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Mercredi 30 août 2006 3 30 /08 /2006 08:18
Mercredi 30 août 2006

111- ROYAN - Un ancien club qui a su préserver ses racines.

Panneau récapitulatif de l'histoire de Royan.

        Alain GIRAUD, CN 5° dan,  m'a fait l'honneur de me recevoir dans sa demeure à Vaux sur mer.
        Ce grand gaillard, cache si bien sa gentillesse et sa discrétion que l'on ne remarque pas toutes les attentions et  l'amour qu'il porte à son club, le ROC de ROYAN, et au JUDO en général.
        Membre du Comité Directeur de Charente Maritime il  s'occupe particulièrement des ceintures noires du Département. Il classe et enregistre beaucoup d'éléments et des photos qui redonnent vie au passé.

        C'est plus particulièrement sur son Club du ROC que notre entretien s'est porté, et nous avons rendu visite à l'un des anciens Présidents, M. DUPUIS. Là, dans une discussion à "bâtons rompus", nous avons évoqués, les Présidents, les Professeurs, les élèves, les Stages et les visites d'Experts. Et tout celà depuis le départ en 1950 !

        André Debard et ses élèves ont apporté une aide et un soutien au démarrage de l'Association. Ils n'ont pas été oubliés. On les trouve sur la photo qui récapitule quelques uns des évènements de la vie du Club. Parmi d'autres, on peut citer : MM Pellet, Awwazu, Hernando, Boutin et bien d'autres encore.

        Alain, tu laisses à la postérité, un important travail de mémoire. Il méritait d'être souligné. Et en tout cas, ton club marque le respect dû aux anciens et tu es un des ceintures noires "gradés" de Charente Maritime dont l'humilité est exemplaire.

A suivre...
JMO


Par Jm Oudine - Publié dans : Royan
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Mardi 29 août 2006 2 29 /08 /2006 15:41
Mardi 29 août 2006

110- Stéphanie Weissenthaner

        Je ne connaissais pas Stéphanie, mais lorsque, il y a quelques jours,  j'ai reçu son courriel, j'ai été à la fois, surpris, amusé, et attendri !  Voici ce qu'elle disait :

"Bonjour,
C'est en surfant sur Google, et en faisant une recherche sur mon nom que je découvre une photo sur laquelle je peux identifier mon grand-père paternel. Avez-vous d'autres photos de son époque ? Il y a t'il un moyen pour en obtenir une copie ?
Je savais mon grand-père judoka, il m'emmenait lorsque j'étais petite à des cours, dans la ville de Bandol (83), mais j'ignorais qu'il pouvait-être à son époque, un judoka impliqué dans la création de la Fédération.
Pouvez-vous prendre contact avec moi  s'il vous plaît ?
Je vous remercie 1000 fois, mon grand-père était un homme bon, et de le voir sur cette photo me bouleverse de tendresse...
Signé Stéphanie WEISSENTHANER."

        Je suis moi-même sept fois grand-père, et tout attendri par cette Stéphanie, je me suis d'abord demandé de quelle photo il était question. Mais très vite j'ai supposé que ce devait être celle déjà publiée dans l'article 50 (André Debard à l'époque de Bonet Maury et de De Herdt). Mais la question restait entière, quel était donc sur la photo, ce grand-père qui avait la chance d'avoir laissé un aussi bon souvenir à sa petite fille !

Je me suis aussi souvenu d'avoir lu, dans le compte-rendu d'un Comité Directeur Fédéral du 27 novembre 1947, que de nombreux judokas étaient invités : MM. Bonet Maury, Strohl, Mercier, Leroux, Pimentel, Jazarin, Jarmy, Lagalaine, London, Challier, Piquemal, Levannier, Weissenthaner, Andrivet, Baudouin, De Herdt, Pelletier, Malaise, Meyer, Topin, Belaud, Martel et d'autres encore...  C'était l'époque où après avoir accordé la création de la Fédération, la Direction des Sports, avait chargé l'ancien Comité Directeur de la section Judo de la Fédération Française de lutte, de faire la transition. Et une des missions principales des pionniers était de recenser les clubs et les licences. Il fallait aussi préparer les projets de statuts et de règlement intérieur pour les présenter à la première Assemblée Générale ! C'était l'époque du départ de la Fédération !

Et Stéphanie m'a ensuite précisé :



"2ème rang (debout), à droite : Jean Weissenthaner, mon grand père"

        Dans la liste des passages de grades de ceintures noires de 1944, (annuaire de PLEE) nous retrouvons :
15-04-1944 : Debard André, domicilié à l'époque 53, rue de Seine, à Paris
01-02-1944 :  Weissenthaner, 8 rue Voltaire à Montreuil / Bois,
mais aussi 22-06-1944 Chalier, Pimentel et Lehnert.

