Judo - Debard André

Samedi 2 décembre 2006 6 02 /12 /Déc /2006 14:51

 Dimanche 3 décembre 2006

 126- Il faut du temps au temps

                         Chaque jour  passe avec son cortège d'évènements. Et ceux d'aujourd'hui s'ajoutent à ceux d'hier. Et pensez donc : 365 jours par an, 100 ans par siècle...  je ne parle pas des millénaires !

                   Le temps éparpille les hommes, les objets et les souvenirs. Jusqu'à les faire disparaître. C'est irrémédiable. Aussi faut-il ne pas perdre de temps pour retenir la mémoire des anciens, car l'érosion des souvenirs va à la vitesse du temps. Bientôt au seuil de 2007, et en dépit de tous les progrès, c'est toujours aussi inexorable.

                   La mémoire des vivants est fragile et bien temporaire. Les traces de leur travail persistent toutefois un peu plus longtemps. D'ailleurs on peut se demander si ce ne sont pas les documents eux-mêmes qui nous interpellent.

                  C'est le cas de cette photo -déjà publiée - et au sujet de laquelle nous nous demandions qui étaient les judokas présents aux côtés de M. Kawaishi et de M. Debard :

                        Pour ma part, Il m' était facile de reconnaître en haut, au centre, Maître Kawaishi ; car son histoire se perpétue avec le Judo français, de même M. Debard, en bas au milieu. Bien que ce dernier,  je ne l'ai connu que beaucoup plus tard, dans les années 1960. Mais les autres judokas restaient bien mystérieux pour moi.

                     Les petites filles de Ernest Weissenthaner avaient bien cru reconnaître leur grand-père et me l'avaient fait savoir par la messagerie internet. Mais le témoignage que je  viens de recevoir va bien les décevoir : car leur grand-père n'est pas sur la photo !

                     L'un des trente de la rue du Sommerard (voir l'article précédent) - M Maxime Chalier - a eu l'amabilité de m'accorder un long entretien téléphonique, puis de me donner le moyen de contacter tous les anciens, et aussi de me préciser les noms des judokas sur la photo. 

               Merci de votre aide M. Chalier. Nous savons que vous considérez le Judo comme un humanisme ravalé au rang d'un sport de combat. Vous dénoncez les principes que l'on affiche dans tous les clubs, mais que l'on applique pas. Je suis d'accord avec vous. Dernièrement, je suis allé à un Championnat de cadets à un niveau départemental. Je vous avoue avoir été effrayé de voir les professeurs eux-mêmes, hurler et gesticuler sur le bord du tapis, en regardant combattre les élèves. Où était la maîtrise du corps et de l'esprit ?...

A suivre...

JMO

 

 

Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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Dimanche 26 novembre 2006 7 26 /11 /Nov /2006 19:44

 Lundi 27 novembre 2006

 125 - Les trente de la rue du Sommerard

               Cette fois-ci, c'est une lettre circulaire du 21 novembre 1981 que Frank, le fils de André Debard, m'a apportée d'un air triomphant. Il faut dire que chaque fois qu'il ouvre l'armoire de son père, il en sort des documents extraordinaires, qui, magiquement, font resurgir le passé.

               Aujourd'hui, dans cette lettre circulaire, Jean Georges VALLEE, parle aux anciens de la rue du Sommerard. Dans les années 1940, ce club accueille les élèves de M. Kawaishi. Certains ont commencé le Judo avant, soit rue Thénard, soit rue Beaubourg, mais la migration s'est faite. Puis pendant toute la durée de la guerre, c'est au 10 bis de la rue du Sommerard que se tiendra le Jiu jitsu club de France..

               Quarante ans après, en janvier 1981, une première réunion permet de comptabiliser les anciens. Il en reste trente. Il ne faut pas perdre le contact.  Et méthodiquement une enquête est menée pour déterminer le rythme des réunions ultérieures, la période de l'année et la forme de la réunion.

                80% des anciens répondent au questionnaire, 70% pensent qu'une réunion annuelle est souhaitable, et beaucoup jugent la période indifférente. Ils mentionnent une ou deux saisons possibles. Enfin la majorité (90%) penche pour un repas en commun. Mais l'entraînement se trouve lié à tous les choix.

               La liste des trente, la voici : BADANI - Jean BEAUJEAN - Jean BENAZET - Henri BIRNBAUM - Maxime CHALIER - Emile CLEMENT - Henri COURTINE - Jean de HERDT - Jean de WAILLY - André DEBARD - Jean Paul GARAIX - Jean Lucien JAZARIN - Jacques LAGLAINE - Robert LASSERRE - Luc LEVANNIER - Claude LUTER - Pierre MARTEL - Albert Léon MEYER - René MORIN - Luc NELESSE - André NOCQUET - Guy PELLETIER - Jacques PERSONNE - André PFEIFFER - Henry PLEE - José SALES - Jean SARDINA - Gilbert SIGRAND - Alain VALIN - Jean Georges VALLEE.

