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Lundi 6 mars 2006 1 06 /03 /Mars /2006 15:03
Lundi 6 mars 2006

56- André DEBARD, l'enfant terrible de la rue Sommerard.

        C’est après avoir lu les quelques lignes écrites par Jean BEAUJEAN sur  la première page du livre, donné à André DEBARD, que j'ai décidé, hier soir, d'appeler Jean à PARIS.

        Frank l’avait aussi contacté quelques jours auparavant. Nous avons ressenti tous deux, la même impression : Jean BEAUJEAN est un homme de 88 ans étonnamment jeune, toujours enthousiaste, surtout quand il évoque ses souvenirs.

 
        Lors de la conversation établie, hier soir, il m’apparaît bon de venir vous faire part de quelques points amusants ou importants que nous avons évoqués.
 
        Né en 1918,  Jean Beaujean a été d’abord un élève de M. Feldenkrais. Et ce dernier, conscient des difficultés rencontrées par les premiers judokas français, avait fait venir d’Angleterre M. Kawaishi. Jean était rapidement devenu le « Uke favori de M. Kawaishi », il sera aussi finaliste avec Jean de Herdt lors du premier Championnat de France…
 
Mais Ecoutons-le parler de M. FELDENKRAIS.

« M FELDENKRAIS était un type formidable doté d’une intelligence rationnelle exceptionnelle. Il pouvait expliquer les choses que l’on trouvait compliquée d’une façon tellement simple ! C’était incroyable. Il y avait de grands scientifiques à cette époque, Joliot Curie, Bonet Maury, Eyrolles… »

Et lorsque j’évoque avec lui cette finale des premiers Championnats de France où il est opposé à Jean de HERDT, ses propos sont simples et sans prétention :

« Nous avions trente kilos d’écart, j’ai marqué un point et demi et lui deux points. J’ai été content qu’il gagne parce que c’était un bon copain… »

 
        La recherche actuelle de Jean BEAUJEAN porte sur une affiche que lui-même avait dessinée pour ce premier Championnat de France. Non pas le prospectus fait par la Fédération de l’époque, mais l’affiche… Il aimerait tellement l’offrir à ses enfants !
 

        Jean BEAUJEAN a aussi un talent de dessinateur, et lors de son séjour au Japon, c’est en donnant des cours de dessin qu’il a pu financer son séjour entre 1948 et 1950. Il est resté là-bas deux ans, et s’est entraîné alors au Kodokan. Il a suivi à l’Ecole des Beaux-arts de Urido, des cours pour apprendre la laque japonaise.

 

Mais aujourd’hui, ce qui est aussi important pour nous, c’est qu’il a été un très bon camarade d’André DEBARD.

« A cette époque, on se moquait de gagner ou de perdre, seul l’art comptait ! Nous nous émerveillions de tout ! C’était une époque extraordinaire, et nous ne manquions pas de nous dire franchement c’est bon où c’est mauvais. L'ambiance du groupe était extraordinaire...  »

 
 

Quant à l’histoire racontée dernièrement, « l’histoire du pétard » elle a pris tournure ! Le pétard lancé par un soupirail a été l’œuvre d’ André DEBARD et d’ HENDERYCKSEN, deux sacrés compères, souvent cités dans les pérégrinations de toute la bande de jeunes qui fréquentaient le Dojo de la rue Sommerard du Jiu Jitsu Club de France.

 

« Le soupirail en question était celui d’un petit restaurant chinois qui existe toujours d’ailleurs. Ce pétard qui est arrivé dans les salles de cuisine du restaurant Chinois - et c’était au moment de l’occupation allemande - a causé une panique indescriptible ! tout le monde craignait un attentat à la bombe… Ce n’était pas drôle pour le Chinois qui était là, mais la confusion qui s’en est suivie a été indescriptible ! »

 

« André était sculpteur et travaillait à la rénovation de Notre Dame de Paris avec Seguin en 1939-1940, il s’extasiait sur le travail des vieux sculpteurs et disait : - là ou je mets une demi-heure, eux mettent dix minutes ! – et il restait rêveur… »

 

« Et les joueurs de trompette, le groupe de Claude LUTHER, que nous fréquentions et qui jouait rue Georges Beauvais… c’était vraiment formidable ! Et sincèrement, ce que je peux vous assurer c’est que DEBARD était vraiment un bon copain, dans le sens très profond du terme.  C’était l’occupation, on avait des tas de problèmes mais lorsque l’on se retrouvait on oubliait tout, on était heureux. Il y avait un petit bistrot où l'on prenait le café, et l’on attrapait les croissants par-dessus l’étagère, on s’en tapait trois et lorsque le serveur demandait combien en avez-vous pris, on disait un !»

