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Lundi 30 janvier 2006 1 30 /01 /Jan /2006 07:47
Lundi 30 janvier 2006

26- Les "vieux" judokas rochelais (2006)

Mais qui sont ces "vieux" judokas rochelais qui, 60 ans après, parlent encore de M. Debard avec tant d'admiration?

        Tout d'abord précisons bien que le terme de "vieux" désigne les anciens judokas qui vont avoir 80 ans ou plus. Le mot "Vieux" a là, une consonnance très respectable.  Il signifie "expérience", "mémoire", "vécu".  Nos "vieux"  pratiquaient le judo dans les années 48-50 avec Maître Debard. La plupart étaient ceintures noires. Ils l'obtenaient  dans les cinq années qui suivaient leurs débuts.  Ils étaient issus de toutes les couches sociales, et partageaient la même passion.
Ils apportent dans ce blog leur contribution, en acceptant de nous offrir leur témoignage. Pour celà, ils ressortent les albums de photos, les cartes de grades, des affiches...

Le mois de janvier 2006 se termine. Nous avions déjà rendu visite à Roger SARRAUD, et ce 24 janvier 2006, avec Claude BOUCHET, nous sommes allés saluer Jean AUMONIER, chez lui, à Tasdon.

        Ce cheminot judoka, Jean AUMONIER, a commencé le judo rue ST SAUVEUR, en 1949.
il a suivi l'épopée du judo en direct, sur le tapis, jusqu'au grade de ceinture bleue. Il a arrêté le judo pour poursuivre sa carrière à la SNCF, en temps que mécanicien. Nous avons évoqué Maître DEBARD, mais aussi parlé de Louis LUCOT, taillé comme un catcheur, et qui dans les démonstrations jouait toujours le rôle du mauvais garçon. Il attaquait Madame DEBARD qui à l'époque avait commencé le Judo sous la direction de son mari. Et lorsque sur l'estrade de la salle de  l'Oratoire, le "père Lucot" avançait dans son maillot rayé moulant son corps d'athlète, le mégot au coin des lèvres, la casquette rabattue sur un oeil menaçant, convoitant Mme DEBARD - c'était une sacré belle femme murmure Claude...- le public ne parlait plus, ne respirait plus.
En feuilletant le vieil album de photos déjà jaunies, nous nous sommes un instant  arrêtés sur la visite des Maîtres  Kawaishi et de Awazu... Le regard ému de Jean et de Claude en dit long. (Sur la photo ci-contre : Jean  et Claude). 

        Claude BOUCHET est né à La Rochelle, le 19 juin 1926. Basketteur dès 14 ans, il devient un excellent joueur et participe à des Championnats de haut-niveau. Il est aussi nageur.

        C’est en 1953 qu’il s’inscrit au Judo Club de La Rochelle où il obtient  la ceinture noire dès 1956!  Il a une grande admiration pour M. DEBARD. Il lui a toujours apporté son aide chaque fois qu'l l'a pu. Ce qu’il fait encore aujourd'hui en travaillant avec d'autres "vieux" - ou moins vieux! - à la reconstitution de l'histoire de ce Me DEBARD.  

Il raconte beaucoup d’anecdotes, et dernièrement, il nous a parlé de la visite de M. Sato en 1956.

        «  Sato, ça devait être en 56, car j’ai passé la noire en 56, et c’est  Sato qui me l’a faite passer. Il était terrible, tu ne le sentais pas. Il te tenait légèrement, et puis hop, un petit appel du poignet, et tchac ! tu te retrouvais par terre. Alors bon, tu te relevais, tu te disais que tu allais faire attention et tchac ! ça recommençait. Et tu retournais sur le bord du tapis après l’avoir salué, ne comprenant pas comment il pouvait être aussi rapide.

        Et puis il y avait Vedeau qui était à la salle, moi je venais de passer 1° dan, mais lui était noire 2° dan, il était à moitié chauve et donnait des cours à Saintes . Il faisait aussi de la lutte...  Donc Vedeau va inviter Maitre Sato, et tchac ! Ko soto Gake et voilà Vedeau par terre, tout 2° dan qu’il était ! J’ai alors compris que Maître Sato était extraordinairement fort. Sa vitesse était stupéfiante. 

Tiens, sur la photo, debout, tu as à gauche, Moreau à demi caché, Mme Debard, André Debard (4° dan), Jacques Rivalland (1° dan), René Blanchard, x ? , Louis Lucot (1° dan), x ? , Levallois (1° dan), Sato (6° dan envoyé du Kodokan).

A genoux, x ? ,x ? , moi (Claude Bouchet), Georges Perrachon (1° dan), x ? ,

Assis, Madec (marron), Marius Besselièvre (bleue), x ?,x ?,

Je ne me rappelle pas de tous les noms… »

Claude était également un excellent administratif.  Il n’hésitait pas à donner de son temps à l’associatif ; on appréciait sa compétence et sa bonne volonté. D'ailleurs ne continue t-il pas encore actuellement ?

