Judo - Debard André

Lundi 26 juin 2006 1 26 /06 /Juin /2006 07:18
Lundi 26  juin 2006

87- 1956 - Maître Sato à La Rochelle

1956- Maître Sato à La Rochelle, accompagné de Mesdames Sato et Debard

        La Rochelle a été un des hauts lieux du Judo régional.
        André Debard avait su faire partager la passion  du Judo, et il invitait  de nombreux experts, pour que ses élèves et lui continuent à progresser. Dans sa grande simplicité, il savait se mettre à leur côté pour écouter et apprendre encore. Tout le département profitait des nombreux experts qui venaient à La Rochelle, car c'était l'occasion de passer avec eux de salle en salle, du Nord au Sud du département. En 1956, Maître Sato, envoyé spécial du Kodokan, avait dirigé un stage à La Rochelle, puis à Royan, mais aussi à Pons...

1956- Stage à La Rochelle avec Maître Sato.

Pour ce stage de La Rochelle, l'interview  faite auprès de Claude Bouchet en Janvier 2006, et rapportée dans l'article N° 26 de notre site, nous fait comprendre la "magie" du judo. Une magie qui se situe dans l'acte. L'esprit  cherche toujours à expliquer le pourquoi. Mais ce qui est terrible, c'est que  lorsque l'on commence à comprendre le "pourquoi d'une efficacité" on commence aussi à perdre cette "magie du savoir faire" qui est plus proche de la sensation et de l'intuition que de l'explication.  Rappelons les propos de Claude Bouchet :  «  Sato, ça devait être en 56, car j’ai passé la noire en 56, et c’est  Sato qui me l’a faite passer. Il était terrible, tu ne le sentais pas. Il te tenait légèrement, et puis hop, un petit appel du poignet, et tchac ! tu te retrouvais par terre. Alors bon, tu te relevais, tu te disais que tu allais faire attention et tchac ! ça recommençait. Et tu retournais sur le bord du tapis après l’avoir salué, ne comprenant pas comment il pouvait être aussi rapide.

        Et puis il y avait Vedeau qui était à la salle, moi je venais de passer 1° dan, mais lui était noire 2° dan, il était à moitié chauve et donnait des cours à Saintes. Il faisait aussi de la lutte...  Donc Vedeau va inviter Maître Sato, et tchac ! Ko Soto Gake et voilà Vedeau par terre, tout 2° dan qu’il était ! J’ai alors compris que Maître Sato était extraordinairement fort. Sa vitesse était stupéfiante. "
       

        L'explication du professeur qui a pu sentir une technique est plus vraie que celle de celui qui part de sa simple logique. L'élève, bien sûr, a besoin des directives de son professeur pour "sentir" une technique, mais l'élève ne doit  pas "intellectualiser" trop tôt son propre mouvement.

Le Ko Soto Gake de M. André Debard


A suivre...
JMO
Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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Vendredi 16 juin 2006 5 16 /06 /Juin /2006 07:03
Vendredi16 juin 2006

85- André DEBARD, judoka antiquaire

L'article du journal Sud-Ouest du 19 février 1960

           Le souvenir d'André Debard plane encore dans des conversations de quelques judokas "anciens". Mais ce souvenir a la chevelure blanche de ceux qui en parlent.
        Jean Paul CASTETS est un de ces judokas dont la minutie dans le travail en faisait un perfectionniste, dans tout et dans tous les instants...
        Nous étions tous les deux très myopes, et  notre difficulté dans les compétitions était de bien repérer cette petite ligne rouge qui sur le tapis, délimitait la zone de combat. Nous étions si myopes que nous la distinguions à peine. Et malheureusement, nous la franchissions souvent, trop occupé du combat.

         Quant à l'arbitre, il ne fallait pas le quitter des yeux, comme l'adversaire ! Car l'arbitre aussi portait un judogi et nous étions suffisamment myope pour ne plus savoir, si nous avions distrait notre attention, par exemple  alors que nous réajustions nos judogis, lequel des deux nous avions à combattre! Ce n'est qu'en entendant la voix de l'arbitre que nous apprenions, par déduction, laquelle des deux personnes était notre combattant  !

        Les choses ont bien changé :  la "zone danger" est passée de 5cm à 1m, et l'arbitre n'est plus en judogi... C'est plus facile pour les grands myopes ! C'est ce que nous évoquions, Jean Paul Castets et moi,  il y a peu de temps encore.