 

"Debard, Anderycksen et ClaudeLuther, les trois ensemble, ça valait la peine !..."

 
A suivre…
JMO

Tous droits réservés : "56 - André DEBARD, l'enfant terrible de la rue Sommerard..."
Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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Samedi 4 mars 2006 6 04 /03 /Mars /2006 19:55
Samedi 4 mars 2006

55- De la coïncidence d'une rencontre fortuite et d'une ancienne dédicace...


        Encore un de ces vieux livres qui parfois sortent des armoires et viennent au devant de nous, sans que nous les ayons recherchés. Encore aussi une rencontre imprévisible qui nous fait avancer sur la piste de la vie d’André DEBARD.

        Mercredi dernier, Frank m’attendait, près de la place du Marché de La Rochelle pour que nous fassions le point sur nos recherches. J’avais un peu de retard, car le parking des voitures est parfois difficile à La Rochelle. Et les jours de marché particulièrement, il faut aller très loin du Centre pour pouvoir se garer.
 

Frank DEBARD et Jacques VIGNAUD      

        Toujours est-il que j’avais du retard. Lorsque je suis arrivé, Frank était en conversation avec M.Jacques  VIGNAUD. Ce dernier m’a été présenté comme quelqu’un qui connaissait bien Jean BEAUJEAN.

        Et Frank d’ajouter que sur un des bouquins de Judo de la collection de son père, il avait lu une dédicace signée Jean BEAUJEAN.

 

        De mon côté je me souvenais bien de la lecture du livre de Claude THIBAULT (Un million de judokas) dans lequel j’avais lu qu’en 1943, Jean BEAUJEAN s’était retrouvé en finale, contre Jean DE HERDT, à l’occasion du premier Championnat de France. Et j’avais alors été surpris de la différence de taille et de poids qui séparaient les deux combattants : Jean BEAUJEAN (1,65m et 59 kg), Jean de HERDT (1,90m pour 80 kg).

        De plus, dans ce livre, « Un million de Judokas », il était précisé qu’à son départ pour le Japon, Me KAWAISHI avait confié la direction de la Fédération à Jean DE HERDT et Jean BEAUJEAN. Enfin qu’en 1950, Jean BEAUJEAN était revenu d'un séjour au Japon, avec une vision modifiée de la méthode de judo enseignée par Me KAWAISHI.

        Oui, Jean BEAUJEAN faisait bien parti du patrimoine du Judo français.

 
        Le lendemain, Frank est arrivé joyeux et m'annonçait : " J’ai retrouvé le livre de M. BEAUJEAN, et je lui ai téléphoné à Paris. C’était un copain de mon père !" " Ecoute bien cette histoire : "Alors qu’ils étaient au Dojo rue Sommerard, à Paris, ils avaient envoyé un pétard dans une cave par un soupirail, et il y avait eu une alerte à la bombe… ", (André DEBARD avait commencé le Judo à 15 ans) ; et Frank m’a présenté un livre assez volumineux relié et recouvert d’un cuir jaune clair.
 

        Sur le livre, tiré en 850 exemplaires sur « BOUFFANT DES PAPETERIES JEANTET NUMEROTES DE 401 à 1250 » est mentionné le numéro 909. Quand au titre, il s’agit de « JIU-JITSU partie JUDO d’après la méthode KAWAISHI SHI HAN », Textes et illustrations de Jean BEAUJEAN.

Sur la première page, on peut lire :  
« A mon ami, Debard André, en souvenir de nos amicaux combats de judo, et en témoignage de mon admiration pour sa valeur en Judo.
Signé : Jean Beaujean
Le 9 mai 1947, au Jiu Jitsu Club de France. »
 


A suivre…
JMO

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Par Jm Oudine - Publié dans : Judo - Debard André
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Vendredi 3 mars 2006 5 03 /03 /Mars /2006 09:48
Vendredi 3 mars 2006


54-Marie Louise LINARD contaminée par le virus du Judo
 

        Lorsque Marie Louise a rencontré André DEBARD sur le pont des Arts;  se doutait-elle un instant que l’artiste qui lui avait proposé de faire son portait, était ceinture noire deuxième dan, ou sur le point de l’être ? L'histoire ne le dit pas.

