Judo - Debard André

Samedi 4 mars 2006 6 04 /03 /Mars /2006 19:55
Samedi 4 mars 2006

55- De la coïncidence d'une rencontre fortuite et d'une ancienne dédicace...


        Encore un de ces vieux livres qui parfois sortent des armoires et viennent au devant de nous, sans que nous les ayons recherchés. Encore aussi une rencontre imprévisible qui nous fait avancer sur la piste de la vie d’André DEBARD.

        Mercredi dernier, Frank m’attendait, près de la place du Marché de La Rochelle pour que nous fassions le point sur nos recherches. J’avais un peu de retard, car le parking des voitures est parfois difficile à La Rochelle. Et les jours de marché particulièrement, il faut aller très loin du Centre pour pouvoir se garer.
 

Frank DEBARD et Jacques VIGNAUD      

        Toujours est-il que j’avais du retard. Lorsque je suis arrivé, Frank était en conversation avec M.Jacques  VIGNAUD. Ce dernier m’a été présenté comme quelqu’un qui connaissait bien Jean BEAUJEAN.

        Et Frank d’ajouter que sur un des bouquins de Judo de la collection de son père, il avait lu une dédicace signée Jean BEAUJEAN.

 

        De mon côté je me souvenais bien de la lecture du livre de Claude THIBAULT (Un million de judokas) dans lequel j’avais lu qu’en 1943, Jean BEAUJEAN s’était retrouvé en finale, contre Jean DE HERDT, à l’occasion du premier Championnat de France. Et j’avais alors été surpris de la différence de taille et de poids qui séparaient les deux combattants : Jean BEAUJEAN (1,65m et 59 kg), Jean de HERDT (1,90m pour 80 kg).

        De plus, dans ce livre, « Un million de Judokas », il était précisé qu’à son départ pour le Japon, Me KAWAISHI avait confié la direction de la Fédération à Jean DE HERDT et Jean BEAUJEAN. Enfin qu’en 1950, Jean BEAUJEAN était revenu d'un séjour au Japon, avec une vision modifiée de la méthode de judo enseignée par Me KAWAISHI.

        Oui, Jean BEAUJEAN faisait bien parti du patrimoine du Judo français.

 
        Le lendemain, Frank est arrivé joyeux et m'annonçait : " J’ai retrouvé le livre de M. BEAUJEAN, et je lui ai téléphoné à Paris. C’était un copain de mon père !" " Ecoute bien cette histoire : "Alors qu’ils étaient au Dojo rue Sommerard, à Paris, ils avaient envoyé un pétard dans une cave par un soupirail, et il y avait eu une alerte à la bombe… ", (André DEBARD avait commencé le Judo à 15 ans) ; et Frank m’a présenté un livre assez volumineux relié et recouvert d’un cuir jaune clair.
 

        Sur le livre, tiré en 850 exemplaires sur « BOUFFANT DES PAPETERIES JEANTET NUMEROTES DE 401 à 1250 » est mentionné le numéro 909. Quand au titre, il s’agit de « JIU-JITSU partie JUDO d’après la méthode KAWAISHI SHI HAN », Textes et illustrations de Jean BEAUJEAN.

Sur la première page, on peut lire :  
« A mon ami, Debard André, en souvenir de nos amicaux combats de judo, et en témoignage de mon admiration pour sa valeur en Judo.
Signé : Jean Beaujean
Le 9 mai 1947, au Jiu Jitsu Club de France. »
 


A suivre…
JMO

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Dimanche 26 février 2006 7 26 /02 /Fév /2006 16:44
Dimanche 26 février 2006

51- Le point sur ANGOULEME, en 1950, avec un livre de A. H. PLEE

        Il est de ces vieux livres que l'on ne trouve plus dans le commerce, et qui sont cachés chez des particuliers. Lorsque vous avez la chance d'en rencontrer un et l' ouvrir, il vous révèle alors les trésors du passé. Véritable clé sur notre histoire du Judo il éclaire davantage nos connaissances, facilite notre compréhension, confirme ou anéantit nos hypothèses.



        Aujourd'hui c'est l'ouvrage privé de  M. PLEE, "Judo  International", imprimé le 15 novembre 1950, publié sous le patronage de la Fédération Française de Judo qui vient compléter nos articles 24 et 25. Nous avions fait le point sur les années 1945 puis  1948.

        Dans ce livre, véritable bible, à la page des clubs de Judo, et pour la ville d'Angoulême, deux salles  sont mentionnées pour 1950 : LE JUDO CLUB D'ANGOULEME et LE JUDO CLUB POLICE ANGOUMOISINE.

