Ce matin sur mon bureau, la photocopie d’une lettre ; quatre à cinq lignes à peine, datées du 27 juin 1948.
Un moment d’inattention de ma part dans le rangement de mon bureau, et la corbeille à papier allait m’enlever le précieux document.
Et M. DUMONT, de répondre : « Nous sommes d’accord pour l’ouverture du cours le 5 juillet. »
Il ajoute : « M. NOCQUET et son ami doivent arriver le samedi dans la soirée. »
M. NOCQUET, rappelons le, avait commencé le Judo en 1937 - il était le 17° inscrit au club de M. Kawaishi – et André DEBARD l’y avait rejoint en 1939. Il l’avait également précédé dans le SUD OUEST, puisqu’il avait déjà ouvert une salle à ANGOULEME , et deux salles à BORDEAUX.
En 1948 il vient accueillir André DEBARD à LA ROCHELLE afin que ce dernier puisse s’y installer.
On comprend mieux maintenant les appuis que notre pionnier a pu avoir lors de son arrivée à La Rochelle.
Sur d’autres notes écrites de sa main, on a pu voir les facilités qui lui ont été accordées par M. DUMONT. Le montant de la location de la salle à partir du 5 juillet 1948, ne lui seront réclamés que bien plus tard, fin 1949. Ce qui représentait tout de même un crédit d’environ 40.000F de l’époque.
Cette camaraderie qui existait entre M. NOCQUET et M. DEBARD a facilité la promotion du Judo sur tout le Sud-Ouest, jusqu’en 1954, date de la création de l’Union Fédérale des Amateurs de Judo Kodokan.
André DEBARD porte KATA GURUMA sur l'un de ses élèves Jack TOURAISM. André DEBARD arrive de PARIS en juillet 1948 ouvre immédiatement le jiu-jitsu club de La Rochelle. Il est ceinture noire 2° dan.
M. Guy FAVRE vient de MARSEILLE, et à la Toussaint de la même année, ouvre le Club de PONS. Il est ceinture bleue.
La différence de grades est importante entre les deux hommes, autant que la distance en km qui les sépare. Très tôt, en octobre 1949, Guy FAVRE demande à André DEBARD, le parrainage « de son club de village » qui chaque jour fait de nouveaux adeptes.
A l’occasion des vœux de nouvel an, il le sollicite de nouveau en janvier 1951, avec insistance. En effet, il veut ardemment que PONS, fonctionne sous la direction technique du Maître Rochelais. Il argumente : Gémozac est à 10 km, St Genis également, et l’on pourrait regrouper ces centres sur PONS en y faisant un peu de publicité…
Il se présente à André DEBARD comme n’étant qu’un petit moniteur qui met tout en œuvre pour donner au Judo à Pons, le meilleur de lui-même, alors qu’il n’a pas atteint le titre suprême de Ceinture noire ! Mais dans cette même lettre, il interroge aussi pour savoir s’il est opportun que M. DEBARD lui envoie quelques unes des affiches qui vont merveille à La Rochelle, à Rochefort et à Saintes. André DEBARD les confectionne lui-même. Ce sont de grandes affiches sur papier « canson » de couleur ocre, écrites et dessinées en noir, au pinceau (et dont nous recherchons d’ailleurs un exemplaire).
Dessin de André DEBARD : Kata Guruma (déséquilibre et placement).
"La relation amicale qu’entretenaient les deux hommes autour de leur passion commune, le Judo, les conduisaient à travailler de concert."
C’est en retrouvant des affiches des démonstrations réalisées pour promouvoir le Judo que nous avons commencé à prendre conscience de l’intense activité du Maître rochelais, André DEBARD.
Ce dernier avait commencé le Judo le 1° août 1948 au JiuJitsu Club de La Rochelle. Il habitait Rochefort et se rendait deux fois par semaine à La Rochelle, par le train, pour suivre les cours de André DEBARD.
Il progresse très vite, et dès 1949, il participe activement à l’ouverture de sections du JCR pour la création des clubs de Châtelaillon, Rochefort, Surgères, Tonnay-Charente….
En examinant quelques unes des affiches et des prospectus retrouvés dans les archives, nous sommes stupéfaits de voir qu’en plus des cours, Maître DEBARD organise la promotion du Judo à grande échelle.
Avec ses élèves, il effectue une grande quantité de démonstrations et de Gala. Cette abondance de documents qui en parlent, il nous faut la trier, l’organiser chronologiquement. La datation d’évènements n’est pas toujours facile. Très souvent l’année n’est pas indiquée. Les seules indications de la date et du mois sont insuffisantes pour préciser l’année. Il nous faut alors l’indication du jour. Beaucoup de documents en sont encore à la « datation »
Déjà, après une première recherche, apparaissent quelques unes des manifestations organisées par le Jeune Professeur de Judo Rochelais.