Démonstration : Kata Guruma d'André DEBARD

        Ce qui est sûr, et les photos le prouvent, elle le dominait en taille et en poids.  André, pesait 54 kg pour  1,63 m et il avait une musculature plutôt longiligne malgré sa petite  taille. De plus il était très souple et très habile.
        Pourtant, Marie Louise a apprécié certainement d’abord l’homme dans son amabilité, sa vivacité d’esprit, puis l’artiste dans son aspect protéiforme. Mais ensuite, c’est le Judo qui aura certainement était pour elle « la surprise ».

" Il projetait avec aisance des adversaires beaucoup plus lourd que lui"

        En un rien de temps, elle a compris la voie du Judo, elle a quitté un monde purement intellectuel pour un monde mystique, celui du Judo, car comme le disait, Monsieur Géron , élève de M. Lechevrel, lui-même élève de M. Debard, « on entrait dans le judo comme en entre en religion ».

 
        Et c’est une ribambelle de photos qui vient nous montrer la métamorphose de Marie Louise Linard qui devient  Mme Debard, ceinture noire. La qualité de ses chutes, la compréhension des techniques, l’efficacité de son travail sont encore citées dans les propos des anciens, lorsqu’ils évoquent "Madame DEBARD"; et l'on sent l'admiration et le respect dans leur voix.

       Lorsque l’on sait comment elle a su utiliser ses connaissances en pédagogie pour mener des cours qui ont connu un vif succès, aussi bien auprès des femmes que des enfants, on ne peut qu’être étonné de sa véritable transformation.
 

Chaque jours sur les tapis, elle travaillait au côté de son époux

        Lors de la visite d'experts elle participait aux entraînements. Maître KAWASHI, Maître AWAZU, Maître SATO, Maître Ishiro ABE l'on fait travailler...

Travail avec Me KAWAISHI  à DAX

Et lorsque "Pupuce" est né, il a très vite évolué à quatre pattes au milieu des judokas, avant de se mettre à travailler.

Pupuce attaque Georges PERRACHON

        Et aujourdhui, lorsque j'observe, Alizée, Maxime, ou Alexis, c'est à dire la descendance d'André DEBARD,je ne peux m'empêcher de guetter celui qui aura récupéré le talent du Grand-père... ou de la Grand-mère...

A suivre...
JMO.

Tous droits réservés : "54- Marie Louise LINARD, contaminée par le virus du Judo"
Par Jm Oudine - Publié dans : Judo féminin
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Jeudi 2 mars 2006 4 02 /03 /Mars /2006 06:53
Jeudi 2 mars 2006

53 - Comment Marie Louise Linard est devenue Mme Debard.

Marie Louis Linard est née en 1915…

                Lorsque en 1947 elle passe sur le pont des Arts, à Paris, elle aperçoit un jeune artiste qui cherche à arrondir ses fins de mois en proposant de faire le portrait des passants. C’est André Debard.

    Lorsque André voit cette belle et jeune femme distinguée, si élégante, il ne peut que l’accoster et lui demander si elle accepterait qu'il fasse son portrait.

  
                 Marie Louise Dinard, est une fine intellectuelle dont les diplômes des grandes facultés de Bruxelles, en sciences, en grec, en latin, en français, en histoire géographie et en philosophie montrent qu’elle s’attache à aller au fond de ce qu’elle entreprend. Amusée par le jeune homme, elle est cependant très sensible à son charme, il est avenant, il est artiste… Elle accepte. Et ils ne se quitteront plus.

 

Elle abandonne tout pour suivre André : sa vie bourgeoise aisée, son confort, ses habitudes...
                Le charme d’André, sa gentillesse, sa spontanéité, sa vitalité joyeuse l’ont séduite à vie. Elle l’épouse, et partage  tout sans compter : sa  passion du judo, son enthousiasme, sa vie de bohême, les difficultés, les joies, les peines...

 Ils arrivent en juillet 1948, sans un sou, à La Rochelle. André n’a qu’une idée : promouvoir le Judo dans la province. Là, ils bénéficient de l'aide de M. Maurice Dumont et de son épouse Gisèle.
 

