Jeudi 3 août 2006
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Jeudi 3 août 2006
99- De la création de la Fédération Française en 1947 - (2)
C'est toujours à partir du document "Bulletin Déc.47" de la Fédération retrouvé chez André Debard, que l'on tire les renseignements sur le Judo de cette époque.
En 1944, Paris est pratiquement l'unique centre important de judo en France. Mais en 1947, alors que la capitale compte 3400 judokas, on en dénombre 2300 en province.
Il y a des centres importants implantés à Marseille, Antibes, Lille et Bordeaux, suivis de près par ceux de Lyon, Nice, Alger, Toulouse et Calais.
En 1947, on constate aussi que certains quartiers de Paris sont surchargés en salle de Judo, alors que 50% de quartiers n'en comportent pas. Et les demandes d'ouverture de salle à la Fédération vont bon train.
Au niveau national le nombre des judokas double chaque année : de 600 en 1944 l'effectif passe à 5700 en 1947. Le nombre des clubs lui, passe de 13 à 74, tandis que le nombre des ceintures noires varie de 23 à 52.
Alors qu'en trois ans, le nombre des pratiquants a décuplé, et que celui des clubs a sextuplé, le nombre de ceintures noires n'a que quadruplé.
On comprend facilement les difficultés rencontrées pour trouver des ceintures noires pour l'encadrement des clubs naissants, surtout en province.
C'est dans ce contexte qu' André Debard, alors ceinture noire 2° dan depuis le 1° mai 1947, prend contact avec plusieurs villes françaises afin de proposer d' ouvrir un club dont il assurera la direction technique.A suivre...
JMO
Par Jm Oudine
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Mercredi 2 août 2006
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Mercredi 2 août 2006
98- De la création de la Fédération Française de Judo en 1947 - (1)
La Fédération Française de Judo a été reconnue par le Journal officiel du 5 décembre 1946.
Dans le bulletin de la Fédération Française de Judo de Déc.47, un rapport succinct nous donne la situation internationale du Judo à cette époque :
"Angleterre :
Le judo y est dirigé par le professeur KOIZUMI (4° dan), dont M. Bonet Maury a visité le club à Londres. Il comprend une dizaine de ceintures noires dont un 5° dan et un 3° dan. Il y a une quinzaine de clubs.
Hollande :
Des contacts se sont établis avec le Président de la section hollandaise de judo qui déplore l'exploitation du public par des moniteurs de jiu-jitsu non qualifiés et peu consciencieux.
Suisse :
Le judo est dirigé par un Coréen (4° dan), le Dr Rhi, avec lequel M. de Jarmy a pris contact. Son extension se fait surtout en zone alémanique, et le judo n'est guère pratiqué en zone française.
Les Suisses organisent des stages en montagne ainsi que des championnats internationaux en 1947 : Angleterre, Tchécoslovaquie, Suisse.
Leurs règles de combats sont assez particulières et tiennent compte du poids et de la taille.
Etats Unis :
5 clubs à New-York, 2 à Chicago, 1 à San Francisco, 1 à Hollywood. La Fédération américaine de Judo serait dirigée par un 4° dan.
Autres pays :
Peu de renseignements. On sait seulement qu'il existe des clubs en Belgique, en Italie, Norvège, Russie, Hongrie.
France :
Est le pays où le judo paraît le plus répandu. Il est le seul qui soit organisé en Fédération autonome. Il est à la tête du mouvement européen par son importance."
Dans le prochain article, nous parlerons plus particulièrement de la situation du judo
en France, en 1947. Les documents proviennent des archives d'André Debard et ont été mis à notre disposition par son fils Frank ( photographe) pour consultation.
A suivre...
JMO
Par Jm Oudine
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Lundi 31 juillet 2006
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Dimanche 31 juillet 2006
97- De la dispersion des judokas parisiens en 1947.
Tout succès a des conséquences qu'il faut compenser si l'on veut conserver le bénéfice d'une avancée. Fontenel aurait pu tenir ce propos devant l'explosion du Judo en France en 1947.
C'est la préface de P. Bonet Maury, dans le premier bulletin de la Fédération Française de décembre 1947, qui nous donne matière à réflexion.
P. Bonet Maury était à l'époque le Président de la Fédération Française et ceinture noire 2° dan.
Reportons nous en 1947.(Préface de P. Bonet Maury)
"Une des conséquences inévitables du succès rapporté par le Judo en France et son développement rapide, a été la perte des contacts personnels entre les judokas groupés à l'origine dans un seul club. Ils se trouvent dispersés maintenant non seulement dans tout Paris, mais dans toute la France et restent privés de toutes informations sur l'activité de leurs camarades et celle de la Fédération.
Un bulletin de Judo est donc prévu depuis longtemps, destiné à combler cette lacune et à diffuser largement les informations nécessaires au sein des judokas, et l'année dernière la Fédération Française de Judo avait acceptée le demande de Monsieur Jean Beaujean concernant l'édition par ses soins d'un journal du Judo. Cette édition n'ayant pas été encore réalisée, la Fédération Française de Judo a estimé nécessaire d'en assurer elle-même la publication afin de donner aux judokas des nouvelles qui les intéressent et les documenter de la manière la plus objective sur les problèmes que posent notre développement.
