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Samedi 4 février 2006 6 04 /02 /Fév /2006 09:34
Samedi 4 février 2006

31-Hier soir, André DEBARD était présent (2006)...

        Et oui, hier soir André DEBARD était présent, au cours des adultes sur les tatamis du dojo de la rue Gambetta !

Comment est-ce possible ?

     
          Tout a commencé lorsque j’ai sorti du classeur d’archives, un prospectus daté du dimanche 30 mai 1943. Oui, j’ai bien dit 1943 ! 


        C’était le premier Championnat de France. Cette compétition, sans catégorie de poids, attirait  3000 spectateurs à la salle Wagram à Paris ! Réalisée sous le Haut patronage du Commissariat Général et aux Sports et de l’Ambassade du Japon, elle draînait 19 fois plus de spectateurs qu’au dernier national de lutte. Car à cette époque, le judo n’était qu’une section de la Fédération Française de Lutte.

         Sur le prospectus, la photo du Président, M. BONET-MAURY (ceinture noire 2° dan), et celle de M. KAWAISHI (ceinture noire 6° dan) figuraient en haut de page.
 
        Et dans un coin du papier, l’écriture de André DEBARD. Une liste gribouillée mentionnait : Cézanne, Modigliani, Rouault, Picasso, Bonnard, Braque, Matisse !

Je pouvais lire la curiosité sur tous les visages des judokas présents. Il y avait là :

Philippe MACHEFAUX (52 ans), André BERNARD (63 ans), Jean Marc ROLLAND (38 ans), Laurent FLEURET (37 ans), Christophe DURAND (36 ans), Damien LE BOUR (24 ans), un groupe vraiment adultes, de tous âges et professions.

         Nous savions que André DEBARD à cette époque, portait la ceinture marron et était âgé de 19 ans. Il vivait dans le quartier Latin et côtoyait chaque jour, artistes peintres et sculpteurs. Il fréquentait même la fille de Matisse !
 

        Et l’idée saugrenue, a surgi, irréfléchie mais somptueuse : « Debard avait invité tous ses copains artistes aux premiers Championnats de France à la Salle Wagram ». Sous le choc tous s’étaient tus. Tellement d’artistes aussi célèbres à la fois ! La grande vadrouille du quartier Latin !

         Même si en 1936, lorsque le Jiu-Jitsu Club de France avait été créé, on y trouvait des intellectuels, des chercheurs, des journalistes (Feldenkrais, Irène et Frédéric Joliot Curie et le groupe du radium, Biquart, Bonet Maury, Faroux…), mais il semblait inconcevable d’avoir tant d’artistes à la fois en ce 30 mai 1943… Mais l’impression était magique !
 
        C’est alors que la voix calme du doyen de la soirée, notre écrivain Judoka André BERNARD, demanda : « Mais, Modigliani, n’était-il pas décédé à cette époque ? »

        Notre culture insuffisante ne permettait à aucun d’entre nous de répondre. Je rentrais vite à la maison et consultais le dictionnaire.

         Effectivement, à cette date, Cézanne et Modigliani n’étaient plus de ce monde. Quant aux autres : Matisse avait 74 ans, Rouault 72 ans, Bonnard 76 ans, Braque 61 ans, Picasso, 62 ans ! Ils avaient été recensés pour leur oeuvre et non pour le premier Championnat  de France, à la salle Wagram !
 
     Sûr l’esprit rieur et blagueur, d’André DEBARD, était là, il nous jouait encore un tour en nous suggérant une si folle hypothèse !
 En tout cas belle leçon, pour nos esprits trop enthousiastes et irréfléchis ! à moins que...
 
A suivre.
 
JMO.

Tous droits réservés : "31- Hier soir, André DEBARD était présent..."
Par Jm Oudine - Publié dans : La Rochelle
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Vendredi 3 février 2006 5 03 /02 /Fév /2006 10:12
Vendredi 3 février 2006

30- André DEBARD vu par Joseph (vers 1994).

        Je ne sais pas qui tu es, Joseph, toi qui as écrit ces lignes. Mais tu as décrit le Maître en peinture tel qu’en Judo j’aurais aimé en parler. Ce Maître avait de multiples facettes. Tellement occupé à tout voir, à tout écouter, qu’il en oubliait de parler de lui ! Sa curiosité était sans limite, sa joie de tout, jamais assouvie.