M. Maurice Dumont avait une salle de culturisme rue des Gentilshommes. Elle était certes connue, mais elle avait besoin d’une action promotionnelle de publicité, et l’ouverture d’une salle de Judo, était une bonne opportunité. Il fait crédit au jeune couple et facilite leur installation. Les DEBARD et les DUMONT sont associés,  Maurice est le Directeur administratif et André le Directeur technique. Le Judo débutant en bénéficie, tout le monde y trouve son compte. Mais André et Marie Louise ont très vite le désir d’ouvrir leur propre salle et ils s’installent, un peu plus d’un an après, rue St Sauveur en novembre 1949.

 

 André et Marie Louise sont très attachés l’un à l’autre et partagent tout. Marie Louise passe ses grades en judo, et elle aide André au maximum. Sur le carnet personnel d’André, à la date du 9 juillet 1952, on peut lire : « avons mis au monde Pupuce,  à 21 heures ».

Pupuce c’est Frank. Il vivra sur les tatamis au rythme des entraînements et des compétitions. Sans pour autant partager la passion de son père pour le Judo, il n’en sera pas moins un bon judoka et il sait ce qu’est « le  judo ».

 Maintenant Pupuce a une belle famille et partage avec moi le souvenir de la vie  de ses parents…
 
A suivre…
JMO.

Tous droits réservés : "53- Comment Marie Louise Linard est devenue Mme Debard..."
Par Jm Oudine - Publié dans : Judo féminin
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Mardi 28 février 2006 2 28 /02 /Fév /2006 23:02
Mardi 28 février 2006

52- Guy THOMAS.
 

    Il est arrivé à Rochefort alors qu’il était ceinture verte. Il est devenu, à ce moment là, l’élève d' André DEBARD. C'était  à la base militaire de ROCHEFORT où un cours était ouvert parallèlement au club civil . Personne n'aurait pu supposer que Guy THOMAS atteindrait le sixième dan. Car à cette époque, seuls les Japonais atteignaient des grades aussi importants.

 

Sur l’une des pages du cahier de présences que tenait M.DEBARD, deux noms sont soulignés en rouge : THOMAS et PETIT. Et, la ligne des présences mensuelles s’étale sur deux années consécutives. La fréquence des présences montre l’assiduité de l’élève qu’était Guy THOMAS.

 


        Dans les notes prises par Guy FAVRE, au cours d’une interview avec André DEBARD (en 1993), on peut lire les propos de M. DEBARD : « j’assurais les cours à la base de Rochefort, où il y avait Guy THOMAS. C'était un élève doué. »

 

        Dès août 1952, date à laquelle Guy passe sa ceinture marron,il commence à marquer sa volonté d’autonomie. Et lorsqu’il obtient sa ceinture noire, le 26/9/1954, il va créer sa propre section.

 

        Dès lors, il va participer à un grand nombre de compétitions et remporter de nombreux titres, aussi bien en individuel que par équipe. A cette époque, il a obtenu grand nombre de résultats sportifs en compétition tout en développant son club. Ainsi de 1955 à 1963, aussi bien dans les compétitions toutes catégories (au départ) que dans les catégories (légers puis mi-moyens) plus tard, il est régulièrement champion de Ligue, et se classe au niveau national à Coubertin. En particulier :

en 1961 aux 1/2 finales « au sol »

en 1960 aux ¼ de finales Toutes catégories « 3° dan »

en 1959-1960 aux 1/8° de finales – TC - LEGERS - 

en 1956- 1961-1962 aux 1/16° de finales – TC – LEGERS – MI-MOYENS

en 1962 aux 1/32° de finales en mi-moyens

 

        Il est né en 1933 et, de l’âge de 23 ans à 30 ans,il  a été un excellent compétiteur. C’est à 31 ans qu’il passe son 4° dan compétition. Il passera ensuite son 5° dan technique et obtiendra plus tard son 6° dan.

         En 1965, il se consacre à l’arbitrage et devient arbitre international.
 

        Son implication dans le département de Charente Maritime, dans la ligue Poitou Charentes est remarquable, et nous consacrerons plusieurs articles à son sujet. Il est un des élèves de M. DEBARD et est celui qui aura su le mieux promouvoir le Judo au niveau régional.

 

        Depuis son décès, en 1986, le Dojo Départemental de Charente Maritime à Rochefort, porte son nom. Le Challenge "Guy THOMAS" y célèbre son souvenir tous les ans.

 
 
A suivre
JMO.
 

Tous droits réservés : Guy THOMAS.

Par Jm Oudine - Publié dans : Rochefort
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