Madame Debard, partenaire et élève de son époux.
Il est évident que le témoignage des femmes est nécessaire pour avoir une représentation de l'évolution du Judo féminin en France. Il faut pour cela les interroger. Je me tourne donc vers toutes les femmes et les lecteurs du blog pour avoir leur avis, et je pose la question : « Quel contenu et quelle forme doit prendre cette investigation ? ».
En effet, nous devons avoir une idée des origines sociologiques de la pratiquante (profession des parents, nombre de frères et soeurs...) et de ce qu'était sa situation personnelle lorsqu'elle a commencé le Judo (étudiante, mariée, célibataire, profession....)
Il est aussi indispensable de connaître l'âge qu'elle avait lorsqu'elle a commencé le judo, de même que ses motivations.
Par ailleurs, afin de pouvoir situer ce début dans le contexte historique du Judo français, il nous faut en connaître l'année. La durée de l'expérience serait également intéressante, de même que les raisons de l'abandon, s'il s'est produit.
Le questionnaire devrait également préciser comment étaient organisés les cours : groupe mixte, groupe féminin, l'importance de l'effectif et l'âge des autres pratiquantes... De même le grade et l'âge de l’enseignant qui dispensait les cours...
L'interrogation doit également porter sur le contenu de l’enseignement (part accordée au travail debout, au travail au sol, temps consacré à l'échauffement, au travail technique, au randori)... Toutes les séances étaient-elles identiques ? Agréments inconvénients des cours ...
Cela fait beaucoup de choses ! Mais si l'on veut avoir une bonne représentation de l'évolution du Judo féminin en France, il est indispensable de prévoir un questionnaire le plus complet possible.
J'attends vos suggestions...
A suivre...Je voulais faire du sport. Je pratiquais la natation, et dans une petite ville comme St Jean, il n'y avait pas énormément de choix. Le basket me tentait, mais mon père ne voulait pas car "les déplacements en cars n'étaient pas corrects".
Il m'a donc inscrite au judo et cela m'a plu tout de suite. Les quelques adultes du club m'ont adoptée de suite et à aucun moment je n'ai senti qu'ils me traitaient différemment parce que j'étais une fille. Peut-être est-ce dû au fait que c'était un petit club et que l'ambiance était conviviale.
Ce qui m'a beaucoup manqué, c'est le fait de ne pas pouvoir rencontrer d'autres filles de mon niveau..."
Personnellement ce courriel m'a bien fait plaisir. Il met à sa juste place le rapport des hommes et des femmes dans une pratique respectueuse de chacun et de tous. Mais, nous le constatons, Geneviève était isolée au club de St Jean d'Angély.Aujourd'hui, le Judo féminin nous intéresse particulièrement.
Dans le dernier article ("93- Le premier championnat de France Féminin"), Hervé Lemaréchal était présenté comme un "chercheur-judoka" apportant des informations. Il nous a fait part de ses travaux personnels, dans lesquels il recoupe le processus de l'émancipation des femmes en Europe de l'ouest avec celui de l'évolution du Judo féminin. Sur ce sujet il a écrit un article en Anglais, sur le site internet d'une Judokate anglaise, Diana BIRCH (http://www.kanosociety.org/bulletinframe.htm)
Dans un de ses courriels il résume ainsi le sujet de sa réflexion (qu'il a reconduit au niveau français) : « Si de nos jours il n'y a plus guère de différence entre le Judo féminin et le judo masculin, il n'en a pas toujours été de même. L'angle féministe de la réflexion s'appuie sur les renseignements des premières pratiquantes sérieuses. Comment le Judo était-il enseigné aux femmes ? Quelles étaient les origines sociologiques des pratiquantes ? Quelles étaient leurs motivations ? Comment Koizumi ou Kawaishi concevaient-ils l'enseignement du judo pour les femmes ?... Telles sont quelques unes des questions pour lesquelles M. Lemaréchal a eu des réponses de judokates anglaises (« Koizumi » étant le « Kawaishi anglais »). Et il a pu écrire l'article intitulé : " DISCRIMINATION AND SEXUAL HARASSMENT IN JUDO", mais hélas, il n'a aucun retour sur son investigation côté français.