        Beaucoup de ses judokas s’étonnent de découvrir André DEBARD et ses multiples aspects, maintenant qu'il a disparu. Ils sont surpris de ne pas l' avoir pressenti, hier,  alors qu'ils parlaient avec lui.

 

«  Il faut parler de ce qui flamboie, de ce qui allume dans l’esprit des feux de joie. De la féerie. Ce qui sort des sentiers rabâchés, des lieux communs. André Debard est de cette matière, il sort de l’ordinaire. Pas d’école. Il a tracé sa route tout seul, pour rire et pour vivre, pour jouir. Pour aimer les femmes. Pour aimer la vie et ses facettes rocambolesque. Telle est la peinture, tel est l’homme. Indescriptible car protéiforme. Mais en tout cas, esthétiquement séducteur et malicieux.

        Si vous l’avez rencontré, vous ne l’oublierez pas, et vous ne risquez pas de le confondre avec un autre, car il n’est pas du genre que l’on clone. Si vous voulez une description de kaléidoscope de ses toiles, on peut tenter d’esquisser quelques pistes, quelque « catalogage ». Il y a du primitif, de l’indigène en lui, certaines de ses œuvres remontent à l’Art Africain et à son avatar du début du siècle, le cubisme.


        D’autre toiles représentent les voiliers dans le port des Minimes, ceux-ci apparaissent à travers les lignes frappées au moyen de boites d’allumettes. En effet la technique est variée et s’adapte au sujet. D’autres univers étranges, ne figurent rien de spécifique, mais créent une impression de Roman Art Déco, un raffinement de la belle époque. Toujours sous-jacent l’esprit du jeu et d’amusement qui le caractérise plus que tout.

A l’heure de l’optimisation du profit et de la gestion rationnelle des sentiments, lui ; joue souvent avec ses pinceaux. En tout cas, il ne s’ennuie jamais, et il nous amuse toujours.

Ne boudez pas le plaisir qu’il se procure : l’originalité et l’intelligence sont devenues des denrées rares… »

 

        Merci Joseph pour ces quelques lignes. Et que les judokas comprennent que si l’ouverture d’esprit n’est pas associée au grade que l’on porte, la ceinture ne représente rien.

 
JMO.
A suivre...

Tous droits réservés : " André Debard vu par Joseph".
Par Jm Oudine - Publié dans : Peintre - Debard André
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Jeudi 2 février 2006 4 02 /02 /Fév /2006 09:48
Jeudi 2 février

29- "Vous avez dit combat de rue en 1949?"

        Hier, j’ai téléphoné à Marcel DINAND, le journaliste sportif rochelais qui a si bien suivi le sport rochelais pendant toute sa vie. Il a maintenant 90 ans, il est bien sûr à la retraite, mais sa mémoire est loin d’être défaillante. Le nom de Oudine, lui a immédiatement remis en mémoire mes parents et grands parents dans leurs activités professionnelles réciproques. J’en ai été surpris. Et devant l’intérêt qu’il a porté à notre démarche, je lui ai promis de lui montrer prochainement le résultats de nos recherches.

        Victime d'une chute récente, il est actuellement immobilisé à son domicile. Mais il a eu la gentillesse de bien vouloir me confier quelques uns de ses souvenirs. Et en particulier, celui de son premier contact avec le Judo, au Théâtre municipal de La Rochelle - probablement le 27 novembre 1949.

 « Je crois que c’était au Théâtre municipal, où les dirigeants de l’époque, voulaient faire connaître le judo, mais aussi le jiu-jitsu, la self défense, etc.…

        Ce dont je me rappelle, - moi je m’étais interrogé parce que je n’avais jamais vu de judo avant -  c’est notamment une scène où un brave type passait. Il allait être attaqué par un malandrin, et il savait le geste à faire pour étouffer l’attaque et mettre l’agresseur à terre… »


         Ses propos rejoignent ceux déjà évoqués sur ce blog (article n° 26 ). On y voyait  « le père Lucot », le grand costaud, avançant vers la jolie femme qu'était Madame Debard, et qu'il convoitait.
        Cela se passait à l'Oratoire. Nous avons retrouvé une photo ! On y voit Madame Debard venant de terrasser deux de ses agresseurs. Ils gisent au sol.
 
Quand au caractère parfois humoristique des « combats de rue », on ne lésinait pas sur le déguisement et la note théâtrale. Si nous reconnaissons Louis Lucot à gauche, le troisième à droite pourrait bien être M. L'Hermenault, mais qui sont les autres ?
 
