Dimanche 3 décembre 2006
126- Il faut du temps au temps
Chaque jour passe avec son cortège d'évènements. Et ceux d'aujourd'hui s'ajoutent à ceux d'hier. Et pensez donc : 365 jours par an, 100 ans par siècle... je ne parle pas des millénaires !
Le temps éparpille les hommes, les objets et les souvenirs. Jusqu'à les faire disparaître. C'est irrémédiable. Aussi faut-il ne pas perdre de temps pour retenir la mémoire des anciens, car l'érosion des souvenirs va à la vitesse du temps. Bientôt au seuil de 2007, et en dépit de tous les progrès, c'est toujours aussi inexorable.
La mémoire des vivants est fragile et bien temporaire. Les traces de leur travail persistent toutefois un peu plus longtemps. D'ailleurs on peut se demander si ce ne sont pas les documents eux-mêmes qui nous interpellent.
C'est le cas de cette photo -déjà publiée - et au sujet de laquelle nous nous demandions qui étaient les judokas présents aux côtés de M. Kawaishi et de M. Debard :
Pour ma part, Il m' était facile de reconnaître en haut, au centre, Maître Kawaishi ; car son histoire se perpétue avec le Judo français, de même M. Debard, en bas au milieu. Bien que ce dernier, je ne l'ai connu que beaucoup plus tard, dans les années 1960. Mais les autres judokas restaient bien mystérieux pour moi.
Les petites filles de Ernest Weissenthaner avaient bien cru reconnaître leur grand-père et me l'avaient fait savoir par la messagerie internet. Mais le témoignage que je viens de recevoir va bien les décevoir : car leur grand-père n'est pas sur la photo !
L'un des trente de la rue du Sommerard (voir l'article précédent) - M Maxime Chalier - a eu l'amabilité de m'accorder un long entretien téléphonique, puis de me donner le moyen de contacter tous les anciens, et aussi de me préciser les noms des judokas sur la photo.
Merci de votre aide M. Chalier. Nous savons que vous considérez le Judo comme un humanisme ravalé au rang d'un sport de combat. Vous dénoncez les principes que l'on affiche dans tous les clubs, mais que l'on applique pas. Je suis d'accord avec vous. Dernièrement, je suis allé à un Championnat de cadets à un niveau départemental. Je vous avoue avoir été effrayé de voir les professeurs eux-mêmes, hurler et gesticuler sur le bord du tapis, en regardant combattre les élèves. Où était la maîtrise du corps et de l'esprit ?...
A suivre...
JMO
Lundi 27 novembre 2006
125 - Les trente de la rue du Sommerard
Cette fois-ci, c'est une lettre circulaire du 21 novembre 1981 que Frank, le fils de André Debard, m'a apportée d'un air triomphant. Il faut dire que chaque fois qu'il ouvre l'armoire de son père, il en sort des documents extraordinaires, qui, magiquement, font resurgir le passé.
Aujourd'hui, dans cette lettre circulaire, Jean Georges VALLEE, parle aux anciens de la rue du Sommerard. Dans les années 1940, ce club accueille les élèves de M. Kawaishi. Certains ont commencé le Judo avant, soit rue Thénard, soit rue Beaubourg, mais la migration s'est faite. Puis pendant toute la durée de la guerre, c'est au 10 bis de la rue du Sommerard que se tiendra le Jiu jitsu club de France..
Quarante ans après, en janvier 1981, une première réunion permet de comptabiliser les anciens. Il en reste trente. Il ne faut pas perdre le contact. Et méthodiquement une enquête est menée pour déterminer le rythme des réunions ultérieures, la période de l'année et la forme de la réunion.
80% des anciens répondent au questionnaire, 70% pensent qu'une réunion annuelle est souhaitable, et beaucoup jugent la période indifférente. Ils mentionnent une ou deux saisons possibles. Enfin la majorité (90%) penche pour un repas en commun. Mais l'entraînement se trouve lié à tous les choix.
La liste des trente, la voici : BADANI - Jean BEAUJEAN - Jean BENAZET - Henri BIRNBAUM - Maxime CHALIER - Emile CLEMENT - Henri COURTINE - Jean de HERDT - Jean de WAILLY - André DEBARD - Jean Paul GARAIX - Jean Lucien JAZARIN - Jacques LAGLAINE - Robert LASSERRE - Luc LEVANNIER - Claude LUTER - Pierre MARTEL - Albert Léon MEYER - René MORIN - Luc NELESSE - André NOCQUET - Guy PELLETIER - Jacques PERSONNE - André PFEIFFER - Henry PLEE - José SALES - Jean SARDINA - Gilbert SIGRAND - Alain VALIN - Jean Georges VALLEE.
Aujourd'hui cette liste n'est plus à jour. Beaucoup nous ont quittés. Je cherche à en contacter le maximum. Déjà, j'ai pu joindre Jean BEAUJEAN et Henri COURTINE et dernièrement Maxime CHALIER. Les réponses à mes interrogations sur les périodes que je n'ai pas connues me sont transmises par les propres acteurs de ce temps là.
Dans ces contacts téléphoniques avec nos "anciens", ce qui a toujours été constant, c'est leur bon accueil , leur écoute, l'expression de leur pensée, et leur mémoire.
L'accueil est attentif et simple. La pensée est cartésienne et directe ; on ne perd pas de temps en suppositions ou en interrogations. Quand à la grande précision de la mémoire, elle est surprenante. Tous sont des hommes au caractère bien trempé et le judo est véritablement entre eux, un trait d'union. Le judo a forgé des hommes de décision.
La mémoire du Judo Français est toujours là.
A suivre...
JMO