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Mardi 7 novembre 2006 2 07 /11 /2006 12:19

Jeudi 9 novembre 2006

12 – AVANT ET PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE. -12-

Etude de Hervé LEMARECHAL

         Dans les années qui précèdent la Seconde Guerre Mondiale, on rencontre ça et là quelques femmes qui s’adonnent à la pratique du judo, mais vraiment très peu. En France, par exemple, quelques jeunes femmes sont recensées dans le 1er club de judo français, le Jiu-jitsu club de France, créé par KAWAISHI, lui-même issu du Budokwai. Il s’agissait semble-t-il d’étudiantes proches du savant atomiste F JOLIOT-CURIE. Un reportage pour les actualités cinématographiques fut d’ailleurs effectué à l’occasion de la visite de l’Ambassadeur du Japon SHIGIMURA. En Allemagne et en Italie, alors dictatures fascistes, il n’était pas question d’encourager la pratique féminine du judo, les femmes étant alors vouées à la maternité : les dictatures ont toujours mené des politiques natalistes volontaristes. Pourtant, selon certaines sources, on trouve la trace d’une trentaine de femmes judokas allemandes. En outre, en Autriche, une certaine Gerda FROST semble avoir été autorisée à enseigner le judo dans l’entre-deux guerres.

Entraînement des soeurs du PLAT à l'Anglo Japanese Judo Club Strathmore Gardens, Londres, 1936


Entraînement de Judo quelque part en Allemagne sous l'ère nazie

        C’est en Grande-Bretagne et aux USA que le plus grand nombre de femmes judoka sera observé. A Londres, selon Joseph SVINTH, une poignée de femmes, dont Dame Enid RUSSEL-SMITH, pratiquent le judo au Budokwaï. Cette dernière se verra attribuer la ceinture noire avant la guerre. Dans certaines grandes métropoles des USA, le judo féminin paraît beaucoup plus répandu. Dans tous les cas, il s’agit de femmes adultes, jamais d’enfants. Les cours sont le plus souvent strictement féminins. Les élèves portent (enfin !) le judogi comme les hommes. Mais quoi qu’il en soit, le judo féminin reste une curiosité. L’accent est mis sur la beauté des mouvements, leur esthétique, la pratique des katas. Il ne faut pas opposer de résistance lors d’une projection. Le judo ne doit en effet pas blesser les pratiquantes. Le judo féminin s’apparente plutôt à un ballet qu’à un sport de combat.

        Durant la Seconde Guerre Mondiale, la pratique du judo féminin va s’intensifier pour d’évidentes raisons militaires. Aux USA, en particulier, les personnels féminins engagés (WACs, WAVES), reçoivent souvent une initiation au judo destinée à améliorer leur condition physique et à les endurcir. En France, sous le régime fasciste de Vichy, des auxiliaires féminins de police reçoivent une formation à la self-défense inspirée du judo.

Hervé LE MARECHAL
à suivre....

 
Par Jm Oudine - Publié dans : Judo féminin
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Samedi 4 novembre 2006 6 04 /11 /2006 17:17
Samedi 4 novembre 2006

120- Discrimination sexuelle dans le Judo (depuis le début jusqu'en 1960) - 11 -

Etude de Hervé LEMARECHAL

11 – L’APPARITION DU JUDO FEMININ EN OCCIDENT

Il n’était pas évident que des femmes s’adonnent à un sport de combat, genre d’activité plutôt réservée aux hommes. A la fin du XIXème siècle, le jujitsu connut un véritable engouement en Occident, en particulier dans certains pays anglo-saxons. Les premiers clubs de jujitsu s’ouvrent à Londres (le fameux Budokwaï) et aux USA, en raison des relations entretenues par ces deux pays avec le Japon. Le succès rapide du jujitsu paraît s’expliquer par les récits de journalistes à l’occasion de la récente guerre russo-japonaise (1904-1905) où des soldats japonais n’hésitaient pas à affronter victorieusement au corps à corps leurs adversaires russes. La perspective de vaincre un adversaire à l’aide de techniques secrètes à l’efficacité foudroyante ne peut que séduire les messieurs de la bonne société londonienne et américaine en mal de divertissement. On trouve le même engouement en France pour le jujitsu, essentiellement pour des raisons militaires, semble-t-il.