Ce premier bulletin est encore très modeste et nous n'ignorons pas ses imperfections et ses lacunes. Ce n'est qu'un premier pas, et nous espérons bien, suivant la formule consacrée, faire mieux à l'avenir en espérant que les judokas auront à coeur de nous aider dans ce sens en nous adressant leurs suggestions, leurs critiques, leurs encouragements, et en nous fournissant par leurs articles ou leurs anecdotes la substance nécessaire pour donner à ce bulletin la vie intense et ce dynamisme qui caractérisent l'esprit du Judo."
Pour les passionnés d'histoire du Judo : en 1947...
- Pour raison de santé, Jean Beaujean a abandonné la direction technique du Judo français qu'il partageait avec Jean de Herdt depuis le départ de M. Kawaishi en 1944. Il a été remplacé par Lucien Levannier et Pierre Roussel.
- André Debard obtient son grade de ceinture noire 2° dan.
- Jean Andrivet est le Président du tout nouveau - "officiel"- Collège des Ceintures noires.
- C'est aussi la première rencontre internationale en Judo à Londres
- On compte 55 clubs en France
- Bodeau et Moreau s'inscrivent au Judo Club Pasteur. - Yves Klein s'inscrit au Jiu-jitsu club de France.
- En Poitou Charente, Georges Farges assure les cours à la section police d'Angoulême.
- Et André Debard commence à envisager d'aller porter la bonne parole en province.
A suivre...
JMO
Par Jm Oudine
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Dimanche 30 juillet 2006
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Dimanche 30 juillet 2006
96- De la condition physique
André Debard dans les années 1950
André Debard était conscient de l'importance de la condition physique.
Dans les années 1950, on le voyait courir chaque matin sur la côte rochelaise, et lancer les galets. C'était une partie de sa préparation. L'autre se déroulait sur le tapis lors des exercices d'échauffement en début de séance.
Pas de séance de préparation purement spécifique, ni en musculation, ni en endurance, ni en vitesse, ni en résistance. Tout était intuitif, et sur le tapis, lors des entraînements.
Cet homme affrontait des adversaires beaucoup plus lourd que lui et c'est ce qui constituait une grande partie de sa popularité. Il travaillait avec souplesse et maîtrise. Il se devait de garder cette supériorité. Mais à cela s'ajoutait aussi l' engagement de tout son esprit pour implanter le judo dans son club, dans les autres clubs du département et dans la région.
Sur l'une de ses maquettes d'affiches pour l'ouverture de la salle rue St Sauveur, on pouvait lire : "Offre spéciale de gratuité complète pendant trois mois seulement, à tous les 1° en gymnastique, sur présentation de leur carnet de notes." C'est la preuve de l'importance qu'il accordait au potentiel physique des judokas.
Et sur un autre brouillon où il invitait les parents à inscrire au judo leurs enfants, il avait griffonné :
"-un sport qui est adapté à toutes les morphologies : les trop petits, les trop grands, les trop gros, les trop maigres...
- un sport qu'ils pourront pratiquer avec leurs petits enfants...
- un sport qui forme non seulement le corps mais l'esprit...
- un sport qui démolit le complexe d'infériorité..
-un sport qui démolit le complexe de supériorité...
- un sport qui grandit de jour en jour et qui s'affirme comme le sport de tout le monde et le sport de demain."
Le Judo permet à chacun de progresser, mais a besoin de tous.A suivre...
JMO
Par Jm Oudine
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Mardi 11 juillet 2006
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Mardi 11 juillet 2006
89- Des facilités offertes au judo aujourd'hui.
Une existence est bien trop courte pour mesurer objectivement l'évolution profonde des modes de vie. D’autant que l’on s’adapte très vite aux améliorations et que l’on oublie aussi vite ce qu’il y avait avant. Car le "progrès" offre sans cesse, en permanence de nouvelles facilités. C'est le cas de notre histoire du Judo, pour laquelle les conditions de l'entraînement, de la communication, et des moyens de transport, on fait un bond tel, que seules les quelques générations qui ont vécu « l’avant » peuvent s’étonner. Mais aussi longtemps que le progrès existera la préhistoire rattrapera tout le monde.
En janvier 2005, j’ai mesuré la facilité avec laquelle les nouveaux clubs de Judo se mettaient à exister ! Des personnes se regroupent pour constituer une association sportive. Le récipissé de la Préfecture permet de déposer une demande auprès de M le Maire pour l’usage d’une salle municipale équipée et entretenue par la collectivité. Un peu plus tard, l’agrément ministériel, ouvre le droit à déposer des demandes de subvention. De plus, tous les renseignements nécessaires pour franchir ces étapes sont consultables sur internet. Maintenant, même dans le fonctionnement journalier des clubs de la FFJDA, on souscrit aux licences en ligne, les déclarations d’accident s'effectuent de la même manière, et l’on peut consulter calendriers et résultats sportifs facilement sur le net. Internet a remplacé le « bic » et le papier à lettre. Il n'y a pratiquement plus de courrier manuscrit, et la communication est en temps réel.
Dans le prochain article, je raconterai comment cinquante ans plus tôt, André Debard avait aménagé son Dojo de la rue St Sauveur, à La Rochelle.
A suivre...
JMO
Par Jm Oudine
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