                    Aujourd'hui cette liste n'est plus à jour. Beaucoup nous ont quittés. Je cherche à en contacter le maximum. Déjà, j'ai pu joindre Jean BEAUJEAN et Henri COURTINE et dernièrement Maxime CHALIER. Les réponses à mes interrogations sur les périodes que je n'ai pas connues me sont transmises par les propres acteurs de ce temps là.

                    Dans ces contacts téléphoniques avec nos "anciens", ce qui a toujours été constant, c'est leur bon accueil , leur écoute, l'expression de leur pensée, et leur mémoire.

                    L'accueil est attentif et simple. La pensée est cartésienne et directe ; on ne perd pas de temps en suppositions ou en interrogations. Quand à la grande précision de la mémoire, elle est surprenante. Tous sont des hommes au caractère bien trempé et le judo est véritablement entre eux, un trait d'union. Le judo a forgé des hommes de décision.

La mémoire du Judo Français est toujours là.

A suivre...

JMO

 

Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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Vendredi 3 novembre 2006 5 03 /11 /Nov /2006 20:11
Vendredi 3 novembre 2006

119- A la recherche du temps passé

Dans l'article 110, nous avions évoqué la première séance de judo de Jean Beaujean à Paris.

Ce devait être en 1935, Jean Beaujean avait 17 ans. Ce jour là, dans le Dojo de la rue Thénard au 8° étage, Ernest Weissenthaner, qui n'avait que deux ou trois mois de pratique, avait montré à Jean  le mouvement " O soto gari".

Depuis, beaucoup de temps s'est écoulé. Ernest est mort à Bandol, probablement d'une crise cardiaque, après un entraînement. Et Jean Beaujean va  vers ses 89 ans.

Mais depuis la rédaction de cet article 117, trois jeunes femmes sont à la recherche de Jean Beaujean !

Les deux premières ont un rapport direct avec Ernest. Ce sont ses petites filles. Elles cherchent desespérement les souvenirs de leur Grand-père.  Il y a quelques temps, nous avions dévoilé le message de Stéphanie, sa petite fille. Mais à l'instant où j'apprends que Jean Beaujean est au Canada, c'est une deuxième petite fille qui vit au Quebec, en Gaspésie qui m'adresse ce courriel :

" Bonjour,
A mon tour je suis touchée par l'étendue d'Internet, je suis la soeur de Stéphanie, je vis loin de la France au Québec en Gaspésie. C'est par une soirée tranquille que j'ai décidé de faire des recherches et que une seconde plus tard je me retrouve à lire un message de ma soeur! Un très beau message pour retrouver notre grand-père. Moi aussi j'ai été bouleversée de le voir en photo d'autant qu'il est mort jeune à Bandol lors d'une séance de judo, je m'en souviens encore j'étais là... Si vous possédez d'autres photos s'il vous plait envoyez les moi par Internet car se connecter à ses racines est ce qu'il y a de plus beau.

Je vous en remercie et je vous encourage à venir visiter la Gaspésie, bout du monde du Québec mais au combien magnifique!

Laetitia Weissenthaner.
Gaspé- Québec- Canada."

Quand à la troisième femme, Emmanuelle Ollier, c'est une jeune thésarde, pratiquant le judo et ceinture noire depuis trois ans. Elle s'intéresse à l'artiste judoka qu' a été Yves Klein. Or Yves Kein fréquentait les salles de judo et le quartier latin. De plus, Jean Beaujean était le professeur de Yves Klein.

Jean Beaujean revient à Paris dans la première quinzaine de novembre, et coïncidence Ollier Emmanuelle habite à Paris, dans la même rue, à quelque pas de celui qu'elle cherche depuis bientôt deux ans !

Beaucoup d'intentions, beaucoup de coïncidences presque troublantes, mais ces personnes se rencontreront elles ? et si oui, quels souvenirs en renaîtront ?

A suivre...
JMO


Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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Mardi 10 octobre 2006 2 10 /10 /Oct /2006 07:12
Mardi 10 octobre

115- Le Collège des Ceintures noires.




       Beaucoup de détails de l'histoire du Judo français nous échappent.  Et trop rares sont les ouvrages qui nous livrent  les épisodes vécus par nos anciens. Et pourtant la plupart des épisodes sont des révélateurs, indispensables à notre compréhension.

    Ainsi, l'avènement du Collège a été un  élèment marquant suite au départ de Maître Kawaishi en 1944.

    Michel THIBAULT, dans son livre "Un million de Judokas" nous précise bien qu'une quinzaine de ceintures noires avaient été préalablement regroupées par M. Kawaishi. Et au cours de ces rencontres périodiques, des techniques approfondies étaient étudiées. Ce qui devait permettre à ces ceintures noires de continuer à se perfectionner en l'absence du Maître.

   A son départ M. Kawaishi confie la responsabilité du Judo français à Jean Beaujean et à Jean de Herdt. Cependant un certain désarroi règne chez les ceintures noires qui éprouvent alors la nécessité de se rassembler pour mieux s'organiser.

    Et dans les papiers d'André Debard, une lettre nous précise une ultime étape dans le processus. Rappelons que André DEBARD, à cette époque, était lui-même pionnier parmi les pionniers et ceinture noire deuxième dan.

