fois que je vais la connaître, mais elle m'est déjà très sympathique. D'emblée, j'ai apprécié sa réserve et son esprit de méthode. Nous reparlerons d'elle.

        De cet entretien,  il ressort que ces deux femmes gardent un excellent souvenir de leur activité Judo. Cependant, chez France on perçoit un certain regret. En particulier, celui de ne pas avoir été sollicitée de temps en temps. En effet,  comme elle n'avait plus personnes de sa génération, pour mieux suivre ce Judo au niveau départemental, elle s'est sentie peu à peu oubliée, et s'est retirée.

        Le seul regret de Geneviève est de n'avoir pas pu, à l'époque, rencontrer des filles de son niveau. Et si pendant toute une période elle s'est retirée, cela a été uniquement pour élever six magnifiques bébés !

        Si bien que notre proposition d'enquête  leur est agréable et nous les éveille à nouveau pour le Judo!

        Lors d'une prochaine manifestations des féminines sur le département elles viendront expliquer l'objet de leur enquête. Elles comptent mener cette action uniquement sur la Charente Maritime. Leur travail permettra de travailler avec Hervé Lemaréchal. Lui, englobe dans son travail l'Europe entière.

        Elles présenteront un 
premier questionnaire
"simplifié" qui sera ensuite distribué à toutes les féminines du département.

A suivre...
JMO
Par Jm Oudine - Publié dans : Judo féminin
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