        Alors l'hypothèse suivante s'est établie : cette photo regrouperait peut-être,  autour de M. Kawaishi, les promus ceintures noires du premier semestre 1944! Allez savoir ! Continuons à chercher. Mais que ceux qui peuvent nous aider n'hésitent pas. Cela ne m'étonnerait  pas que nous n'ayons plus qu'à placer quelques uns de ces noms sous les personnages de la photo ci-dessus. Merci Stéphanie !

A suivre...
JMO

Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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Samedi 26 août 2006 6 26 /08 /2006 15:12
Samedi 26 août 2006

109- La bibliothèque d'Alexandrie


            Quel plaisir, d'écouter les anciens au téléphone, ou de les lire. Chaque fois, ils m’expliquent tout avec conviction, et savent me faire vivre le charme d’un échange sincère et désintéressé. Grâce à leur enthousiasme, je devine l’ambiance qui régnait entre eux. Ces entretiens sont inestimables. Par exemple, comment aurais-je pu savoir qu'à Paris en 1945-46-47, nos pionniers n’hésitaient pas - entre eux - à utiliser des mots ignorés « des gens bien élevés », mais ensuite rire, et se moquer fraternellement. Et qui d’autre qu'eux, maintenant, me l’aurait raconté ?

 

Bien sûr, il faut vivre avec son temps. Mais ce n’est pas pour autant que les nouvelles générations doivent oublier  les anciennes, et ce qui a été vécu ! Je crois que beaucoup des anciens commencent à être sensible au fait que ne rien faire, ne rien dire, ne rien entendre, serait synonyme d’une pensée perdue. En l’occurrence, la-leur.

 

Ainsi, sans arrêt, la « bibliothèque d’Alexandrie » brûle ! Car chacun emporte avec lui, non pas les choses matérielles, mais des idées, des pensées, des réflexions qui, si elles n’ont pas été exprimées suffisamment tôt, vont sombrer dans l’oubli.

 
        J’adhère à aux propos des anciens, même si dans l’immédiat je ne trouve personne ou presque, avec qui en parler. C’est là le drame de l’isolement. On est entouré, respecté, mais « la rencontre », « l’étincelle » par laquelle l’échange peut se concrétiser, ne se produit pas. Même si ceux avec lesquels on converse sont des personnes intelligentes, que l’on aime et que l’on apprécie.
 

Le retrait en Province de Debard avait engendré pour lui cette perte de contact. De plus, comme il vivait retiré hors de la capitale, il accentuait cette perte de conscience de la réalité du moment présent qui passe. Comme si la capitale continuait à être le centre de l’hexagone où tout se fait et où tout est initié, seulement par un groupe et pour un groupe. Les progrès en communication remédient certes peu à peu à cet inconvénient, mais faut-il que tout le monde bénéficie ou dispose de l’outil Internet ou même du téléphone.

 

De plus, la pédagogie de la transmission est indispensable. Bien peu s’intéressent à un bout de papier jauni posé sur le coin d’une table ; surtout s’il n’est pas suffisamment explicite au premier coup d’œil !

 

C’est le problème de la communication et de la transmission. Evaluer un auditoire, sentir ce qui va le retenir et l’intéresser, pour rendre accessible un témoignage ; c’est  le problème que j’affronte pour intéresser les différentes générations de judokas à leur histoire.

                        Récemment, Hervé me disait : la Fédération, est un appareil. Et tout appareil qui fonctionne suit une ligne, une politique, arrêtée par les organes centraux et appliquée par les relais départementaux. La mobiliser, pour une recherche mémorielle en profondeur, suscite souvent la réserve, sinon la méfiance des organes départementaux. De plus bien souvent l'archivage est une activité négligée, voir ignorée de beaucoup. Quand à la Fédération actuelle, quelle plus value obtiendrait-elle en termes d'adhésions ou de performance dans cette recherche ? 

Ce que nous dit Hervé n'est que trop vrai. Mais je crois en notre démarche. Et je souhaite de tout coeur que les lecteurs de ce blog soient vigilants. Qu'ils contribuent, chaque fois qu'ils le peuvent , à notre recherche, à notre devoir collectif de la sauvegarde de l'Histoire du Judo.