       Jean Paul Castets,  un spécialiste de "uchi mata" tout en finesse,  a commencé le Judo avec M. Debard. Il m'a rappelé le temps où le Dojo se situait rue Fleuriau à La Rochelle. Les tatamis s'étaient vus alors peu à peu submergés par des objets d'antiquités, au point qu'il fallait déménager le tapis pour pouvoir s'entraîner !  Et en effet, un article du Sud-Ouest du 19 février 1960, témoigne de cette situation où M. Debard et son épouse,  vivaient du métier d'antiquaire.

        Et ce journaliste du Sud Ouest dont nous n'avons pas trouvé le nom précisait :  " Nous avons heurté une troïka bien fatiguée et qui semblait s'appuyer sur un vieux cheval mécanique qui devait dater de l'époque primaire. Nos regards ont caressé des yeux des meubles et des pièces de valeur des XVII e et XVIIIe siècles, éclairés par des lampadaires aux verreries éclatantes... des épées dont nous voudrions connaître l'histoire, se côtoyaient et leur tranchant semblait vouloir nous rappeler une époque héroïque ou pourfendre était un geste chevaleresque... ".

        Sur la photo de ce journal, Mme Debard semblait rêveuse, assise sur cette troïka de l'époque Louis XV...

Et il fallait transporter tout cela pour pouvoir s'entraîner !
 

A suivre...
JMO
Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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Mardi 13 juin 2006 2 13 /06 /Juin /2006 08:19
Mardi 13 juin 2006

84- Explications par Claude THIBAULT sur les passages de grades de M. KAWAISHI.

        Le 30 mai dernier, nous lancions un appel. Nous nous interrogions sur le contenu des passages de grades dans les années 1940-1950. Une feuille de papier jaunie traitant de ce sujet nous avait intriguée, et nous avions découvert que les notes sur cette feuille avaient été écrites par André Debard. Et hier soir, Claude THIBAULT nous apportait des informations complémentaires.

        Claude Thibault est l'"Historien du Judo Français". Les deux livres que nous avons lus de lui,  "Un million de judokas" et "Entretiens avec les pionniers du Judo français", sont inestimables. En effet, par son travail Claude Thibault sauvegarde la mémoire des débuts du Judo français, et l'histoire de nos pionniers. Et voici, ce qu'il écrivait hier dans son courriel :

        "En ce qui concerne le tableau des grades je peux vous donner un début d'explication.

Le tableau en question


        A la fin des années 40 et au début des années 50, pour passer au grade supérieur, jusqu'à la ceinture marron, il fallait apprendre par coeur un certain nombre de prises et le professeur vous demandait l'exécution de deux ou trois d'entre elles, au hasard.
        C'était la première partie d'un examen qui comportait ensuite une compétition contre une ligne d'adversaires plus ou moins importante, dont le dernier combattant était généralement une ceinture de la même couleur que la vôtre.

        En ce qui concerne la colonne Spécial, elle correspond à l'étude de mouvements préférentiels choisis par le professeur. Ce dernier demandait aux élèves, en fonction de leur morphologie, d'étudier longuement tel ou tel mouvement, dont le nombre variait avec chaque ceinture. Ils devaient ainsi ressentir la technique qui serait efficace pour eux dans le futur en compétition.
        La colonne Particulier doit correspondre au nombre de techniques étudiées par les élèves qui prenaient des cours privés (généralement de 30 minutes) et qui ne participaient jamais aux compétitions. Un jour on étudiait tel mouvement, un autre jour tel autre mouvement,et l'on recommencait
séance après séance. Les grades étaient donnés à l'ancienneté, mais ces élèves (souvent agés ou très occupés) ne participaient jamais aux entrainements du club.
        Pour la colonne Collectif je n'ai pas d'explication, mais il faut probablement rechercher autour de la même idée.