A suivre…
JMO
 








Tous droits réservés : « 29- Vous avez dit combat de rue ? »

Par Jm Oudine - Publié dans : La Rochelle
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Mercredi 1 février 2006 3 01 /02 /Fév /2006 08:29
Mercredi 1 février 2006

28- 1950 - Une lettre de Maître Nocquet à André Debard (1950)

        "La relation amicale qu’entretenaient les deux hommes autour de leur passion commune, le Judo, les conduisaient à travailler de concert."

         Cette affirmation est illustrée dans la lettre ci-jointe.  Nous y soulignons les points essentiels.

         La date du 12/9/1950 y est clairement mentionnée, et les propos tenus dans ce courrier donnent de précieuses indications.
 

1-      Deux stages ont déjà eu lieu, à Biarritz, , et le troisième se prépare. Le troisième  stage sera  effectivement celui qui  suivra le Grand Gala de La Rochelle. M. Kawaishi et Awazu arriveront  de Rome, passeront par La Rochelle, et ensuite se rendront à Biarritz pour ce troisième stage.

2-     André Nocquet (lui aussi, un « André ») demande la collaboration de notre Professeur rochelais pour la rédaction du livre sur la méthode Kawaishi.

3-     Il engage aussi fortement André à faire des statuettes, étant donné que le nombre de stagiaires pourrait atteindre l’effectif de 300 à 400 !

4-     Il signale que M. Gareaud s’occupe activement du Mouvement Scout International.

5-     Les deux expressions : « je me déplacerai un dimanche si tu es libre », « amitié à vous deux », révèlent le type de relation qui existait entre les deux familles.

        Lorsque Frank m’a sorti une vieille photo de son "artiste de papa", en train de sculpter les fameuses statuettes, j’ai trouvé que ce document valait la peine d’être présenté. Son côté artistique est indéniable. L’illustration des termes – "Maître – Judoka – Artiste" - y trouve sa pleine expression. (André Debard ci-dessous avec ses statuettes)

 
A suivre...
JMO
 
Tous droits réservés : 28-"1950 - Une lettre de Maître Nocquet à André DEBARD"
Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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Mardi 31 janvier 2006 2 31 /01 /Jan /2006 13:49
Mardi 31 janvier 2006

 27-1949- Début d’une prospection intense pour le Judo de La Rochelle

Des affiches dans un paquet d’archives.


        C’est en retrouvant des affiches des démonstrations réalisées pour promouvoir le Judo que nous avons commencé à prendre conscience de l’intense activité du Maître rochelais, André DEBARD.

Nous avions cité il y a quelque temps M. Jean Lechevrel.

Ce dernier avait commencé le Judo le 1° août 1948 au JiuJitsu Club de La Rochelle. Il habitait Rochefort et se rendait deux fois par semaine à La Rochelle, par le train, pour suivre les cours de André DEBARD.

Il progresse très vite, et dès 1949, il participe activement à l’ouverture de sections du JCR pour la création des clubs de Châtelaillon, Rochefort, Surgères, Tonnay-Charente….

 

Nous avons dit « intense promotion ».

        En examinant quelques unes des affiches et des prospectus retrouvés dans les archives, nous sommes stupéfaits de voir qu’en plus des cours, Maître DEBARD organise la promotion du Judo à grande échelle.

        Avec ses élèves, il effectue une grande quantité de démonstrations et de Gala. Cette abondance de documents qui en parlent, il nous faut la trier, l’organiser chronologiquement. La datation d’évènements n’est pas toujours facile. Très souvent l’année n’est pas indiquée. Les seules indications de la date et du mois sont insuffisantes pour préciser l’année. Il nous faut alors l’indication du jour. Beaucoup de documents en sont encore à la « datation »

        Déjà, après une première recherche, apparaissent quelques unes des manifestations organisées par le Jeune Professeur de Judo Rochelais.

17/07/1949 - Gala à Dax, à la salle de Danse de l’Atrium
01/09/1949 - Ouverture de la section de Rochefort
10/10/1949 - Ouverture de la section de Châtelaillon
17/11/1949 - Inauguration de la nouvelle salle rue St Sauveur à La Rochelle
22/11/1949 – Démonstration salle de l’Apollo à Rochefort
27/11/1949 - Gala, au Théâtre de La Rochelle.
14/12/1949 – Démonstration au Cinéma Family de Tonnay-Charente….
 
A suivre….
JMO
Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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