Mais, si à Paris, le jujitsu reste une activité uniquement masculine, il n’en va pas de même de l’autre côté de la Manche. La société anglo-saxonne, plus tolérante aux comportements individuels que la société latine, s’est accommodée sans difficulté de la pratique de sports de combat par des femmes. Deux catégories de femmes s’adonnent alors au jujitsu :

-          des femmes de la bonne société (upper class) pour qui le jujitsu est un divertissement, un moyen de se singulariser, de faire parler de soi, une activité à laquelle on peut s’adonner par snobisme, un passe-temps ;

-          des femmes de condition beaucoup plus modeste mues par des mobiles politiques. Il s’agit plus particulièrement des premières suffragettes londoniennes, dont les meetings étaient régulièrement perturbés par la police. Certaines d’entre elles n’hésitèrent pas à mettre sur pied un véritable commando féminin chargé de défendre physiquement leurs militantes, grâce aux leçons de jujitsu données par Mme GARRUD, probablement la toute première professeur de jujitsu en Occident. Les policiers londoniens redoutaient d’avoir à les affronter.


Judo mixte au Budokwaï

Mais les contraintes sociales pèsent encore lourd : les femmes pratiquent le jujitsu en tenue de ville allégée. Pas question pour elles de revêtir le judogi.

Le tout premier livre de self défense féminine en français (1906)

Il semble que le jujitsu, discipline particulièrement exigeante, soit assez rapidement tombé en désuétude en Occident. La mode était passée. Lentement mais sûrement, le judo, apparu à la fin du 19ème siècle, allait le supplanter définitivement.


Hervé LEMARECHAL
A suivre...

Par Jm Oudine - Publié dans : Judo féminin
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Vendredi 3 novembre 2006 5 03 /11 /2006 20:11
Vendredi 3 novembre 2006

119- A la recherche du temps passé

Dans l'article 110, nous avions évoqué la première séance de judo de Jean Beaujean à Paris.

Ce devait être en 1935, Jean Beaujean avait 17 ans. Ce jour là, dans le Dojo de la rue Thénard au 8° étage, Ernest Weissenthaner, qui n'avait que deux ou trois mois de pratique, avait montré à Jean  le mouvement " O soto gari".

Depuis, beaucoup de temps s'est écoulé. Ernest est mort à Bandol, probablement d'une crise cardiaque, après un entraînement. Et Jean Beaujean va  vers ses 89 ans.

Mais depuis la rédaction de cet article 117, trois jeunes femmes sont à la recherche de Jean Beaujean !

Les deux premières ont un rapport direct avec Ernest. Ce sont ses petites filles. Elles cherchent desespérement les souvenirs de leur Grand-père.  Il y a quelques temps, nous avions dévoilé le message de Stéphanie, sa petite fille. Mais à l'instant où j'apprends que Jean Beaujean est au Canada, c'est une deuxième petite fille qui vit au Quebec, en Gaspésie qui m'adresse ce courriel :

" Bonjour,
A mon tour je suis touchée par l'étendue d'Internet, je suis la soeur de Stéphanie, je vis loin de la France au Québec en Gaspésie. C'est par une soirée tranquille que j'ai décidé de faire des recherches et que une seconde plus tard je me retrouve à lire un message de ma soeur! Un très beau message pour retrouver notre grand-père. Moi aussi j'ai été bouleversée de le voir en photo d'autant qu'il est mort jeune à Bandol lors d'une séance de judo, je m'en souviens encore j'étais là... Si vous possédez d'autres photos s'il vous plait envoyez les moi par Internet car se connecter à ses racines est ce qu'il y a de plus beau.

Je vous en remercie et je vous encourage à venir visiter la Gaspésie, bout du monde du Québec mais au combien magnifique!

Laetitia Weissenthaner.
Gaspé- Québec- Canada."

Quand à la troisième femme, Emmanuelle Ollier, c'est une jeune thésarde, pratiquant le judo et ceinture noire depuis trois ans. Elle s'intéresse à l'artiste judoka qu' a été Yves Klein. Or Yves Kein fréquentait les salles de judo et le quartier latin. De plus, Jean Beaujean était le professeur de Yves Klein.

Jean Beaujean revient à Paris dans la première quinzaine de novembre, et coïncidence Ollier Emmanuelle habite à Paris, dans la même rue, à quelque pas de celui qu'elle cherche depuis bientôt deux ans !

Beaucoup d'intentions, beaucoup de coïncidences presque troublantes, mais ces personnes se rencontreront elles ? et si oui, quels souvenirs en renaîtront ?