Secrétaire à l’ASCR, il le sera aussi au Judo Club de La Rochelle, dont il deviendra ensuite le Président. Il sera également secrétaire de la Ligue de Judo Poitou-Limousin-Touraine.

Et le « must » pour le Judo, c’est quand il obtiendra pour le JSR, le magnifique Dojo, place Cacaud à La Rochelle.

Et lorsque en 1973, Roger Cadière est sollicité pour prendre la Direction Technique du JSR, Claude BOUCHET était Président d’un club qui dépassait largement les 500 licences.

Le temps passe, mais il faut que les souvenirs restent.
JMO

Tous droits réservés : "26- Les vieux judokas rochelais"

Par Jm Oudine - Publié dans : La Rochelle
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Dimanche 29 janvier 2006 7 29 /01 /Jan /2006 10:25
Dimanche 29 janvier 2006

25-Arrivée de M. Debard dans le Sud-Ouest (1948)

C'est en Juin 1948 que André Debard, ceinture noire 2° dan, arrive à La Rochelle.

M. Marcel DINAND, journaliste sportif, raconte :

        "L'une des petites annonces rédigées à la hâte pour aller porter le bonne parole en provinces a été honorée d'une réponse positive. Et en juin 1948, André DEBARD quitte la capitale pour une destination rochelaise.
        Il s'installe rue des Gentilshommes où Monsieur DUMONT donne des cours de culture physique. Rapidement, la cité compte une nouvelle association sportive le Jiu-jitsu Club de La Rochelle. Le groupe d'initiés s'étend, et le 14 décembre 1948, Me André DEBARD met sur pied la première réunion du Club, dans une salle du café Michel, 1 rue du St Sauveur."

Nous avions vu que en 1946 sur le Sud Ouest, Maître NOCQUET avait ouvert une salle à Angoulême. Qu'une salle existait à PAU, et que des moniteurs enseignaient le Jiu-Jitsu à St MAIXENT. 

Mais en 1948, " l'art doux" de Jigoro Kano, considéré comme une synthèse du physique et de l'intellect par le journaliste Jack PL  va accentuer une vague naissante de clubs et d'adeptes du judo. Nos pionniers vont y surfer et profiter de ce mouvement phénoménal.

En effet, dès 1946 et 47 on voit les prémices de cette déferlante.
A ANGOULEME, André NOCQUET a laissé la place à M. Albert MARY, ceinture marron. Et en 1947, Georges FARGE, ceinture marron donne des cours sur la nouvelle section de l'AS Police.

A BORDEAUX, le 1° juillet 1946, M. NOQUET inaugurait dans l'institut d'Education Physique de M. RAFFY, rue Vital-Carles. Cette section judo fonctionnera ensuite sous la direction de MM BROQUEDIS et DESTRUHAUT, ceintures noires 1° dan. Ils dirigent aussi une section à l'AS Police de cette ville. M. NOCQUET, de son côté, ouvre une salle au Hamman
 
Et en 1948

A LA ROCHELLE, André DEBARD, ceinture noire 2° dan,  fonde en Juillet 1948 le Jiujitsu Club de La Rochelle.

A NIORT, deux moniteurs de l'Ecole de St MAIXENT, Roger AFFNER et Gino CHENAIS, ceinture orange tous les deux,  donnent des cours dans la salle ouverte par Art et Sport.

A POITIERS, Noël VALLADON, suit des stage d'exercices de combats de la Police Nationale.

A PONS, un élève de M. ZIN, Guy FAVRE, ceinture bleue, vient de Marseille. Il est Professeur de Gymnastique et ouvre le Judo Club Pontois.


André DEBARD arrive dans ce contexte, il est ceinture noire 2° dan, comme Maître NOCQUET. Ils vont tout deux , et en liaison avec le Maître M. KAWAISHI, lancer le Judo dans tout le Sud-Ouest

A suivre...
JMO.

Tous droits réservés : " Arrivée de M. DEBARD dans le Sud-ouest "

Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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Samedi 28 janvier 2006 6 28 /01 /Jan /2006 12:53
Samedi 28 janvier 2006

24- Le judo en 1945 dans le Sud Ouest

D'après nos sources, c'est en 1945 que Maître Noquet, ceinture noire 2° dan, fonda la première salle à Angoulême.

La même année à Pau, la capitale sportive du Béarn  voyait la naissance du Jiu-Jitsu-Club Palois.
Il est possible qu'une salle de judo existait à l'Ecole Militaire de St Maixent. L'adjudant Chef Raffier y enseignait les principes élémentaires du Jiu-jitsu.



       Lorsque en 1945, Maître Nocquet fonde la salle à Angoulême, il est ceinture noire 2° dan.

        André Nocquet est né le 30 juillet 1914 à Prahec, dans les Deux Sèvres, fait ses études au Lycée de Niort, puis au Collège de St Maixent. Il y rencontre l'Adjudant Chef RAFFIER qui l'initie au Jiujitsu. En 1932, il prépare à Paris le Professorat de Culture Physique.

 En 1937, il rencontre Maître Kawaishi et s'initie au Judo.