Dans les deux familles, l'engagement pour le judo était total. Ainsi chez les « Levannier », le fils Claude à l'âge de six ans avait ses parents célèbres et ceintures noires, et la grand-mère maternelle (Mme Pellet), ceinture bleue, combattait ! On parle en 1951 de triomphe de la famille Pellet-Levannier au Palais de la Mutualité, lors de la soirée qui opposa les sociétaires du Judo-Club Pernéty à ceux du JC Pasteur (ce dernier club avait été fondé par Lucien Levannier, dans l'ancien studio de sa femme, 23 rue des Volontaires).
Luc Levannier entrant dans la famille Pellet avait introduit le virus de "l'engouement pour le Judo". Les articles de Raymond Vanker dans le journal Détective, nous décrivent assez bien l'ambiance et l'engagement de cette famille de judokas en 1951.
Très amusé par les coïncidences qui existaient entre" les Levannier" et "les Debard" j'avais été touché par leur engagement commun à la cause du Judo ; mais l'angle de ma réflexion n'était pas celui de M. Lemaréchal.
Cependant, sensibilisé à ses interrogations sur le Judo féminin français, je crois qu'il serait intéressant de connaître les motivations d'autres judokates françaises, qui ont pratiqué dans les années 1935 à 1970.
Qui va nous donner des informations ?
De précieuses informations sur le premier Championnat de France Féminin nous parviennent de Paris. Hervé Lemaréchal, est un «chercheur judoka». Il s’est penché sur l’histoire du Judo féminin et nous confie spontanément de précieux renseignements, après avoir visité notre blog.
Il s’est établi avec avec lui, un échange très riche en renseignements, en particulier sur le développement du Judo féminin de ses origines aux années 1960-1970.
Sur ce sujet, il précise avoir apporté également sa contribution au site d’une amie britannique, médecin et judoka, dans un article en cours de publication. Cet article porte sur la discrimination entre hommes et femmes dans la pratique initiale du judo européen. Le site en question est http://www.kanosociety.org/bulletinframe.htm
Et de nous étonner de voir, une fois de plus, combien internet reste un outil irremplaçable pour l’application des principes (de Jigoro Kano), d’entraide et de prospérité mutuelle.
Dans un courriel du 14 juillet, la contribution d'Hervé Lemaréchal porte sur « le premier Championnat de France féminin ».
En voici la teneur :
« Compte tenu du très faible nombre de pratiquantes à cette époque, il est préférable de parler de Tournoi plutôt que de Championnat de France. Pourtant la sélectivité de cette compétition ne saurait être mise en doute, car la quasi-totalité des pratiquantes ayant atteint le quart de finale décrocheront la ceinture noire dans les années suivantes. »
« Concernant la participation de Mme Debard, je peux vous apporter quelques précisions, extraites de la revue Judo (N° 5, année 1950, pages 14 et 15) : - Mme Debard, ceinture verte, du Club de LA ROCHELLE, va gagner contre Melle Rodier, ceinture marron, un match comptant encore comme éliminatoire, en plaçant un mouvement de hanche puis un premier de jambe à gauche - …. Puis Mme Debard rencontre Mme Agisson, ceinture marron : Mme Agisson place la huitième immobilisation sur Mme Debard qui serpente en vain pour s’extirper. »
Le fils de Mme Debard, Frank, nous rapporte sur ce sujet le commentaire de son père : « Si Mme Agisson tenait l’immobilisation, elle subissait aussi l’étranglement que lui portait « Milou » ( un des surnoms de Mme Debard). Et à l’issue du temps de l’immobilisation, Mme Agisson ne réussissait à se relever qu’avec de grandes difficultés!... »