    Cette lettre de Jean Beaujean, datée du 6 octobre 1947 et adressée à toutes les Ceintures noires, invite cordialement ces derniers, à participer aux séances d'entraînement qui leur sont spécialement réservées. Les entraînements sont prévus, à partir du Mercredi 8 octobre 1947 jusqu'au mois de Mai 1948, le Mercredi de 10 h à 11 h et le samedi de 16 h à 17 h.

    Suit une close financière dans laquelle est stipulé qu' un droit d'inscription mensuel de 400 frs, est destiné à constituer un fond commun. Ce fond serait ensuite  à répartir au profit des participants à la clôture des cours. Cependant un quart de la somme serait versé à la caisse du JJCF pour les frais d'entretien..

    Le document précise également que pour pouvoir prétendre au remboursement de la partie de la cotisation il faut s'être acquitté chaque mois de son paiement, et avoir participé à l'entraînement, au moins une heure par semaine, sans manquer plus d'une semaine dans le mois.

    Certes, la procédure était  destinée à motiver les tièdes. Pour qu'une fois inscrits, ils se sentent davantage engagés. Mais la procédure n'a pas réussie.  Au téléphone, Jean Beaujean que j'ai interrogé, m'a expliqué  que sa démarche n'avait pas été comprise. Son seul souci ainsi que celui de Jean de Herdt, était de rassembler le plus grand nombre de ceintures noires possible.

    Cependant,  un mois plus tard, le 9 novembre 1947, à l'appel de Jean de Herdt, une trentaine de Judokas se réunissaient afin de donner une vie officielle et légale au Collège des Ceintures noires.

A suivre...
JMO

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Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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Mardi 29 août 2006 2 29 /08 /Août /2006 15:41
Mardi 29 août 2006

110- Stéphanie Weissenthaner

        Je ne connaissais pas Stéphanie, mais lorsque, il y a quelques jours,  j'ai reçu son courriel, j'ai été à la fois, surpris, amusé, et attendri !  Voici ce qu'elle disait :

"Bonjour,
C'est en surfant sur Google, et en faisant une recherche sur mon nom que je découvre une photo sur laquelle je peux identifier mon grand-père paternel. Avez-vous d'autres photos de son époque ? Il y a t'il un moyen pour en obtenir une copie ?
Je savais mon grand-père judoka, il m'emmenait lorsque j'étais petite à des cours, dans la ville de Bandol (83), mais j'ignorais qu'il pouvait-être à son époque, un judoka impliqué dans la création de la Fédération.
Pouvez-vous prendre contact avec moi  s'il vous plaît ?
Je vous remercie 1000 fois, mon grand-père était un homme bon, et de le voir sur cette photo me bouleverse de tendresse...
Signé Stéphanie WEISSENTHANER."

        Je suis moi-même sept fois grand-père, et tout attendri par cette Stéphanie, je me suis d'abord demandé de quelle photo il était question. Mais très vite j'ai supposé que ce devait être celle déjà publiée dans l'article 50 (André Debard à l'époque de Bonet Maury et de De Herdt). Mais la question restait entière, quel était donc sur la photo, ce grand-père qui avait la chance d'avoir laissé un aussi bon souvenir à sa petite fille !

Je me suis aussi souvenu d'avoir lu, dans le compte-rendu d'un Comité Directeur Fédéral du 27 novembre 1947, que de nombreux judokas étaient invités : MM. Bonet Maury, Strohl, Mercier, Leroux, Pimentel, Jazarin, Jarmy, Lagalaine, London, Challier, Piquemal, Levannier, Weissenthaner, Andrivet, Baudouin, De Herdt, Pelletier, Malaise, Meyer, Topin, Belaud, Martel et d'autres encore...  C'était l'époque où après avoir accordé la création de la Fédération, la Direction des Sports, avait chargé l'ancien Comité Directeur de la section Judo de la Fédération Française de lutte, de faire la transition. Et une des missions principales des pionniers était de recenser les clubs et les licences. Il fallait aussi préparer les projets de statuts et de règlement intérieur pour les présenter à la première Assemblée Générale ! C'était l'époque du départ de la Fédération !

Et Stéphanie m'a ensuite précisé :



"2ème rang (debout), à droite : Jean Weissenthaner, mon grand père"

        Dans la liste des passages de grades de ceintures noires de 1944, (annuaire de PLEE) nous retrouvons :
15-04-1944 : Debard André, domicilié à l'époque 53, rue de Seine, à Paris
01-02-1944 :  Weissenthaner, 8 rue Voltaire à Montreuil / Bois,
mais aussi 22-06-1944 Chalier, Pimentel et Lehnert.

        Alors l'hypothèse suivante s'est établie : cette photo regrouperait peut-être,  autour de M. Kawaishi, les promus ceintures noires du premier semestre 1944! Allez savoir ! Continuons à chercher. Mais que ceux qui peuvent nous aider n'hésitent pas. Cela ne m'étonnerait  pas que nous n'ayons plus qu'à placer quelques uns de ces noms sous les personnages de la photo ci-dessus. Merci Stéphanie !

A suivre...
JMO

Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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