        Si nous comparons les épisodes de vie-judo de André Nocquet et  de André Debard, nous constatons :

    1- qu'à la naissance de André Debard, Maître Nocquet a déjà 10 ans.

    2- lorsque André Debard s'inscrit au Club de Maître Kawaishi, André Nocquet y est déjà depuis deux ans.

    3- nous allons les retrouver ensemble dans bien des actions communes, démonstrations, galas, stages. Un courrier nous laisse supposer qu'ils ont travaillé sur le livre de Me Kawaishi.  Nous en parlerons plus tard.

A suivre...
JMO

Tous droits réservés : "24- Le judo en 1945 dans le Sud Ouest"
Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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Vendredi 27 janvier 2006 5 27 /01 /Jan /2006 07:45
vendredi 27 janvier

23- Maître KAWAISHI en question (1949)

        L'article 21de notre blog intéresse beaucoup de lecteurs et la question qui nous est posée à la suite de la publication reste sans réponse :

 " Qui est ce personnage central qui se défait de ses adversaires? ".



         Impossible d'affirmer qu'il s'agit là de Me KAWAISHI.  Nous n'avons aucune preuve à apporter.
 

Dans l'immédiat, nous  pouvons seulement constater :

        Que  la démonstration se passe sur les Champs Elysées en novembre 1949,

        Que la surface du sol est recouverte par des copeaux,

        Que  ce personnage central est brun et sa coiffure rappelle étrangement celle de Maître KAWAISHI,

        Que les lunettes d'écailles sont comme celles du Shi Han

        Bienvenue à celui qui nous permettra d'identifier ce personnage mystérieux dont l'allure ressemble étrangement à celui qui a été à l'origine du développement du Judo en France.

A suivre.
JMO

Tous droits réservés "23- Maître KAWAISHI en question"
Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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Jeudi 26 janvier 2006 4 26 /01 /Jan /2006 09:45
Jeudi 26 janvier 2006

22- André Debard artiste

        Tous les anciens qui ont vu travailler André Debard se souviennent de l’engagement presque mystique de ce Maître, et de son style « Kodokan ». Il traitait le Judo comme un art du corps et de l’esprit. Son génie dans l’exécution des techniques traduisait en acte la vérité, le beau et l’harmonie.

        Mais cet homme, qui a été le plus jeune ceinture noire de France, avait également un talent artistique qui l’a accompagné toute sa vie.

        Des extraits de l’article découpé dans le journal Journal Sud Ouest en 1997, article trouvé hier dans les archives, vous en diront davantage. Je ne sais quel journaliste a écrit ces lignes, mais il a dépeint avec talent l’univers dans lequel vivait André Debard. Il a perçu aussi l’immense talent artistique de cet homme.

" Devant la façade de cette belle maison du XVIII° où les volets battent, pourrissent, quelques voitures dans un jardin envahi d’une végétation généreuse. A l’intérieur c’est un capharnaüm, une caverne d’Ali Baba, un grenier miraculeux où s’entassent des antiquités de toutes sortes. On y slalome entre les vieux meubles et bibelots, hâches de toutes les époques, crémaillères, dessins, toiles, chevaux de bois, collection de livres reliés cuir. "

" Je ne suis plus antiquaire, je suis en retraite – prévient André Debard, 73 ans. Mais il continue de vivre, avec son épouse au milieu de ce qui fit autrefois son fond de commerce. Et dans un coin de ce savant désordre, quelque part entassés sur un meuble ou contre un mur, dorment des merveilles : ses œuvres. »

" Car avant d’avoir été antiquaire, avant même d’avoir été professeur de judo, métier qui l’amena à La Rochelle, André Debard est artiste depuis toujours ou presque. Mais a-t-il vraiment eu un jour conscience de son talent ?
On n’est jamais content de ce qu’on fait. La plupart de mes dessins ou peintures, je les ai déchirés dans la foulée ou j’ai repeint par-dessus. Ma femme en a cachés quelques uns, Frank également.


Frank, c’est son fils. Photographe connu à La Rochelle. C’est également lui qui a décidé son père à enfin sortir de l’anonymat pour exposer
. "

        " Après avoir débuté à 15 ans comme sculpteur pour la rénovation de Notre Dame de Paris, puis à la cathédrale de Lille, après avoir suivi des cours de l’Ecole des Arts Appliqués de Paris, il s’est donné à la peinture et au dessin au sortir de la guerre.

        Admirateur de Klein, Braque, Van Gogh et Rembrandt, il a fait des arts plastiques son jardin secret, rien de plus.

        En juillet 1947, il a rencontré celle qui allait devenir sa femme."


"C’était sur le pont des Arts, je lui ai proposé de faire son portrait, on ne s’est plus quitté."

 

   " C’est son fils Frank , qui comprenant que l’art ne vaut que s’il est montré, a poussé son père à sortir de sa réclusion artistique. La première exposition a eu lieu Chez Evelyne Mekhitarian. André Debard avait 73 ans !"

 
Sur la photo ci-contre, Mme Debard vue par son mari. C'était en 1947.

A suivre...
JMO

Tous droits réservés : " 22-André Debard artiste."
Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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