Judo Club d'Angoulême en 1950

        Le JUDO CLUB D'ANGOULEME peut-être considéré comme le premier Club du Sud Ouest. Il fut créé par M. NOCQUET en 1945. Situé 2 rue Raymond POINCARE (près du Champ de Mars, au dessus de l'Agence Havas) son tapis mesure 4 m sur 8 m soit 32 m².
A son départ d'Angoulême, Maître NOCQUET (qui part pour BORDEAUX), laisse la direction à l'un de ses premiers élèves M. MARX. Et en 1950 le Président TANGUY est assisté de deux Vice-présidents M. BOUXET et OZARY.
Les cours avaient lieu le mardi et le vendredi à 20h30 - le jeudi à 16h30 - le samedi à 17h - et le dimanche à 10h30.

Le Judo Club Police Angoumoisine (1950)

        Le JUDO CLUB POLICE ANGOUMOISE, est une section de l'AS Police et fut créé en 1947 par M. Georges  FARGE, moniteur de Police,  en septembre 1947 (ceinture orange).
Situé 10 rue du rempart de l'EST (centre ville), il a pour Directeur Technique en 1950,  M. VALLADON 1° dan de POITIERS. Quant à son tapis il mesure 5m sur 5m...

        Nous retrouvons donc sur Angoulême, Maître NOCQUET (2°dan), M. VALLADON (1° dan) et M. FARGE (c.orange).

        Dans la liste des clubs du Sud Ouest en 1950, on trouve ANGOULEME (2 clubs) - BAYONNE - BIARRITZ - BORDEAUX (3 clubs) - CHATELAILLON - CHATELLERAULT - DAX - LA ROCHELLE - MONT DE MARSAN - MONTLUCON - NIORT - PAU - POITIERS - ROCHEFORT. Soit 13 clubs recensés. On n'y parle pas de PONS, de ST MAIXENT. La vague montante dont nous parlions et sur laquelle nos Professeurs allaient surfer était bien réelle. Pour mémoire, nous avions compté huit clubs  en 1948.

A suivre...
JMO
Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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Samedi 25 février 2006 6 25 /02 /Fév /2006 11:22
Samedi 25 février 2006

50- André DEBARD à l'époque de BONET-MAURY et de HERDT


        Dans la préface de « JUDO et JIU-JITSU », de MM Paul Bonet-Maury et Jean de Herdt, (ouvrage publié aux éditions VIGOT FRERES, en 1948), M. KAWAISHI rend hommage aux deux judokas auteurs.

Livre actuellement introuvable dans le commerce

        En effet, Paul Bonet Maury, suit au plus haut niveau l’évolution de  la future Fédération Française de Judo.

  1. En 1941 il est le Président de la section Judo au sein de la Fédération Française de lutte.
  2. En 1944, il devient Président de la Fédération Française de lutte.
  3. En 1946 il est le Président de la FFJJ. 

     En grande partie grâce à lui, à M. Kawaishi, et à l'équipe qu'il a su conduire, le Judo en 1946 a pris son autonomie et il est reconnu comme sport de combat officiel, par le Commissariat Général aux Sports français.

         Quant au 2° auteur, Jean de Herdt - premier Champion de France en1943, puis en 1944 – il est le Judoka français N° 1. Il acquiert une notoriété de plus en plus importante. Ainsi, il est chargé avec M. Pelletier et Lamotte de mettre sur pied l’instruction du Judo, qui doit figurer au programme de la Formation Prémilitaire ; il est également Directeur Technique de la Fédération avec M. Beaujean.

       Ce livre nous donne donc un aperçu de ce qu’était le Judo français à ses débuts en France.

        Aujourd’hui, nous retiendrons particulièrement la notion de grade, et examinerons la liste des gradés. Nous situerons mieux André DEBARD parmi les premiers pratiquants du Judo français.

        Dans les années 40, la passation des grades est très structurée. La ceinture marron nécessite deux à trois ans de travail. Cette ceinture marron constitue vraiment un grade élevé.

        Quand au passage de la ceinture noire, il est difficile.

  1.         Un combat contre cinq adversaires, sans repos, qu’il faut battre en moins de cinq minutes, c' est une épreuve redoutable. D’autant qu’à cette époque, il n’est nullement tenu compte des catégories de poids.
  2.         Une épreuve de Kata et une épreuve technique complètent l’examen.

        La ceinture noire comporte une valeur non seulement physique et technique mais aussi morale. En effet, il faut justifier d’un caractère et d’un passé qui rendent digne de cette distinction.