A suivre...
JMO


Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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Vendredi 3 novembre 2006 5 03 /11 /2006 17:08
Vendredi 3 novembre 2006

118- Discrimination sexuelle dans le judo (depuis le début jusqu'en 1960) - 01 -

Etude de Hervé Lemaréchal

Le processus d’émancipation de la Femme est, au moins en Occident, arrivé à son terme. Ce processus revêt plusieurs aspects :

-          égalité des droits politiques ;

-          accès au marché du travail ;

-          exercice de mandats électoraux ;

-          libre disposition de son corps : fécondité, sexualité, choix des vêtements, pratique sportive.

Jusqu’aux années 50, le rôle social de la Femme consistait essentiellement à tenir son intérieur, engendrer sa progéniture, et élever enfants. C’est ce que les Allemands appelaient « le trois K » (« Kinder, Küche, Kirche »). La Femme était avant tout une Mère. La seule forme de contraception admise était la contraception naturelle. Il n’était donc pas question pour la Femme de montrer son corps, de se dévêtir : le corps de le Femme était protégé des désirs masculins par les règles de la pudeur et de la morale.

La conquête progressive de la maîtrise de son corps sera pour la Femme un des aspects de son émancipation de la Femme. Le sport pouvait compromettre la santé et les fonctions reproductrices. Une femme sportive pouvait engendrer des enfants anormaux, voire ne plus engendrer du tout. Il ne faut donc pas s’étonner que la pratique sportive était réservée exclusivement aux hommes, toute activité de ce genre étant considérée indécente voire immorale, voire dangereuse pour une femme.

Pourtant, avec le tournant décisif du XXème Siècle, le sport féminin va très progressivement faire son apparition. Lentement mais sûrement, on voit des femmes monter à vélo, faire du tennis, pratiquer la natation. Ces femmes, au début très peu nombreuses, sont tenues dans leur pratique sportive observer des codes sociaux stricts : discrétion, pudeur vestimentaire, leurs vêtements ne doivent pas dévoiler la moindre partie de leur anatomie. Il s’agit de femmes appartenant à des milieux aisés, disposant de temps libre, ne connaissant apparemment pas de problèmes financiers, et peu soucieuses de se conformer aux codes sociaux.


Hervé Lemaréchal.

A suivre...

Par Jm Oudine - Publié dans : Judo féminin
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Mardi 31 octobre 2006 2 31 /10 /2006 12:18
Mardi 31 octobre 2006

117- La plaquette de la Charente



            C'est à la mi-septembre que Michel Raynaud, un des tout premier judokas de la Charente, nous a adressé  la belle plaquette intitulée : "Le Judo en Charente". 

        Michel Raynaud est un ancien du Judo Club d'Angoulême, membre fondateur du cercle de Judo d'Angoulême, judoka du club de Cognac. Il a revêtu le kimono en 1946, et a connu toute l'évolution du Judo dans son département.

         Il a été reconnu en 1962, comme un des premiers Professeurs diplômés d'Etat de Judo et Jiu-jitsu,  en même temps que Georges Farges et Alcide Gibeaud.

       Il cherche à susciter l'intérêt des plus anciens pour poursuivre sa collecte d'informations et de documents.


       La plaquette, très joliment présentée, évoque en première page Maître Kano,

        Puis en deuxième page, les origines du judo en général. On y parle des pionniers charentais, de leur enthousiasme, du  peu de moyens dont ils disposaient.

         Quelques données chiffrées  montrent tout le chemin parcouru en 60 ans, car c'est en 1945 qu' André Nocquet créait le premier club de Judo en Charente : le judo club d'Angoulême.


de gauche à droite, Michel Castaings, Gérard Chantecaille, Michel Raynaud

 
Cette plaquette est l'oeuvre d'une équipe très sympathique dans laquelle on 
trouve Michel Raynaud, mais aussi Michel Castaings et Gérard Chantecaille, les trois mousquetaires de la Charente, partis à la recherche du temps passé .

    Et ils nous lancent un appel. Ils ont besoin d'anecdotes, de récits sur des évènements marquants, d'histoires (grandes ou petites) du Département de Charente. Leur objectif est de créer à partir des racines du judo des liens entre les générations, et que l'histoire du Judo Charentais ne soit pas oubliée.

    Si vous voulez cette plaquette, ou bien marquer aux auteurs une reconnaissance pour ce travail de mémoire, ou encore contribuer à leur travail par vos témoignages,  prenez contact avec eux :


Michel Raynaud

MICHEL RAYNAUD 05 45 83 72 12

MICHEL CASTAINGS 05 46 92 32 96
GERARD CHANTECAILLE 05 45 92 38 08

A suivre...
JMO


 
Par Jm Oudine - Publié dans : Charente
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