Janine LEVANNIER première femme ceinture noire de France
Mme DEBARD pratiquant une clef de bras sur son mari
"Hier soir à la Mutualité, Mme Levannier (25 ans), la seule Européeenne ayant conquis ce grade de "ceinture noire de judo" a affronté sept judokas de sexe fort. M. Levannier est également ceinture noire ; c'est un ménage à qui il vaut mieux ne pas chercher querelle." Lorsque Marie Louise a rencontré André DEBARD sur le pont des Arts; se doutait-elle un instant que l’artiste qui lui avait proposé de faire son portait, était ceinture noire deuxième dan, ou sur le point de l’être ? L'histoire ne le dit pas.
Démonstration : Kata Guruma d'André DEBARD
Ce qui est sûr, et les photos le prouvent, elle le dominait en taille et en poids. André, pesait 54 kg pour 1,63 m et il avait une musculature plutôt longiligne malgré sa petite taille. De plus il était très souple et très habile.
Pourtant, Marie Louise a apprécié certainement d’abord l’homme dans son amabilité, sa vivacité d’esprit, puis l’artiste dans son aspect protéiforme. Mais ensuite, c’est le Judo qui aura certainement était pour elle « la surprise ».
En un rien de temps, elle a compris la voie du Judo, elle a quitté un monde purement intellectuel pour un monde mystique, celui du Judo, car comme le disait, Monsieur Géron , élève de M. Lechevrel, lui-même élève de M. Debard, « on entrait dans le judo comme en entre en religion ».
Chaque jours sur les tapis, elle travaillait au côté de son époux
Travail avec Me KAWAISHI à DAX
Pupuce attaque Georges PERRACHONMarie Louis Linard est née en 1915…
Lorsque en 1947 elle passe sur le pont des Arts, à Paris, elle aperçoit un jeune artiste qui cherche à arrondir ses fins de mois en proposant de faire le portrait des passants. C’est André Debard.
Lorsque André voit cette belle et jeune femme distinguée, si élégante, il ne peut que l’accoster et lui demander si elle accepterait qu'il fasse son portrait.
Marie Louise Dinard, est une fine intellectuelle dont les diplômes des grandes facultés de Bruxelles, en sciences, en grec, en latin, en français, en histoire géographie et en philosophie montrent qu’elle s’attache à aller au fond de ce qu’elle entreprend. Amusée par le jeune homme, elle est cependant très sensible à son charme, il est avenant, il est artiste… Elle accepte. Et ils ne se quitteront plus.
Elle abandonne tout pour suivre André : sa vie bourgeoise aisée, son confort, ses habitudes...
Le charme d’André, sa gentillesse, sa spontanéité, sa vitalité joyeuse l’ont séduite à vie. Elle l’épouse, et partage tout sans compter : sa passion du judo, son enthousiasme, sa vie de bohême, les difficultés, les joies, les peines...
M. Maurice Dumont avait une salle de culturisme rue des Gentilshommes. Elle était certes connue, mais elle avait besoin d’une action promotionnelle de publicité, et l’ouverture d’une salle de Judo, était une bonne opportunité. Il fait crédit au jeune couple et facilite leur installation. Les DEBARD et les DUMONT sont associés, Maurice est le Directeur administratif et André le Directeur technique. Le Judo débutant en bénéficie, tout le monde y trouve son compte. Mais André et Marie Louise ont très vite le désir d’ouvrir leur propre salle et ils s’installent, un peu plus d’un an après, rue St Sauveur en novembre 1949.
André et Marie Louise sont très attachés l’un à l’autre et partagent tout. Marie Louise passe ses grades en judo, et elle aide André au maximum. Sur le carnet personnel d’André, à la date du 9 juillet 1952, on peut lire : « avons mis au monde Pupuce, à 21 heures ».
Pupuce c’est Frank. Il vivra sur les tatamis au rythme des entraînements et des compétitions. Sans pour autant partager la passion de son père pour le Judo, il n’en sera pas moins un bon judoka et il sait ce qu’est « le judo ».