Tout a commencé lorsque j’ai sorti du classeur d’archives, un prospectus daté du dimanche 30 mai 1943. Oui, j’ai bien dit 1943 !
C’était le premier Championnat de France. Cette compétition, sans catégorie de poids, attirait 3000 spectateurs à la salle Wagram à Paris ! Réalisée sous le Haut patronage du Commissariat Général et aux Sports et de l’Ambassade du Japon, elle draînait 19 fois plus de spectateurs qu’au dernier national de lutte. Car à cette époque, le judo n’était qu’une section de la Fédération Française de Lutte.
Et dans un coin du papier, l’écriture de André DEBARD. Une liste gribouillée mentionnait : Cézanne, Modigliani, Rouault, Picasso, Bonnard, Braque, Matisse !
Je pouvais lire la curiosité sur tous les visages des judokas présents. Il y avait là :
Philippe MACHEFAUX (52 ans), André BERNARD (63 ans), Jean Marc ROLLAND (38 ans), Laurent FLEURET (37 ans), Christophe DURAND (36 ans), Damien LE BOUR (24 ans), un groupe vraiment adultes, de tous âges et professions.
Et l’idée saugrenue, a surgi, irréfléchie mais somptueuse : « Debard avait invité tous ses copains artistes aux premiers Championnats de France à la Salle Wagram ». Sous le choc tous s’étaient tus. Tellement d’artistes aussi célèbres à la fois ! La grande vadrouille du quartier Latin !
C’est alors que la voix calme du doyen de la soirée, notre écrivain Judoka André BERNARD, demanda : « Mais, Modigliani, n’était-il pas décédé à cette époque ? »
Notre culture insuffisante ne permettait à aucun d’entre nous de répondre. Je rentrais vite à la maison et consultais le dictionnaire.
Sûr l’esprit rieur et blagueur, d’André DEBARD, était là, il nous jouait encore un tour en nous suggérant une si folle hypothèse !
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Quand au caractère parfois humoristique des « combats de rue », on ne lésinait pas sur le déguisement et la note théâtrale. Si nous reconnaissons Louis Lucot à gauche, le troisième à droite pourrait bien être M. L'Hermenault, mais qui sont les autres ?