Au centre, en haut M. Kawaishi, en bas André Debard

     
        Et en 1946, lorsque Maître DEBARD est déjà ceinture noire 1° dan (depuis deux ans), la liste des deuxièmes « dan » ne comporte qu’une dizaine de récipiendaires : De Herdt, Bonet Maury, Sauvenière, Beaujean, Piquemal, Malaisé, Andrivet, Laglaine, Pelletier, Lamotte, Topin.

        Quant aux « 1° dan », ils ne sont qu’un peu plus d’une trentaine : Feldenkrais, Loufti, Verain, Lenormand, Mercier, Gerbaud, Giraud, Portier, Leroux, London, Guillaume, Weissenthaner, Bourdiaux, Lefebvre, Pimentel, Debard, Chalier, Lehnert, Gremmer, Frimat, Meyer, Delesque, Sardina, Vallée, Rossignol, Le Trocquer, Chancerel, Martel, Bouvard, Dr Strohl, Levannier, Fouquet, Paisant du Clos.

 DIVERS

         Une question se pose toujours au sujet de la photo du groupe (plus haut).
 En dehors de Me Kawaishi, et de André Debard, qui sont ces autres judokas ? (je n’avais que deux ans à cette époque), il m’est difficile, de reconnaître les judokas qui ne m'ont pas été présentés.  Et je n'ai pas les adresses de personnes que j'ai connues il y a quelques années et qui auraient pu me renseigner  (M. AWAZU,  M. COUZINIE,  M. COURTINE...) quelqu'un peut-il m'aider ?

        C’est aussi avec curiosité que j’ai examiné cette affichette des cours au Jiu-Jitsu Club de France, 10 bis rue Sommerard, à Paris, ODE : 62 12., retrouvée dans les archives de M. DEBARD.

 

A suivre…
JMO

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Mercredi 22 février 2006 3 22 /02 /Fév /2006 08:11
Mercredi 22 février 2006

47 - Arrivée d'Ishiro ABE en France et rencontre avec André DEBARD.


ARRIVEE D’ISHIRO ABE EN FRANCE.

  
     "Le 28 novembre 1951, l’un des grands courriers qui assurait la liaison avec l’Extrême Orient accostait à Marseille.

     ISHIRO ABE, se tenait dans sa cabine des premières classes de la « Marseillaise », le navire sur lequel il avait voyagé. Il était sept heures, et dans l’air frais du matin, quelques mouettes dessinaient des arabesques dans un de ces ciels clairs du soleil levant.

    Un steward conduisait M. LASSERRE vers la cabine de M. ABE.

    M. LASSERRE était chargé d’accueillir l’envoyé du Kodokan à Marseille et de l’accompagner à l’Institut du Kodokan à Toulouse."

 

        La note de courtoisie de cette rencontre a du être extrême. Le sourire d’ISHIRO ABE, son aspect de gentleman habillé sobrement et une allure qui respirait la netteté, ont certainement séduit d’emblée M. LASSERRE.
        De toute évidence, ce dernier avait été déjà impressionné par le palmarès de cet homme de 29 ans qui venait étudier dans nos universités : 1,70 m, 69 kg, il était 1° dan à 15 ans (en 1937), 2° dan à 16 ans, 3° dan à 18 ans, 4° dan à 20 ans, 5° dan à 25 ans, 6° dan à 28 ans.

        Quant au Maître et aux professeurs d’Ishiro ABE, ils fournissaient de sérieuses références aux Français : M. NAGAOKA 10° dan, HASHIMOTO 9° dan, OTAKI 7° dan, MATSUMOTO 7° dan.

        Plusieurs fois finaliste du Championnat du japon, M. ABE était très populaire au Kodokan. Et bien que 6° dan, sa simplicité ne lui faisait porter qu’une simple ceinture noire.

        Lors de cette première rencontre, le moment d’embarras de M. LASSERRE a été certainement de courte durée, car après avoir formulé les quelques phrases en Japonais, qu’il avait apprises par cœur , et dont il avait pu se souvenir, la conversation s’est poursuivie en anglais. M. ABE comprenait le Français et parlait l’anglais.

 
VISITE D’ANDRE DEBARD AU SHUDOKAN.
 

        Si l’arrivée de M. ABE se situe en novembre 1951,  c’est probablement dans les mois qui ont suivi qu’André DEBARD s’est rendu à Toulouse. Certainement après le premier Championnat d’Europe de décembre 1951. Donc vraisemblablement en 1952.

        Et à la liste des visiteurs prestigieux au SUDOKAN - M KURIHARA (9° dan), KAWAISHI (7° dan), AWAZU (6° dan) - s’ajoutaient celles de M. et Mme LEVANNIER, BELAUD, CHAMUZEAU et DEBARD.