A suivre...
JMO

Par Jm Oudine - Publié dans : Evolution
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Vendredi 25 août 2006 5 25 /08 /2006 06:03
Vendredi 25 août 2006

108- Le séjour à Londres et l'esprit Judo britannique (4)

        Pour cette rencontre Franco Anglaise de décembre 1947, l'équipe française a reçu de la part des Anglais une hospitalité remarquable. Des réservations avaient été faites au Kensington Palace Hôtel, l'un des meilleurs hôtels de Londres.

        Le bulletin Fédéral de l'époque nous dit :
" M. Koizumi nous a invité chez lui à prendre le thé, et nous a fait une causerie du plus haut intérêt sur l'esprit Judo. Son affabilité, sa gentillesse, sa serviabilité sont dignes des meilleurs temps de la chevalerie.
Les autres personnalités anglaises qui nous ont accueilli ont été le reflet fidèle de M. Koizumi, et s'il nous est impossible de signaler toutes les attentions dont nous avons été l'objet, nous tenons à remercier particulièrement M. Bell, ceinture bleue, Secrétaire de la Fédération Anglaise de Judo; M. Domeny, ceinture marron, Trésorier; M. Barnes, 2° dan, Président du Budokwai; M. Kauert, 2° dan; M. Sekine, 2° dan, gendre de M. Koizumi, etc. etc..., qui se sont ingéniés à nous rendre service."

        En dehors de la rencontre, les Anglais et les Français, ont eu l'occasion de comparer à plusieurs reprises leurs méthodes réciproques. M. Koizumi a fait notamment une démonstration d'une faible partie de ses connaissances, dans un style admirable, avec M. Bonet Maury et De Herdt.

Parmi les éléments relevés, les plus surprenants, on peut noter : "Tous les examens de grade se font à la suite d'un combat où seul le style compte : c'est ainsi qu'il arrive fréquemment que le vainqueur soit "recalé" et le vaincu "admis". Il n'y a pas comme en France, de programme défini de prises à connaître pour le passage de chaque ceinture."

A suivre
JMO
Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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Jeudi 24 août 2006 4 24 /08 /2006 06:19
Jeudi 24 août 2006

107- Détails sur la rencontre Franco Anglaise du 2 décembre 1947, à Londres (3)

        Dans l'article précédent, nous avions vu qu'une partie de la délégation française était arrivée "in extremis", un quart d'heure à peine avant le début de la rencontre, dans des conditions difficiles. Cela a pu avoir une incidence sur les résultats mais nous le verrons plus loin, il y a eu aussi d'autres facteurs.

        En effet, la rencontre s'est soldée par la victoire britannique avec 6 points à 3, marqués de la façon suivante :
Mosson (Angleterre) bat De Herdt (France) par 2 à 0
Delpiano (Angleterre) bat Laglaine (France) par 1 à 0
Sekine (Angleterre) bat Pelletier (France) par 2 à 0
Levannier (France) bat Chew (Angleterre) par 2 à 0
Vallée (France) match nul avec Kauert (Angleterre)  1 à 1

        La rencontre fut arbitrée par M. Koizumi, avec, comme juges MM. Harrison (3° dan) et Bonet Maury (2° dan). Chaque combattant rencontrait un seul adversaire de l'équipe adverse, les combats étaient de 5 minutes / 2 points. Les combats au sol étaient en principe évités, bien que M. Koizumi ait semblé faire une exception pour le combat Delpiano-Laglaine.

        Le document de la Fédération précise aussi :
* Levannier a réussit2 points dans un style étonnamment souple contre un 2° dan.
* Vallée eut le mérite de faire match nul avec un adversaire particulièrement coriace.
* Laglaine souffrait de névralgie et d'insomnie depuis trois jours, et un coup au foie reçu en début de combat augmenta son handicap.
Il est aussi noté la parfaite loyauté et la grande souplesse des co-équipiers britanniques.

        Et Jean Beaujean, au téléphone, a ajouté :
" De Herdt était un type formidable du point de vue Judo. Et là-bas, il s'est fait balancer par un gars qui était un anglais. Et cet anglais avait souffert dans sa jeunesse d'une poliomyélite ou d'une ..... enfin sa jambe gauche était beaucoup plus forte que sa jambe droite... Mais alors, il faisait un harai goshi à gauche sensationnel. Et il a balancé deux fois de suite De Herdt, et des vrais points, pas des demi-points ! Je vous dis cela, c'est une histoire ! ..."

Jean Beaujean, accepte toujours de donner des détails et des explications sur cette période des débuts du Judo. Il parle avec enthousiasme et a une mémoire précise. Sa vitalité est surprenante. Je le remercie de sa bienveillance et de sa patience. Car assez souvent nos "bavardages"  peuvent durer une bonne heure.

A suivre...
JMO



Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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