Voilà. Une petite goutte d'eau pour votre travail, et bon courage"


Message à Claude THIBAULT :
"Claude Thibault, nous sommes très reconnaissants, de cette attention particulière que vous venez de nous manifester. Dans la succession des générations, nos pionniers sont vos grands aînés et vous à votre tour vous devenez le nôtre. Le relais que vous nous transmettez est rempli de sagesse, d'objectivité et d'intelligence. Les faits, rien que les faits...  voilà une belle leçon qu'il nous faut appliquer dans notre vie et dans nos recherches. Merci"


A suivre...
JMO.
Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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Mardi 30 mai 2006 2 30 /05 /Mai /2006 14:26
Mardi 30 mai 2006

81- Des passages de grades à l'époque de M. Kawaishi


        Ce n'est qu'une feuille de papier jaunie, du genre de celles qui gribouillées à la hâte, prennent généralement le chemin de la corbeille. Et bien celle-ci, un demi siècle après avoir été écrite, est là sur ma table et elle nous confie ses secrets.

La feuille griffonnée par André Debard

        Pour les non-initiés, il faut bien sûr la "relooker" et l'expliquer. C'est ce que nous allons faire.
Sur un simple coup d'oeil, ces notes prises par André Debard nous donnent le ton. Bien que sachant qu'il fallait avoir payé sa cotisation pour passer les grades, (c'est ce que disait Jacques Belaud dans son interview avec Claude Thibault) on réalise qu'il fallait beaucoup, mais vraiment beaucoup travailler !



        En effet, nous voyons que pour chaque couleur de ceinture, le nombre de projections, d'immobilisations, de techniques pour provoquer l'abandon de l'adversaire est très important. Ceci même, dès la ceinture blanche !
        Nous avons là sous les yeux, le balbutiement de la méthode française.
        Mais ce qui m'intrigue - peut-être, parce que je n'étais pas né -  c'est l'explication des colonnes "collectif", et "particulier". N'y a t'il pas "un ancien" qui pourrait nous l'expliquer ?


A suivre...
JMO

Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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Lundi 29 mai 2006 1 29 /05 /Mai /2006 06:24
Lundi 29 mai 2006

80- De la promotion du livre de M. Kawaishi

        L'Histoire de M. Kawaishi n'est pas anodine. C'est lui qui est à l'origine du judo français. Sa conception de l'enseignement ne pouvait qu'attirer l'attention de ses élèves ainsi que celle des judokas Japonais. En dehors de toute considération politique, ces derniers ne voyaient certainement pas là un esprit de dissidence mais seulement un essai pédagogique intéressant.

         Les documents retrouvés chez M. Debard nous montrent combien ce dernier a été attentif à la méthode de M. Kawaishi. Il l'a fidèlement appliquée, jusqu'à ce qu'il découvre le Judo de M. Ishiro Abe. Il avait auparavant participé à l'élaboration et à la diffusion de l'ouvrage de M. Kawaishi : "MA METHODE", dans la plus totale discrétion. Dans l'article 28 du 1°février 2006, nous avons d'ailleurs évoqué l'appel de André Nocquet à André Debard pour l' élaboration de ce livre .

Aujourd'hui, c'est sur la distribution commerciale et le marketing  que nous focaliserons notre attention. M. Kawaishi était un homme d'affaires.


Le document signé de M. Kawaishi


        Le document joint ci-dessus confirme que la rédaction de cet ouvrage " Ma Méthode " a été le fruit du travail de quelques uns des élèves de M. Kawaishi. Il écrit :  "J'ai contrôlé moi-même sa rédaction et j'assume la pleine responsabilité de sa publication "

        Cet ouvrage était destiné  a une clientèle parfaitement ciblée avec des intermédiaires  trouvés d'avance  pour sa diffusion. En effet, dans tous les clubs, chaque professeur s'est trouvé impliqué : "J'ai voulu réserver ce livre aux SEULS PRATIQUANTS en passant par L'ENTREMISE EXCLUSIVE des DIRECTEURS  de CLUBS... " , "le prix de vente de cet ouvrage aux élèves dans tous les clubs doit-être de 700 Frs ... mais j'ai tenu à ce que chaque Directeur de Club puisse bénéficier personnellement d'un prix unitaire de 600 Frs"

        Chaque Professeur devient alors "Chef de  dépôt-vente", responsable financièrement  :  " Je vous demanderai, .... d'accompagner vos commandes du montant du prix du nombre d'exemplaires voulus..... le règlement par mandat postal à mon nom..."

        Un commerçant, certes. Mais ne trouvons-nous pas là aussi l' application des principes d'entraide et de prospérité mutuelle, et de minimum d'effort pour un maximum d'efficacité ?


A suivre...
JMO
Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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