 

        Un peu plus tard, pendant plus d’un mois et demi, André DEBARD est resté travailler à TOULOUSE, avec Ishiro ABE. A à son retour, il annonçait à M. LECHEVREL - un de ses bons élèves qui l’avait remplacé pour les cours à La Rochelle - : « LECHEVREL, il faut tout oublier de ce que je vous ai appris, et il faut que vous alliez à Toulouse.».

 

M. DEBARD avait un nouveau Maître, Ishiro ABE.

 
Maître Ishiro ABE est venu plusieurs fois à La Rochelle. Il pose ici pour la photo, avecMme et M. DEBARD (à gauche) et BOUCHET, AUBRY et BESSELIEVRE (à droite)

A suivre...
JMO

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Dimanche 19 février 2006 7 19 /02 /Fév /2006 09:42
Dimanche 19 février 2006

45- Un tout petit article de presse de 1949 qui en dit long...

        Ce matin, c’est un tout petit article d'à peine  5 cm sur 10 cm qui est sur mon bureau. Pas de dates, pas d’indications sur le Journal éditeur, pas de nom de rédacteur. Seulement un titre « Jiu-Jitsu ».

Et pourtant en lisant les lignes nous nous trouvons tout de suite transportés dans le temps, quelques années après la guerre, probablement en 1949.

En voici le texte :

« Nous avons annoncé, dans un précédent article, l’arrivée imminente en France du Maître Minosuke Kawaishi Shi Han, délégué officiel du Japon pour l’enseignement du Judo et du Jiu-Jitsu en Europe.

Après une brillante démonstration à Marseille, le Maître a réuni à Paris le Collège des Ceintures Noires de France. Séance qui devait d’après les invitations, revêtir un caractère exceptionnel et solennel ».

André DEBARD, directeur technique du Judo Rochelais, deuxième Dan (deuxième échelon dans la ceinture noire) a assisté à cette séance, pleine d’intérêt.

Nous espérons que nos compatriotes de La Rochelle brilleront en bonne place, grâce à l’enseignement donné par un deuxième Dan, chose exceptionnelle en Province.

Nous terminerons en souhaitant au Maître Kawaishi bienvenue et succès »

 
Commentaires.

        Dans la plupart des Ecoles des Cadres du Judo en France, on enseigne que M. Kawaishi était arrivé en 1935 en France, et qu’en raison de la guerre, il était reparti au Japon en 1944. Après la guerre, en 1949, il était revenu prendre la Direction du Judo Français, à la demande de M. BONET-MAURY.

Bien des évènements s’étaient passés en son absence. Tout d’abord,

  • Le premier championnat de France de Judo Juniors avait  été organisé,
  • L’Association des Professeurs de Judo et Jiu-Jitsu avait été créée,
  • Le Judo s’était séparé de la lutte et la Fédération Française de Judo était bien réelle,
  • Le premier championnat de France militaire avait été réalisé,
  • Les ceintures noires Françaises s’étaient regroupées en Association : le Collège des Ceintures noires françaises (dont le Président était M. ANDRIVET).
  • Une première rencontre internationale avait eu lieu contre l’Angleterre (la France avait été battue par 3 victoires à 1)

        Si à son départ, Me KAWAISHI avait fait promettre à la quarantaine de Ceintures noires de rester unis et de s’entraîner en commun le plus souvent possible, il était important, après cinq années d'absence, qu’il reprenne son ascendant sur le Judo français et établisse avec ses anciens élèves une stratégie de développement. C’est certainement pour cette raison qu’il organise cette première réunion du Collège des Ceintures Noires de France, à Paris.

 

        André DEBARD, un de ses élèves,  s’était rendu dans la capitale, retrouver son Maître et lui annoncer le chemin fait en son absence. Son installation à La Rochelle, l’ouverture du Jiu-Jitsu Club de La Rochelle et celle réalisée, ou en voie de l’être, des clubs de Châtelaillon, Rochefort, Saintes… Egalement l’activité avec M. NOCQUET et en particulier les démonstrations et Galas (La Rochelle, Dax, Bordeaux…).

        Pour les perspectives, c’est certainement là que se sont établies pour le Sud Ouest  les projets : celui  du Stage de BIARRITZ, et celles des visites de M. KAWAISHI en province…

         Si anodin que paraisse cet article, il n’en était pas moins très  important. Il  nous permet de raviver les souvenirs, et de placer l’histoire du Judo Rochelais dans son contexte national et régional..
 
Ushiro Gesa Gatame (dessin de André Debard)
A suivre…
JMO.
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Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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